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Beyoncé : portrait de la reine incontestée de notre époque

 

Alors que la star du R’n’B vient de sortir son nouvel album “Lemonade” et a révélé sa ligne de sportswear Ivy Park, Numéro revient sur l’ambition folle de l’Américaine : inspirer les femmes. Portrait : Peter Lindbergh

Portrait : Peter Lindbergh.

 

Les lignes de vêtements lancées par des célébrités (chanteuses ou actrices) ont longtemps été destinées à des poignées de fans hystériques prêtes à s’arracher à prix d’or de pâles répliques du vestiaire de leurs idoles. Le tout en guise de complément plus ou moins haut de gamme à des parfums vendus dans les circuits de la grande distribution. Mais voilà que soudain, Kanye West, puis Rihanna, et enfin Beyoncé, les stars planétaires du R’n’B, se lancent tour à tour à l’assaut des sommets de la mode. Avec succès. La démonstration est simple : via Internet, une génération entière nourrie d’images et entourée d’une flopée de stylistes – une profession hier inconnue, qui figure aujourd’hui dans le top 5 des carrières rêvées des adolescents – “parle” naturellement le langage de la mode. Soit celui des mood boards construits sur Pinterest. 

Illustration : Golgotha, d’après une photographie de Ivy Park.

À ce jeu, les célébrités bien entourées, évoluant dans les cercles les plus élevés de la “coolitude” mondiale, ont toutes les cartes en main pour développer un goût et une image personnels. Certaines y parviennent, d’autres échouent lamentablement sur les bas-côtés du bon goût. Et parfois, une voix s’élève dans la nuit pour interroger son époque : “Et si notre génération n’était pas à la hauteur de ce qui a existé par le passé? Nous avons un pied sur Internet et un pied dans le monde réel, mais qui est le nouvel Alexander McQueen? Le nouveau Rem Koolhaas? Sommes-nous juste voués à consommer sur Internet? À moins de pousser vraiment plus loin et de réaliser de grandes œuvres d’art, cela donne le sentiment qu’on est submergé par le faussement génial.” Cette voix n’est autre que celle de Virgil Abloh, meilleur ami de Kanye West et lui-même créateur d’une marque de mode (Off-White). Pour la marque de sportswear qu’elle lance avec Topshop, Beyoncé, elle, se propose modestement d’adapter un vêtement à une fonctionnalité quotidienne, avec simplicité et style. “Lorsque je répète pour préparer mes concerts, je vis dans mes vêtements de sport, et je n’avais pas trouvé, jusqu’à maintenant, une marque qui me parle réellement. Avec cette collection intitulée Ivy Park,  mon but est de repousser les frontières du vêtement destiné à la pratique du sport. Je voudrais inspirer les femmes qui comprennent que la vraie beauté se situe au-delà de l’apparence physique. La vraie beauté se situe dans les esprits, les cœurs et les corps sains. Lorsque je me sens forte, bien dans mon corps, je me sens également bien dans ma tête. Je veux créer une marque qui permette à toutes les femmes de ressentir la même chose.” Ainsi parle Queen B.

La vraie beauté se situe au-delà de l’apparence physique, dans les esprits, les cœurs et les corps sains.

Prenant la suite des multiples collections du top model Kate Moss, la ligne Ivy Park (baptisée d’après le prénom de la fille de Beyoncé et de Jay-Z, Blue Ivy) n’est pas une capsule, mais une association durable de la star mondiale avec l’enseigne culte londonienne, qui sait mieux que nulle autre mettre le style à la portée du grand nombre. Bordés de larges élastiques estampillés en toutes lettres “Ivy Park”, des brassières et des leggings déclinés en gris, noir ou bleu subliment les corps athlétiques tout en adoptant une connotation subtilement nineties.
Les longs sweat-shirts, les bodys parachèvent le style graphique de la première collection. Une proposition juste, véritablement pensée pour les femmes. Après avoir chanté pour l’investiture de Barack Obama, ainsi qu’à la grand-messe du Super Bowl, Queen B semble bien décidée à prouver… qu’elle n’a plus rien à prouver. Une attitude juste et rafraîchissante. 

 

Ivy Park, disponible fin avril en exclusivité sur www.zalando.fr

 

Par Carmen Kapheim

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