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Salvatore Ferragamo, l’excellence à l’italienne

 

Salvatore Ferragamo inaugurait, il y a quelques jours, son plus grand flagship avenue Montaigne à Paris. À cette occasion, Numéro a rencontré Leonardo Ferragamo, fils du fondateur de la grande maison traditionnelle italienne. .

Le flagship Salvatore Ferragamo à Paris.

 

Dans les années 20, Salvatore Ferragamo conquiert le Tout-Hollywood avec ses souliers élégants et confortables que l’on retrouvent aux pieds des plus grandes stars de l’époque : Judy Garland, Marilyn Monroe ou Audrey Hepburn…  Devenu célèbre aux États-Unis, il décide d’ouvrir ses ateliers et sa boutique dans la ville de Florence, connue pour l’excellence de son artisanat. Après sa disparition, sa femme puis ses enfants reprennent le flambeau et perpétuent depuis sa vision à travers des collections de prêt-à-porter, d’accessoires ainsi que des lignes masculines.

 

Presque 100 ans après l’ouverture de la première boutique, la marque Salvatore Ferragamo inaugurait son plus grand flagship à Paris, en juillet, une boutique aux allures de palazzo dédiée, sur 1 300 m2, à l’excellence à italienne. À cette occasion, Numéro a rencontré Leonardo Ferragamo, fils de Salvatore.

 

Roxane Mesquida et Leonardo Ferragamo à l’ouverture du flagship avenue Montaigne.

 

Numéro : La maison Ferragamo va bientôt fêter ses 100 ans, comment a-t-elle traversé les époques et les modes ?

Leonardo Ferragamo : J’ai le privilège d’être né dans une famille avec une belle histoire, dotée d’un héritage extraordinaire. La force de mon père Salvatore Ferragamo est d’avoir insufflé de vraies valeurs à la maison : passion, détermination, capacité à aller de l’avant, avec une totale intégrité dans tout ce qu’il entreprenait et un sens inné de la mode. Il est de notre devoir de poursuivre son travail et d’emmener cet héritage encore plus loin. Plutôt que de le muséifier, nous le rendons vivant et nous nous servons de nos incroyables archives pour inspirer les futures créations. C’est une source d’énergie permanente et un fil conducteur entre le passé et le futur.

 

Au départ, Ferragamo était une marque d’accessoires, comment est-elle devenue une maison de mode ?

Mon père a toujours voulu avoir une grande famille qui serait à la tête d’une maison de mode, mais quand il a débuté, il a préféré se concentrer sur les chaussures. Au fur et à mesure que mes frères et sœurs et moi-même grandissions, nous avons intégré l’entreprise d’une façon très naturelle, puis nous avons tous développé un corps de métier : Fiamma s’est occupée des chaussures et des accessoires, Giovanna a créé la division mode et prêt-à-porter, Fulvia, les accessoires en soie, tandis que j’ai lancé les collections pour l’homme.

 

Le flagship Salvatore Ferragamo à Paris.

 

 

Massimiliano Giornetti avait débuté comme styliste chez Ferragamo il y a 16 ans, avant d’être nommé directeur artistique de l’homme, puis de la femme et enfin de l’image, devenant le premier directeur créatif de la maison. Depuis qu’il a quitté Ferragamo, qu’elle est votre stratégie créative ?

Quand nous l’avons nommé directeur artistique, nous voulions affirmer un parti pris stylistique. L’évolution de Ferragamo a été très positive avec Massimiliano, cependant nous souhaitons nous concentrer sur le produit et l’artisanat. Pour le moment, le choix d’un nouveau directeur artistique ne s’impose pas, nous allons laisser le studio créatif s’en occuper. Nous sommes conscients que nous avons également besoin d’une impulsion créative, c’est pourquoi nous avons invité la créatrice Sara Battaglia a dessiner une collection capsule. Elle a tout de suite proposé une vision contemporaine des chaussures compensées “Rainbow” créées par mon père pour Judy Garland. Nous souhaitons utiliser notre héritage de cette façon, et nous sommes fiers de cette collection et de l’énergie qu’elle dégage.

 

Vous venez de rénover votre flagship store parisien, pourriez-vous nous en dire plus ?

Paris est la capitale de la mode, et l’avenue Montaigne est un emplacement stratégique crucial. Nous avons cette boutique depuis plus de vingt ans, mais nous voulions en faire notre vitrine mondiale et qu’elle concentre l’essence même de Ferragamo. Quand nous avons eu l’occasion de racheter le premier étage, le studio de création s’est occupé de rénover l’endroit. La boutique fusionne style français à l’extérieur et décoration italienne à l’intérieur, en conservant les œuvres d’art, comme les lampes Anastassiades ou les vases Venini et Barovier.

 

 

 

 

En 2013, vous avez ouvert la Fondation Ferragamo, quel est son rôle ?

La Fondation Ferragamo a toujours plus ou moins existé, nous l’avons juste réorganisée. Son rôle principal est de faire vivre l’héritage de la maison, qui comprend plus de 4 000 pièces, dont des chaussures, des sacs et des vêtements, et surtout 2 800 imprimés, qui sont de pures inventions de Salvatore Ferragamo. À travers la Fondation, nous organisons également des expositions comme A Palace and the City en 2015, ou, en 2013, des concours de créations comme le Comics Jam, centré sur le dessin de bande dessinée.

 

Vous êtes très suivis sur les réseaux sociaux, avec 1,3 million de followers, comment les utilisez-vous pour promouvoir la marque à travers le monde ?

Le digital est un accélérateur fantastique pour la marque. Tout d’abord, les réseaux sociaux facilitent la communication avec les clients. Nous pouvons les intégrer à l’entreprise Ferragamo et les informer en temps réel des nouveautés et de la vie de la maison. Ensuite, nous avons également un retour direct, ce qui nous permet de mesurer la popularité de la marque. Il faut cependant les utiliser avec prudence et ne pas saturer nos clients de messages.

 

www.ferragamo.com

 

Propos recueillis par Léa Zetlaoui

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