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Veja x Émir Shiro : que nous réserve leur collaboration inattendue ?

Mode

Le label de sneakers écoresponsables Veja collabore avec l’artiste spécialisé dans les collages subversifs Émir Shiro pour créer une paire de baskets inédite. Numéro a rencontré Sébastien Kopp, cofondateur de Veja ainsi qu’Émir Shiro pour connaître les dessous de cette association inattendue.

Veja x Emir Shiro

Depuis sa fondation en 2005 par le duo d’amis Sébastien Kopp et François-Ghislain Morillion, Veja imagine des paires de sneakers respectueuses de l’environnement, reconnaissables grâce au "V" signature du label, conçues à partir de matériaux biologiques ou recyclés. Quant à Émir Shiro, de son vrai nom Rémi Pisicchio, l’artiste a fait ses classes aux beaux-arts de Grenoble-Valence, et a rapidement fait du collage le centre de son travail. Sur son compte Instagram, il publie ses assemblages photographiques — combinant des photos déjà existantes à ses propres clichés —, souvent à connotation érotique, qui lui valent parfois d’être censuré par le réseau social, bien qu’aucune partie intime ne soit véritablement montrée. 

 

Provocantes voire subversives, les œuvres signées Émir Shiro tranchent avec l’image sage et écoresponsable du label Veja. Ils ont pourtant fait le pari de s'associer le temps d'une collaboration. Émir Shiro a ainsi réinterprété la paire de baskets phare du label français, le modèle Venturi, en version unisexe et bicolore (rose et noir), fabriqué en Ripstop ainsi qu’avec des matériaux biosourcés et recyclés à l’instar de déchets de riz, polyester recyclé, canne à sucre, et coton biologique. Numéro a rencontré Sébastien Kopp, cofondateur de Veja ainsi qu'Émir Shiro pour connaître les dessous de cette collaboration inédite.

Numéro : Comment la collaboration entre vos deux univers est-elle née ?

Émir Shiro : Sébastien Kopp et moi-même nous sommes rencontrés à Paris lors du lancement de la collection de Veja avec le designer Rick Owens en 2019. J’ai toujours été un grand fan de sneakers, donc j’ai assez vite eu l’idée de créer une paire avec ce label. Aussi, nous nous sommes très bien entendus, et l’aspect humain compte énormément pour moi. Je ne veux pas faire de collaboration avec n’importe qui.

 

Sébastien Kopp : Je suivais également Émir Shiro sur les réseaux sociaux et j’aimais beaucoup son travail. A ce moment là, nous souhaitions inviter de nouveaux jeunes talents pour faire des collaborations, et nous avons donc choisi Émir une fois que nous le connaissions, car pour nous aussi l’aspect humain est primordial. Le fait de faire une collaboration est très inspirant, et nous voulons vraiment donner carte blanche au talent car nous lui faisons confiance. Pour Émir, le fait qu’il soit passionné de baskets était aussi très important pour nous. C’est intéressant de voir un fan de sneakers passer de l’autre côté de la barrière.

 

Comment avez-vous travaillé pour imaginer la paire ?

Émir Shiro : Je voulais vraiment me déplacer et voir directement les studios de créations, et échanger avec les équipes. Sébastien m’a donné carte blanche pour le projet, et c’est ça qui m’a vraiment plu. Je me suis déjà fait démarcher pour faire une collaboration avec Nike par exemple mais il n’y avait pas d’aspect créatif alors ça ne m’intéressait pas. Ici, j’ai pris le produit comme une base vierge, et j’y ai traduit ma vision du collage, sans aucune contrainte si ce n’est des contraintes de forme et de matériaux.

 

Sébastien Kopp : Nous voulions vraiment qu’il crée la paire qu’il aimerait lui-même porter. C’était un véritable challenge pour lui. Il a proposé un premier croquis, et au final le résultat y est très fidèle car le processus n’a pas été confronté à d’obstacles créatifs.

 

Comment avez-vous retranscrit votre art à travers cette collaboration ?

Émir Shiro : Même si mon travail en tant qu’artiste est très pop, j’aime les paires de baskets sobres et les choses pures et simples, et je voulais que celle que je crée soit facilement portable. Au final, la technique que j’utilise pour mes collages est simple : deux parties sont collées l’une contre l’autre. Ce modèle est donc la traduction de mon travail de façon minimaliste, comme un hommage à la technique que j’utilise.

 

Réaliser un modèle entièrement éco-responsable était-il primordial pour vous ?

Émir Shiro : Je vais toujours dans ce sens là dans ma manière de consommer la mode et aussi dans mon travail. Je recycle les images et le papier pour mes collages, et Veja a également cet aspect durable dans ses créations. C’était donc naturel pour nous d’imaginer un modèle avec des matériaux recyclés et biosourcés, que nous savons choisi ensemble lors de la conception.

 

Avez-vous de nouveaux projets de collaborations à venir ?

Émir Shiro : J’aimerai faire d’autres collaborations en lien avec le monde de la mode. Avec Veja, c’est mon premier vrai pas dans ce domaine, et c’est surtout la première fois que je touche au design d’un produit. C’est véritablement un souhait de ma part de développer de plus en plus mon art dans la mode.

 

Sébastien Kopp : Chez Veja, nous faisons des collaborations quand nous connaissons et quand nous apprécions la personne ou le label. L’humain est très important. Dans ce cas, les collaborations viennent tout naturellement. D’ailleurs, quand on aime la personne avec qui on s’associe, tout est bien plus fluide. Quand ça fonctionne humainement, la collaboration est presque sûre de fonctionner elle-aussi.

 

La collaboration Veja x Émir Shiro, disponible le 7 octobre 2021 sur veja-store.com.