12 Avril

Qui était Glenn O’Brien, mythe et icône du style new-yorkais qui nous a quittés ?

 

Aussi à l’aise à la Factory d’Andy Warhol que dans le New York punk des années 70, présentateur de télé irrévérencieux, directeur artistique pour Barneys ou Calvin Klein, et surtout incarnation du Style Guy de GQ pendant 15 ans, Glenn O’Brien balaya tout sur son passage. Découvrez en cinq points pourquoi ce boulimique de création, décédé il y a quelques jours, a marqué ces 40 dernières années. 

Par Léa Zetlaoui

  • “Interview Magazine” avec Grace Jones en 1977 – “Interview Magazine” avec Kristen Stewart 2015.
  • De la Factory d’Andy Wahrol au cultissime magazine Interview (1971-1974)

     

    Débarqué à New York en 1971 après des études à Georgetown, Glenn O’Brien et le photographe Patrick McCullan se font rapidement repérer par Andy Warhol et le réalisateur Paul Morrissey. Âgés d’une vingtaine d’années, les deux amis conçoivent de A à Z Interview, un magazine distribué à l’époque à 2 500 exemplaires, qui deviendra culte. Sous l’impulsion d’O’Brien, Interview élargit ses horizons et passe du cinéma à la mode et la musique, devenant un des premiers magazine de pop culture, et s’habille d’un nouveau logo toujours utilisé aujourd’hui. Bien qu’il quitte le magazine en 1974, O’Brien continuera d’écrire pour lui jusqu’au début des années 90 et y reviendra comme directeur de la rédaction en 2008.

TV Party : l’émission underground la plus cool de l’époque

 

Entre 1978 et 1982, O’Brien devient une figure publique en présentant l’émission télévisée, diffusée en clair tard le soir, TV Party. Dans ce talk-show au ton ouvertement satirique et à l’ambiance ultra conviviale, il reçoit David Bowie, Iggy Pop, Robert Mapplethorpe et tout ce que New York compte de branchés pour des conversations informelles et des prestations live. Très second degré, il décide, sous la présidence de Reagan (dont il réfutait les idées), de créer son propre parti politique auquel il donne le nom de son émission, arguant que tout le monde aime la télé, mais il n’obtiendra jamais le nombre de signatures nécessaires.

 

Le premier fan de Jean-Michel Basquiat

 

Invité dans TV Party, le jeune Jean-Michel Basquiat, alors âgé de 20 ans et figure de proue du street art, devient le sujet d’un film écrit par O’Brien lui-même dont la production sera finalement arrêtée en 1981 pour cause de problèmes financiers. En 1999, Glenn O’Brien en acquiert les droits et relance la réalisation avec la styliste star des années 80, Maripol. Le film sera présenté en 2001 à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes. O’Brien possède également une collection des premières œuvres de l’artiste décédé en 1988 (qu’il prête pour des expositions) et sera co-auteur de nombreux ouvrages à son sujet.

 

Campagne Calvin Klein shootée par Steven Meisel avec Kate Moss.

Glenn O’Brien et Madonna.

Un slasheur avant l’heure

 

Hyperactif et prolifique, Glenn O’brien n’aura de cesse tout au long de sa vie de s’essayer à différentes activités artistiques : critique pour le magazine The Punk Era nommée “Glenn O’Brien Beat”, membre d’un groupe de musique, Konelrad, puis encouragé par TV Party, il se lance dans une courte carrière d’humoriste et sera rédacteur pour des publications comme Allure ou Harper’s Bazaar. En 1992, il participe au très controversé ouvrage Sex de Madonna (aux côtés de Steven Meisel et de Fabien Baron) qui s’écoule à 1,4 million d’exemplaires. À la fin des années 80, il entame une carrière dans la publicité, notamment pour Barneys ou Calvin Klein, pour qui il signera quelques campagnes controversées, notamment avec Kate Moss.

 

Glenn O’Brien dans TV Party en 1979.

Glenn O’Brien par Scott Schuman pour www.thesartorialist.com

L’icône du style de l’Amérique

 

Bien qu’ayant un profond mépris pour la mode, il était un fervent défenseur du style et intègre, en 1999, les équipes du magazine pour hommes GQ pour une durée de quinze ans. Dans sa rubrique The Style Guy, qui deviendra un livre en 2000, il aborde le sujet du style avec humour et finesse et n’hésite pas à mêler dans ses chroniques mode, style de vie et politique tout en s’adressant à un large public aussi bien gay qu’hétérosexuel.

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