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“Ami, c’est aussi cela : des pièces de tous les jours pour un garçon qu’on croise tous les jours.” Rencontre avec Alexandre Mattiussi

 

En l’espace de cinq ans, la marque Ami, créée par Alexandre Mattiussi, est devenue l’incarnation du parfait boy next door parisien, habillé avec soin mais sans prétention. Numéro a rencontré Alexandre dans les backstages de son défilé printemps-été 2017.

Numéro : Quelle était l’idée directrice de votre collection printemps-été 2017 ?

Alexandre Mattiussi : D’une collection à l’autre, je travaille toujours sur le même fil, sur une idée de vestiaire. Avant de me demander quelle histoire je vais raconter cette saison, je pense aux pièces que j’aime, à ce que j’ai envie de voir sur les garçons. Ma dernière collection finissait sur un lever de soleil, un message d’espoir après les attentats à Paris, car Paris reste toujours ma principale source d’inspiration. Cette saison, j’avais envie de poursuivre ce message avec une collection très fraîche, très matinale. J’ai imaginé un univers un peu Nouvelle Vague, des imprimés qui semblent empruntés à un papier peint de chambre d’hôtel à Saint-Germain-des-Prés, dans les années 70. Mais le vestiaire reste contemporain : des baskets blanches, un pantalon large, des carreaux, un look très Ami. Le vestiaire des garçons que l’on peut croiser dans les rues de Paris aujourd’hui.

Pourquoi avoir choisi pour votre bande-son un titre de La Femme aujourd’hui très connu, aux sonorités psyché ?

Ce morceau s’appelle It’s Time to Wake up 2023, c’était donc parfait pour l’histoire de ma collection. Il s’agit d’une chanson optimiste et légère, qui complétait parfaitement la mise en scène du défilé : des grandes fenêtres blanches, des rideaux qui volent, évoquant le vent du matin. Je voulais une ambiance douce, j’ai volontairement évité de faire des pièces trop extravagantes. Ami, c’est aussi cela : des pièces de tous les jours pour un garçon qu’on croise tous les jours. Ce n’est pas révolutionnaire, mais c’est assumé, car c’est ainsi que s’habillent les garçons que nous aimons. 

On a beaucoup commenté le jeter de paillettes dans votre défilé automne-hiver, présenté en janvier 2016. L’idée était-elle simplement d’affirmer que Paris est une fête ?

C’était une allusion à l’esprit jazzy parisien, une nuit blanche dans les bars de la rue des Lombards… et, de façon générale, un hommage à la Ville lumière. On dit souvent que dans la mode, tout est faux. Je veux montrer au contraire qu’on peut aussi être connecté au réel. Ami est une marque de proximité, tous les gens qui travaillent dans mon studio ont une vie tout à fait normale et réelle, nous avons donc tous été touchés par les attentats de novembre. Avec ce jet de paillettes, je voulais montrer qu’on peut aussi changer les choses. C’est notre responsabilité d’apporter une authenticité, une belle énergie. 

Dans chacun de vos défilés figurent quelques mannequins féminins. Quelle est la place des femmes dans votre univers ?

La femme que je présente n’est ni la sœur ni la femme de l’homme Ami, mais plutôt sa meilleure copine. En rentrant de soirée, elle dort chez son ami et elle lui emprunte des vêtements le lendemain matin. Mes vêtements sont pour tout le monde, c’est pourquoi je ne dessine pas de collection féminine spécifique.

 

Dans vos défilés, les mannequins féminins sont des personnages récurrents, bien plus que des “porte-manteaux” : après Caroline de Maigret, Tamy Glauser (connue pour son style androgyne) fait aujourd’hui partie de votre galerie de portraits.

Tamy est une Parisienne d’aujourd’hui. Nous avions par ailleurs photographié la DJ Clara 3000 dans notre lookbook été, et fait défiler Joana Preiss. Comme Caroline de Maigret, ce sont des filles très charismatiques et reconnaissables, presque des icônes, mais elles sont accessibles et sympathiques. Ce sont des filles qu’on peut croiser dans la rue. On conseille souvent aux créateurs de mode d’instaurer un univers pointu et élitiste, avec une image très fantasmée. Mais je préfère laisser parler mon cœur.

 

www.amiparis.fr

 

Propos recueillis par Delphine Roche.

 

 

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