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11 Février

Amy Winehouse, une reine des Grammy célébrée à Los Angeles

 

Ouvert en 2008 à Los Angeles, le Grammy Museum retrace la grande histoire des Grammy Awards, récompenses décernées chaque année aux meilleurs musiciens américains. Jusqu’au 13 avril, le musée consacre l’un de ses espaces à une figure emblématique de la soul (et des Grammy Awards) : la chanteuse Amy Winehouse, lauréate de cinq trophées.

Par Alexis Thibault

Amy Jade Winehouse est encore adolescente lorsqu’elle ère de label en label à la recherche d’un producteur. Elle compose des ballades épurées, écorchées, et sa guitare sèche agit comme un bouclier qui la protège des horreurs du monde. Dans sa chambre, le groove se fond à sa voix sanguinolente, pétrifiant ses proches lors des réunions de famille. Amy parle de ses doutes, de ses idoles, de ses amours déchus, elle manie le contretemps comme personne, conserve un air candide et ne sait pas encore qu’elle finira par s’autodétruire. À l’époque, elle n’a pas signé chez Island Records, une filiale du mastodonte Universal. À l’époque, le producteur Gil Cang n’est pas tombé sous son charme dans un studio londonien, sur Hornsey Road. À l’époque, Mark Ronson ne compose pas pour elle. Sa chevelure d’un noir de jais ne se dresse pas en chignon rétro. L’épais trait d’eyeliner commence tout juste à signer son regard.

 

Élevée par sa grand-mère – qui est aussi sa confidente et sa meilleure amie –, Amy Winehouse se forge une culture musicale dominée par le jazz, des improvisations de Thelonious Monk aux excentricités de Charlie Mingus. À la fin des années 90, les plateformes de téléchargement gratuit prolifèrent. La jeune fille d’origine juive russe issue de la middle-class banlieusarde de Londres en profite pour parachever sa formation autodidacte. Sa voix, sa dégaine et sa nonchalance l’inscriront à un panthéon alternatif, celui des artistes qui ont le droit de s’en foutre. Le nom de cette jeune fille prisonnière de sa banlieue soporifique atterrit finalement sur toutes les lèvres, des New Musical Express Awards, aux Brit Awards. À 24 ans, elle titube fièrement entre les guitares crachant le son de la Motown. Et les fameux contretemps forgent sa légende. Frank est sorti en 2003, Back to Black en 2006. Amy Winehouse devient la clef de voûte de l’archétype “splendeur et décadence” ressuscitant avec brio le son des seventies. Mais la diva ne sera véritablement reine qu’à titre posthume. À croire que la poudre et le vin rouge procurent davantage de plaisir que la clameur de la foule. Icône favorite des tabloïds pour ses excès peu glamour, elle s’est éteinte du côté de Camden Town, le 23 juillet 2011, noyée par ses propres vices.

Amy Winehouse – Grammy Awards 2018.

Le 10 février 2008 au Staples Center de Los Angeles, Tony Bennett annonce, derrière son pupitre, le vainqueur du Grammy Awards de l’enregistrement de l’année : Amy Winehouse. Mais la diva est à 5 000 kilomètres du chanteur de jazz. Elle se produit à Londres et apprend la nouvelle sur scène. Ce soir-là, elle raflera cinq prix sur six nominations : le Grammy de l'enregistrement de l’année pour Rehab, celui de la chanson de l’année et de la meilleure performance féminine pour le même morceau, le trophée de la révélation de l’année et celui du meilleur album vocal pop pour Back to Black. Tout juste sortie de cure de désintoxication, Amy Winehouse remercie sa mère, son père, Londres et Blake Fielder-Civil son compagnon de l’époque, alors incarcéré…

 

Douze ans après cette razzia, le Grammy Museum consacre, jusqu'au 13 avril, une exposition à la diva de la soul. Beyond Black: The Style of Amy Winehouse réunit une partie de son vestiaire dont sa robe noire Dolce & Gabbana ou la robe jaune associée au petit sac rouge en forme de cœur qu'elle portait sur le tapis rouge des Brit Awards, en 2007. Également présentés dans cette exposition : des paroles manuscrites ou encore sa collection personnelle de vinyles.

 

 

Beyond Black: The Style of Amy Winehouse, jusqu'au 13 avril 2020 au Grammy Museum, Los Angeles, États-Unis.

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