Dans le morceau Find My Love, Amy Winehouse n’apparaît qu’à travers des vocalises… Ces notes sont issues d’une vieille session d’enregistrement que son ancien producteur, Salaam Remi, a intégré à un titre du rappeur Nas. Remi, qui a produit l’album Frank de la diva (2003) et de nombreux opus de Nas, dévoile donc un titre artificiel inédit, extrait de sa future compilation Do It for the Culture 2. Toutefois, le duo est loin d’être improbable car les deux artistes avait déja collaboré ensemble, notamment pour le titre Like Smoke, présent sur l’album posthume de la chanteuse Lioness: Hidden Treasure (2011).

 

Élevée par sa grand-mère – qui est aussi sa confidente et sa meilleure amie, Amy Winehouse se forge une culture musicale dominée par le jazz, des improvisations de Thelonious Monk aux excentricités de Charlie Mingus. À la fin des années 90, les plateformes de téléchargement gratuit prolifèrent. La jeune fille d’origine juive russe issue de la middle-class banlieusarde de Londres en profite pour parachever sa formation autodidacte. Sa voix, sa dégaine et sa nonchalance l’inscriront à un panthéon alternatif, celui des artistes qui ont le droit de s’en foutre. Jeune prisonnière de sa banlieue soporifique, elle atterrira finalement sur la scène des NME (New Musical Express) Awards, des Grammy Awards et des Brit Awards à 24 ans, paradant fièrement entre les accords de soul et les contretemps qui ont forgé sa légende. Amy Winehouse devient la clef de voûte de l’archétype “splendeur et décadence”. Nourrie au son de la Motown, en deux albums – Frank en 2003 puis Back to Black en 2006 – la chanteuse a ressuscité avec brio le son des seventies. Mais la diva ne sera véritablement reine qu’à titre posthume. Icône favorite des tabloïds pour ses excès peu glamour, elle s’est éteinte du côté de Camden Town le 23 juillet. 2011.