En couverture du Numéro Art #4 du mois d’avril 2019, la jeune et brillante artiste n’en finit plus de faire parler d’elle, et c’est tant mieux. A seulement 18 ans, Billie Eilish vient de remporter quatre prix aux Grammy Awards, dans une compétition serrée avec celle que l’on annonçait pourtant comme la favorite de la compétition, la rappeuse Lizzo, et le chanteur Lil Nas X, qui cumulait six nominations.

 

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Reconnue pour sa pop dévastatrice et son univers sombre, Billie Eilish s’est imposée comme l’artiste incontournable du moment en étant sacrée “révélation de l’année”. Ce titre de prestige semble d’ailleurs célébrer, en même temps que le répertoire déjà riche et fouillé de l’artiste, sa personnalité délirante tout en mélancolie et fureur créatrice, salutaire dans un univers où les chanteuses sont souvent lisses et sexualisées à outrance. Ce petit bolide excentrique a notamment remporté les prix de “l’enregistrement de l’année” et de “chanson de l’année” pour son titre Bad Guy, ­­—morceau explosif jubilatoire devenu familier de toutes les playlists noctambules—, ainsi que le prix de “l’album de l’année” pour son premier album When we fall asleep, where do we go, sorti en mars dernier. 

 

Le début de l’année 2020 a donc déjà fortement adopté le goût exulté et fantomatique propre à l’univers de la chanteuse dont les cheveux ne gardent jamais bien longtemps la même couleur. Son apparence fantasque se fait le miroir de ses titres horrifiques, en incarnation de la passion singulière qui l’anime. Réceptacle de toutes les addictions dans son dernier clip Xanny, l’artiste porte haut les paroles que sa voix désincarnée teinte d'une noirceur délicieuse. Autre consécration pour cette enfant terrible : la BO du prochain James Bond, qui devrait refléter avec justesse les désillusions d’un agent secret caressant l’idée terrifiante de la retraite.