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Qui est Buvette, le Suisse qui rafraîchit l'électro-pop ?

 

Numéro a rencontré le musicien suisse Cédric Streuli, plus connu sous son nom de scène Buvette, à l'occasion de la sortie de son troisième album “Elasticity”. Photos : Jules Faure.

Portrait : Jules Faure pour Numero.com

Derrière Buvette se cache Cédric Streuli, musicien de 29 ans originaire des Alpes suisses, qui sortait début octobre un sublime troisième album électro-pop baptisé Elasticity sur le label français Pan European Recording. Avec l'un des noms de groupe français les plus improbables de la pop (talonné de près par le groupe Cheveu), on ne peut s'empêcher de poser à l’intéressé la fatidique question qu’il doit entendre à longueur de journée : pourquoi ce choix ? Cédric ne se souvient même plus précisément de l’origine du méfait, sinon que cela vient d’une blague liée au job de barman qu’il exerçait en Suisse à ses débuts en 2008. C'est cette expérience qui lui a inspiré ses premiers titres.“C’est aussi un mot purement esthétique, ajoute-t-il, que je n’ai pas vraiment choisi pour son sens. J’aimais l’enchaînement des syllabes et penser à ce que les individus de toute origine pourrait imaginer en l’entendant, ce que ça pourrait leur évoquer.” 

 

 

Une ouverture aux interprétations qui va bien à sa musique teintée d’influences diverses et en évolution constante. “Je n’ai pas envie qu’à la première écoute, on puisse m’identifier comme on peut reconnaître le son ultra-caractéristique d’AC/DC par exemple, nous explique-t-il, Rester dans un seul registre peut rapidement devenir ennuyeux ou répétitif. Je ne peux pas me satisfaire d’une seule chose.” Pour Buvette, l’exploration ne s’arrête jamais vraiment. Il a d’ailleurs passé des années entre les États-Unis, l’Inde et le Mexique pour finalement atterrir à Paris en 2015. Ces nombreux voyages l’ont ouvert à de nouveaux genres musicaux, qui ont davantage inspiré “une humeur un peu mélancolique plutôt qu’une reproduction concrète et premier degré de structures rythmiques.”

Portrait : Jules Faure pour Numero.com

 

Composé en solitaire, son précédent opus The Neverending Celebration était le fruit d’un processus assez clair : “Je posais simplement un beat sur une boîte à rythme et rajoutais des couches de synthés et ma voix par-dessus.” Une routine qui s’est trouvée totalement chamboulée au moment d’aborder Elasticity. Et pour le meilleur : “Auparavant, mon approche n’était pas dépendante d’un cadre ou d’une structure définie, a-t-il précisé, ce qui pouvait parfois donner des titres à tiroirs avec plusieurs parties. Pour Elasticity, j’ai immédiatement su que je voulais une base simple, des couplets et refrains avec un thème unique par titre.” Des changements qui ont été encouragés par l’enregistrement aux côtés d’un vrai groupe, qu'il a vécu pour la toute première fois.“Le fait d’ajouter une basse, une guitare, de faire des parties de batterie et de créer pleins de détails sonores élargit le son, et c’est ce qui a également donné une dimension plus pop qu’auparavant.”

 

 

De ce nouveau fonctionnement est également né un live intense, pour lequel toutes les parties électroniques sont passées à la trappe au profit des textures sonores des instruments.“La difficulté était de transposer le disque, qui est plutôt riche et fourni, en quelque chose de jouable en concert. Me produire avec le groupe me procure une sensation géniale, c’est un sentiment de communion qui m’était totalement étranger quand je me produisais tout seul.” Quant à sa vision d’un live réussi, elle s’oppose à tout automatisme : “Le problème vient de l’attitude parfois trop professionnelle des musiciens, nous a-t-il expliqué. Il y a des groupes de notre génération qui ont plus tendance à surveiller l’esthétique plutôt que le cœur de leur musique. Nous ne sommes pas des acteurs de théâtre, et d’ailleurs même le théâtre me plaît davantage lorsqu’il est plus libre et ouvert.”

Je n’ai pas envie qu’à la première écoute, on puisse m’identifier comme on peut reconnaître AC/DC par exemple. Rester dans un seul registre peut rapidement devenir répétitif.

 

 

Portrait : Jules Faure pour Numero.com

 

 

Une manière ultra-spontanée d’aborder les choses qui semble assez symptomatique du label alternatif Pan European qu’il a rejoint il y a un peu plus de deux ans. “Chez Pan, j’ai retrouvé ce que j’avais laissé au Mexique ; une communauté musicale que l’on fait vivre en créant des passerelles entre chaque projet, que ce soit avec Flavien Berger et Judah Warsky avec qui j’ai fait des concerts, ou avec Koudlam avec qui j’ai tourné en tant que batteur, nous a-t-il dit. “Ca s'étend même aux artistes visuels qui réalise les clips des artistes, certains comme Jamie Harley font partie de l'aventure au même titre que les musiciens.  J’aime la façon de fonctionner, assez freestyle mais basée sur la sincérité et de vrais liens entre les gens : de l’amour, de l’amitié, de la camaraderie, et pas simplement un label qui mise sur des artistes pour amasser de l’argent.” 

 

 

À ses yeux, ce microcosme créatif représente une scène en soi. “Pour moi c’est ça, un groupe de personnes au même moment et au même endroit, a-t-il développé. Je pense que même s’il y a pas mal de bons groupes à Paris, on pourra écouter dans 50 ans ce qui est sorti sur Pan entre 2006 et 2016 et avoir un vrai échantillon de la musique qui s’est faite en Europe centrale à ce moment précis, et c’est ça qui est vraiment génial.” En conclusion,“les meilleurs labels sont ceux qui mettent pleins de styles musicaux en avant, qui parlent à pleins de personnes différentes et suscitent une foule d’émotions tout aussi différentes, comme dans un bon film.”

Les meilleurs labels sont ceux qui mettent pleins de styles musicaux en avant, qui parlent à pleins de personnes différentes et suscitent une foule d’émotions tout aussi différentes, comme dans un bon film.

La vidéo de Staring at the lines réalisée par Félicien Colmet-Daâge et Ludovic Versace

Et l’élasticité dans tout ça ? L'artiste a une idée très précise du pourquoi de ce nom d’album : “Elasticity, c’est en anglais car le suffixe city n’est pas négligeable pour moi, a-t-il précisé, ça parle aussi de la ville, une ville gigantesque et tentaculaire, complètement élastique et qui ne s’arrête pas, mais où tout peut être interprété selon les sensations. C’est l’élasticité des émotions, des sensations, des perceptions, du temps aussi. Et après, c’est aussi l’élasticité de la musique, des genres qui s’étirent et qui se rejoignent. Le refus d’avoir des limites et de se construire sa propre case.” Une indépendance totale qu’on lui souhaite de préserver, à Paris ou ailleurs.

 

Elasticity (Pan European Recording), disponible dès maintenant. En concert le 25 janvier à la Maroquinerie (Paris).

 

 

Marion Ottaviani, Photographe : Jules Faure

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