Lors d’un journal télévisé, une présentatrice de télévision relate de récentes émeutes urbaines ainsi que de l’augmentation des crimes racistes et anti-LGBTQ. Alors que le début du morceau ISH se fait entendre, Zebra Katz danse dans un décor dépouillé, entre les contours d’un carré blanc tracé au sol qui dessine un périmètre d’arène, et commence à danser. Alors qu’il débute seul, sa performance attire peu à peu un public en furie, les visages défigurés par la haine et la colère à son égard. 

 

“I’m lit hold it, I'm bout to blow this / Oh shit know this, I'm about to lose it” (“Je suis en feu, tiens toi bien, je suis prêt à tout exploser / Oh merde, sache-le, je suis sur le point de péter les plombs”), scande-t-il. Musicalement, Zebra Katz ne perd rien de ce qui a bâti son style il y a presque dix ans. Une production minimale et sombre, des beats impactants, un phrasé incisif et une voix d’outre-tombe. Soudainement, à la fin du clip, les pupilles du rappeur deviennent blanches. Un bijou sparadrap signé Alan Crocetti posé sur son nez, Zebra semble entrer en transe, et passe du côté de ses détracteurs déchaînés.

 

Si ses premiers titres remontent à 2012, Ojay Morgan – de son vrai nom – avait pour l’instant uniquement sorti mixtapes et EP. Au fil des années, il a pris part à de nombreuses collaborations telles que trois featurings avec Gorillaz sur leur album Humanz, un EP en tandem avec la productrice Leila Arab ou un duo avec le musicien et DJ britannique Hervé. En novembre dernier, après deux ans d’absence, Zebra Katz revenait avec deux nouveaux titres, IN IN IN et LOUSY, rassemblés quelques semaines plus tard dans un mini-film de 9 minutes réalisé par Daniel Wirtberg. Troisième morceau inédit, ISH annonce la sortie de son premier album LESS IS MOOR le 20 mars, dont la tracklist de 15 titres est déjà connue. Le 27 mars, le rappeur foulera d’ailleurs la scène du Badaboum, à Paris, afin de présenter ce premier opus.