Sur une plage de sable gris jamaïcaine, le soleil couchant dévoile un ciel violet alors que deux hommes lavent tendrement un cheval à entête blanche dans l’océan. Le chanteur canadien Daniel Caesar, débardeur blanc et lunettes de soleil posées sur le nez, mène une marche immaculée. On retrouve vite le crooner sur les bancs d’une course hippique. À ses côtés la chanteuse jamaïcaine Koffee, ensemble moutarde sur les épaules, se détache du reste de la foule vêtue de blanc exclusivement. Mouchoirs agités dans les airs, la foule crie et s’excite avant de finir bouche bée, dégoutée par le score déplorable de la course.

 

Heureux mélange de sonorités ska et de mélodies empruntées au Rap West Coast, Cyanide est le deuxième titre de son opus Case Study 01 dévoilé en juin dernier. En compagnie de la reggae girl de 19 ans Koffee, Daniel Caesar y évoque ses origines jamaïcaines. Scandant dans le refrain “Whatever Jah has binded, let no man enter in”, le mouvement rastafari, développé à partir des années 1930, désigne “Jah” comme leur dieu. Clin d’œil au groupe de rock américain Tommy James and the Shondells, il emprunte (donc sample) la batterie de leurs morceaux Candymaker et la ralentit, accordant aux morceaux sa véritable profondeur reggae, style musical caractérisé par un rythme fortement syncopé.