Le 27 avril 2018, est sorti un album qui a fait l'effet d'une bombe dans le milieu du rap français : Imany, composé de dix-sept titres, le premier opus brillant du rappeur Dinos – qui répondait autrefois du nom de Dinos Punchlinovic. Fini les odes à l'argent et aux femmes peu vêtues si chères à Niska ou à l'“Aigle de Carthage” Alkpote, Dinos débarque et irrigue la musique française de punchlines teintées de mélancolie. Les fans de la première heure ont alors pu re-découvrir le rappeur de La Courneuve, alors connu pour quelques projets éparses où étaient invités Némir ou Nekfeu, dans un style plus sombre et intimiste, avec des titres gorgés de spleen tels que la chanson de rupture Helsinki ou le son Les pleurs du mal, dans lequel Dinos enchaîne les tirades désabusées (“J'attends plus rien de personne”/“Qu'ils aillent tous se faire enculer”). Sur la pochette d'Imany, on voit Dinos prendre la pose dans la cité des 4000 à La Courneuve, là où il a grandi. 

 

Presque un an et demi plus tard, Dinos revient avec un deuxième album studio : Taciturne. Sur la pochette, il est toujours à La Courneuve, sans doute dans la même cité, mais cette fois il domine, assis sur le balcon de ce qui pourrait être le troisième ou le quatrième étage d'un immeuble délabré. Si la sortie de Taciturne est prévue pour le 29 novembre, Dinos dévoile peu à peu quelques titres dont le premier, Mack Le Bizz Freestyle, assorti d'un clip en noir et blanc où le rappeur déambule dans un parking désaffecté en bob Prada. Quant à ses textes, eux, ils sont toujours emplis d'amertume.