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22 Avril

Tout ce que vous ne savez pas sur Dr. Dre

 

L’un des albums les plus importants de l’histoire du rap, “The Chronic”, premier disque solo de Dr. Dre sorti en 1992, est enfin disponible sur les plateformes de streaming. L'occasion de se pencher sur les aspects méconnus d'un rappeur révolutionnaire.

Par Violaine Schütz

1. Un album sous influence

 

The Chronic est l'un des albums majeurs du rap. Il a fait exploser Snoop Dogg, Nate Dogg et Warren G et a permis de mieux faire connaître le G-Funk (le gangsta funk, ce son qui s'écoute à plein volume sur les routes californiennes pendant que les gangs locaux se déchirent). Kanye West, peu enclin aux compliments, a même qualifié ce disque d'équivalent hip-hop du Songs in the Key of Life de Stevie Wonder, soit “la référence à laquelle mesurer son album si on est sérieux.” Ce classique a connu un autre grand honneur en intégrant les archives de la bibliothèque du Congrès à Washington en mars dernier. Et pour sa mise en ligne sur les plateformes de streaming, les choses n'ont pas été laissées au hasard. L'album est disponible depuis le du 20 avril (le 20/4) car le 4/20 est le code qui désigne la consommation du cannabis aux Etats-Unis. Pour le célébrer, à 4h 20, le 20 avril dans le monde entier, ses défenseurs militent pour une législation de la fameuse plante. Le nom du disque The Chronic est aussi une référence à une variété de cannabis adulée par Snoop tandis que la pochette reprend l'esthétique du papier à rouler Zig-Zag.

 

 

2. Des débuts électro funk glam

 

Avant de faire partir du groupe culte N.W.A, Andre Romelle Young (le vrai nom de Dre) appartenait au World Class Wreckin’ Cru, d'abord appelé Disco Conjunction. Leur spécialité ? L'électronique matinée de funk. Dr. Dre, très inspiré par Grandmaster Flash a d'ailleurs commencé comme DJ dans le club de Los Angeles Eve After Dark. Des photos très glam de Dre à l'époque en costume glitter et une autre de lui maquillé ont émergé sur le net des années après. Si il a abandonné très vite les atours disco, Dre est resté fidèle à son amour du funk en samplant avec N.W.A ou dans sa carrière solo Parliament et Funkadelic. La chaleur de ses rythmiques a contribué au succès du son du producteur né à Compton, en Californie.

3. Un titre phare écrit par Jay-Z

 

En les produisant, le rappeur a contribué aux carrières de Snoop Dogg, d’Eminem, de 2Pac ou encore de Mary J. Blige. Mais il a aussi bénéficié de l'aide de ses homologues. Ainsi les paroles du tube Still D.R.E. de Dre, sorti en 1999, ont été ghostwritées par Jay-Z. L'auteur de Hard Knock Life s'est ainsi retrouvé à écrire sur la marijuana… alors qu'il n'en fume même pas. Ou comment un New-Yorkais a contribué à façonner l'hymne de la West Coast.

 

 

4. Un retour au rap hardcore encouragé par sa femme

 

En épousant sa femme, Nicole Threatt, en 1996, Dr. Dre décide de se calmer avec les appellations misogynes en rafale (telles que bitch » et hoe). Ce serait sa femme qui lui aurait conseillé d'y revenir car elles faisaient partie de l'ADN de son rap.

Dr. Dre ft. Snoop Dogg – “Still D.R.E.”

5. Un producteur audacieux

 

My Name Is,  single d'Eminem sorti en 1999 est né de sa collaboration avec Dr. DreAprès avoir joué la démo au producteur en studio, Eminem a ronronné : “Hi, my name is…”. Pressentant qu'il tenait là un tube, Dre lui a demandé de répéter sa présentation avant de l'envoyer instantanément dans la cabine d’enregistrement. Le duo aurait terminé le morceau en deux heures alors que c'était la première fois qu'ils travaillaient ensemble. Toujours surpris, Eminem a déclaré des années après qu'il n'avait pas compris comment ce titre avait pu devenir “un morceau pop”.

 

 

6. Violence et démêlés avec la justice

 

Dr. Dre a été condamné pour agression en 1991, après avoir frappé violemment la journaliste rap Dee Barnes lors d'une fête à Hollywood. Il aurait également été violent envers son ex-petite amie, la chanteuse Michel’le mais aussi envers la rappeuse Tairrie B. Avant cela, Dr. Dre avait été incarcéré pour ne pas avoir payé des contraventions. Il serait devenu membre de N.W.A le jour où le rappeur Eazy-E l’a sorti de prison en payant sa caution. En échange, Eazy demandera à Dre de produire son premier single, Boyz-n-the-Hood. En 1996, Dr. Dre sera accusé de tentative de meurtre par le producteur Suge Knight sans que cela n'aboutisse à un jugement.

Dr. Dre – “Deeez Nuuuts”

7. Un morceau anti-flics disparu

 

Dans le biopic dédié à N.W.A, Straight Outta Compton, sorti en 2015, on voit le groupe agressé par des policiers en sortant d'un studio d'enregistrement californien, en 1987. La bande à qui l'on doit le morceau F*** Tha Police va multiplier les paroles anti-flics. Pourtant, sur l'album The Chronic de Dre, une chanson intitulée Mr. Officer (avec le refrain “Monsieur l’Officier, je veux vous voir allongé dans un cercueil”) va être supprimée au dernier moment du tracklisting. Il s'agissait d'éviter la polémique après le tollé provoqué par le Cop Killer de Body Count (1992), censuré après sa sortie.

 

 

8. Une querelle avec 2Pac ?

 

La bromance de leur featuring California Love n'était-elle que pour les caméras ? Dans une lettre posthume, 2Pac, assassiné en 1996, s'en est pris à ses rivaux, Biggie, Nas, Puff Daddy, Mobb Deep, ainsi qu'à son collaborateur, Dr. Dre.

Dr. DRE – “A Nigga Witta Gun”

9. Un clash avec un autre docteur

 

Le docteur Draion Burch, gynécologue vivant en Pennsylvanie et auteur d'un livre sur le pénis a choisi comme surnom celui de Dr. Drai, en clin d'œil au rappeur. Pas vraiment flatté, le producteur a tenté de l'empêcher de le déposer comme marque. Finalement, en 2018, le bureau des marques déposées a tranché : il peut y avoir deux docteurs. Concernant le domaine médico-musical, Doc Gynéco, aurait, lorsqu’il débutait, enregistré un titre avec Dr. Dre à Los Angeles. La consultation dort hélas actuellement dans un tiroir.

 

 

10. Un homme d'affaires averti

 

Le classement Forbes de l'an dernier dévoilait que le rappeur était le musicien le plus riche de la décennie, avec une fortune estimée à 950 millions de dollars. Il doit cette somme non seulement à ses propres albums et à ses productions mais aussi au rachat de Beats Electronics (les écouteurs Beats by Dre) par Apple en 2014 pour 3 milliards de dollars. Il figure ainsi devant Taylor Swift, Beyoncé, U2, Diddy et même Elton John et Paul McCartney. Se souvenant d'où il vient, Dre a donné il y a quelques années 70 millions de dollars à des étudiants de l'Université de Californie du Sud, déclarant alors au NY Times: “Je pense que c'est la chose la plus importante, la plus excitante et probablement la plus importante que j'ai faite dans ma carrière.

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