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Numéro
25

Comment la Gaîté Lyrique ressuscite-t-elle le monde de la nuit ?

Musique

Dans le cadre de son programme [Plein Écran], la Gaîté Lyrique, centre culturel d'arts numériques, propose une panoplie d'évènements en ligne. Depuis le 6 mars et jusqu'au 6 juin, on y découvre "Culture Club", une série de huit concerts diffusés en live sur Youtube, faisant la part belle à la scène électro française.

J-Zbel sur la scène de la Gaîté Lyrique pour "Culture Club" © Romain Guédé

Un an s’est écoulé depuis la dernière fois que nous avons vibré au rythme des basses, aveuglés par le clair obscur des stroboscopes, collés les uns contre les autres dans les fosses… Face à l’arrêt des expériences culturelles collectives provoqué par la pandémie de Covid–19, la Gaîté Lyrique a su se réinventer, et propose jusqu'en juillet une panoplie d’évènements en ligne s'inscrivant dans sa volonté de rassembler, elle qui se plaisait à abriter régulièrement festivals de musique, soirées et concerts, rencontres et expositions. Regroupées dans un programme baptisé “Plein Écran”, les alternatives culturelles éclectiques proposées par l'institution parisienne sont aussi qualitatives que bien ficelées, entre sessions de danse, podcasts, et live-sessions : autant de rendez-vous articulés autour de la volonté de revoir nos “façons d’être ensemble”, si bouleversées depuis un an.

 

Parmi ces rendez-vous numériques, on découvre “Culture Club”, une série de huit concerts diffusés en live sur Youtube, qui se veulent “différents de tout ce qui se fait en stream depuis le début de la crise” précise Brice Coudert, directeur artistique et programmateur de l’évènement. Scénographie soignée et esthétique feutrée accompagnent des artistes de la scène éléctro française pour des live-sessions intimistes et branchées, tournées en 360° au cœur de la grande salle de la Gaîté Lyrique. L’objectif premier de Brice Coudert – ancien directeur artistique du club parisien La Concrete –, c’est d’abord de “continuer de faire tourner la machine” du monde de la nuit, alors que 30% des clubs français ont définitivement fermé leurs portes au cours de l’année. Permettre aux artistes de se produire en live, donc, mais aussi aux labels de faire connaître leurs artistes et aux techniciens de travailler sur des performances, même sans public. L’idée, c’est aussi de “donner la parole à des artistes aux univers très différents” souligne-t-il : figurent donc parmi les invités des grands noms de la scène techno comme la DJ française Jennifer Cardini, mais aussi des artistes émergents aux propositions musicales innovantes, de la pop futuriste Maoupa Mazzocchetthi à l’électro psychédélique de Tryphème.

Rag, Anais Leszcynska, Morphine Blaze et Saint Eugène sur la scène de la Gaîté Lyrique pour "Culture Club" © Marie Rouge

Si la volonté de la Gaîté Lyrique est d’apporter des options artistiques au public, “indispensables dans ce contexte maussade” rappelle Brice Coudert, elle rejoint également une démarche de sensibilisation. À travers un concept de “carte blanche”, les concerts sont parfois ponctués de “tables rondes” durant lesquels les musiciens échangent gravement ou légèrement, affalés sur des coussins géants. Lors du deuxième concert en ligne organisé par l'établissement, le 14 mars dernier, c’est l’union des cultures festives LGBTQ+ qui disposait d’une carte blanche. Le groupe a souligné les difficultés d’une communauté dont les clubs ne représentent pas qu’un simple divertissement, mais aussi un “safe space”, un lieu hors du monde où s’exprimer sans retenue ni crainte : avec leur fermeture, rappellent-ils, c’est le “danger d’une invisibilisation grandissante qui s’installe”. Le prochain concert, diffusé en live sur Youtube ce samedi 27 mars à partir de 20h, réunira cette fois-ci Grand V, Raär et Sunraeht pour un moment suspendu, en plein écran, un casque vissé sur les oreilles.

 

Retrouvez toutes les informations concernant Culture Club sur le site de la Gaîté Lyrique