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07 Avril

Rebondissement dans l’affaire de l’incendie d’Universal

 

Après avoir détruit des centaines de milliers de chansons inestimables, le feu ayant ravagé une partie des studios Universal en 2008 est une fois encore au coeur des débats.

Par Camille Moulin

Incendie des Studios d'Hollywood d'Universal - 1er juin 2008

1er juin 2008 : un inquiétant nuage de fumée noire flotte au-dessus des studios d’Universal, à Los Angeles. Vers 4h45 du matin, un incendie s’est déclaré, ravageant pendant douze heures un plateau d’enregistrement, du matériel de tournage, des décors et une attraction consacrée à King-Kong, avant d’être maîtrisé par les 516 pompiers mobilisés. À la fois parc d’attraction, lieu de tournage et entrepôt, les studios déplorent alors des pertes de 40 000 à 50 000 vidéos d’archives de films et séries télévisées produits par Universal. Une perte réversible puisque le géant du cinéma affirme immédiatement détenir des copies de ces archives.

 

Le jour où la musique a brûlé

 

L’affaire aurait pu s’arrêter là, mais un article édifiant au titre évocateur parait dans le New York Times en juin 2019, “The Day the Music Burned” (“Le jour où la musique a brûlé”). Cette large enquête d’investigation menée par le journaliste Jody Rosen révèle alors la véritable étendue des dégâts provoqués par les flammes, plus de dix ans auparavant : selon des documents internes à Universal Music datant de 2009, plus de 100 000 enregistrements contenant 500 000 titres auraient brûlé avec le bâtiment 6197, qui rassemblait alors une gigantesque collection de masters. Une information omise par Universal en 2008.

 

Cet édifice était le principal entrepôt de masters de la côte Ouest, ces enregistrements originaux à partir desquels sont réalisées toutes les copies ultérieures. Un master est un objet unique, la source irremplaçable d’un morceau de musique enregistré.” affirme le journaliste dans le quotidien américain. Parmi ces archives brûlées, on compte des enregistrements irrécupérables de géants du jazz, comme Chuck Berry, Duke Ellington, Billie Holliday, Charles Mingus, mais également des archives plus récentes de Tupac, R.E.M., Gun N’ Roses ou Eminem… La liste érigée par Jody Rosen semble presque interminable.

Un procès contre Universal

 

Suite à ces révélations, en juin 2019, un groupe de célèbres artistes avaient décidé de poursuivre Universal Music Group en justice, pour non respect de leur contrat causé par la négligence du groupe ayant entraîné la destruction de ces enregistrement. Les parties plaintives estimaient aussi devoir toucher une partie du dédommagement versé par les assurances suite aux dégâts causés par le feu. Parmi ces artistes engagés dans le procès, on comptait alors les groupes de rock Soundgarden and Hole, le chanteur Steve Earle, la succession de Tupac Shakur et l'ex-femme de Tom Petty. En réponse à l'article du New York Times, le label avait pour sa part dénoncé “nombre d’inexactitudes” et d’incompréhensions de la part du journal.

 

Mais depuis juin dernier, après avoir été assurés qu’ils ne souffraient d’aucune perte, presque tous les plaintifs ont tour à tour abandonné leur recours. Seule l’ex-femme de Tom Petty a décidé de maintenir la sienne. Lundi 6 Avril, la cour a finalement rendu le jugement concernant cette plainte : affirmant que les masters brûlés n’appartenaient pas à Tom Petty, mais bien à son label MCA, maintenant détenu par Universal, la plainte de Jane Petty a donc été rejetée.

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