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05 Décembre

Pourquoi la K-pop tue?

 

Le monde de la K-pop est à nouveau en deuil. Après le décès de la chanteuse Sulli en octobre dernier et celui de Goo Hara quelques jours plus tard, c’est au tour du chanteur Cha In-ha de rejoindre le funeste “club des 27” – regroupant tous les artistes morts à l'âge de 27 ans. Alors que ce genre musical est auréolé de succès et qu’il représente la jeunesse et sa fraîcheur, la Corée du Sud doit faire face à une effrayante série noire.

Par Chloé Sarraméa

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Si l’on doit aux Sud-Coréens le label de streetwear ADER Errorles installations zen de Lee Ufan et les téléphones Samsung, ils ont aussi inventé un nouveau genre de musique pop qui s’exporte sur toute la planète : la K-pop. Mondialement connue depuis le succès gigantesque du tube Gangnam Style du chanteur Psy, sorti en 2012 et qui cumule aujourd’hui plus de 3,4 milliards de vues sur YouTube, la pop coréenne a aussi brillé l'année dernière par la toute première nomination d’un groupe la représentant aux Grammy Awards, le boys band BTS.

“Gangnam Style” (2012) de Psy.

Une musique auréolée de succès

 

Clips colorés, grands sourires, boys bands soudés et danses enjouées… L’univers de la K-pop est caractérisé par ses chanteurs séduisants, à l’apparence toujours heureuse et bien habillés, arborant même parfois des coupes de cheveux extravagantes. Apparu en Corée du Sud dans les années 90, ce nouveau genre musical se fait d'abord connaître à travers le groupe Seo Taiji and Boys – fruit de la fusion entre hip-hop et musique pop – avant d’exploser aux yeux du monde, au début des années 2010. 

 

À mesure que les succès s’enchaînent, les featurings pleuvent et certaines stars K-pop se voient collaborer avec des artistes à la renommée internationale : alors que Missy Eliott chante avec G-Dragon – le leader du groupe BIGBANG – sur le titre Niliria en 2013, que Snoop Dogg forme un duo avec Psy pour le titre Hangover qu’ils interprètent chez Jimmy Kimmel en 2014 – c’est le mégalomane Kanye West qui étonne davantage en posant sa voix sur le titre Ayyy Girl (2010) du boys band JYJ.

 

“Niliria” (2013) de G-Dragon, feat. Missy Elliott.

La K-pop tue

 

Soutenu par le gouvernement sud-coréen, le phénomène K-pop s’est construit sur des performances scéniques à couper le souffle. En résultent une influence culturelle et un gros coup de pub pour le pays qui partage ses frontières avec le régime dictatorial nord-coréen. Mais, ces derniers temps, la réputation de la K-pop a été entachée : enchaînant concerts, conférences de presse et événements promotionnels, les chanteurs stars subissent les dérives d’un milieu où compétitivité et exigence outrancière règnent en maîtres.

 

Chirurgies à répétition, drogue, sexisme et viols sont monnaie courante dans le monde la K-pop. Alors que la chanteuse Sulli – retrouvée morte chez elle début octobre – avait été harcelée sur Internet parce qu’elle refusait de porter un soutien-gorge, que Goo Hara s’est suicidée quelques jours plus tard dans des conditions encore troubles – harcelée par son ex-compagnon – c’est au tour du chanteur Cha In-ha d’ajouter son nom à la funeste liste des chanteurs coréens partis trop tôt. Des morts en série qui en disent long sur un milieu fait de strass et de paillettes, mais qui se révèle être le plus sombre de l’industrie musicale.

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