Les rues d’Alger, les HLM de la cité Curial-Cambrai à Paris (XIXe arrondissement) ne semblent rien à voir en commun si ce n’est les étiquettes que l’on essaie d’apposer sur leurs populations. C’est pourtant dans ces deux lieux – ainsi que dans le village Tizi Ouzou à l’Ouest d’Alger – que le groupe Bagarre a choisi de tourner son nouveau clip Kabylifornie. Mus, le batteur du groupe, présente son identité plurielle – française, algérienne et kabyle.

 

Je me présente, je m’appelle Mus et je vis ici, on dirait pas comme ça mais j’viens de Kabylifornie.” : ces premières phrases sonnent comme une revendication, une envie de prouver qu’une identité peut être multiple, mais également qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Rien n’empêche à un français d’origine algérienne d’aimer le rock, le skate, la vie nocturne tout en appréciant la culture du “bled” (de son pays d’origine). Il refuse ainsi tous les clichés préconçus, comme celui du beur ou du français émigré en mal d’intégration en affirmant “oui mes darons parlent bien français”.

 

Par ailleurs, si le fait de mettre dans une case n’est pas du goût de Mus il n’est pas le seul : le groupe Bagarre a sans cesse refusé que l’on classe sa musique dans une un genre. Depuis leur premier EP Bonsoir nous sommes Bagarre en 2014 ils ont sans relâche explosé les genres musicaux, dépassant même les limites de l’éclectisme : électro, punk, trap…. Leur dernier album CLUB 12345 avait d’ailleurs été allé encore plus loin en brouillant la nature de la “party track” qui commençait – avant même Kabylifornie – à prendre avec le titre Diamant, des tons engagés.