Alors que la voix de King Krule élucubre des paroles nébuleuses évoquant vaguement un téléphone portable, son titre est illustré par Jamie Wolf, une artiste de BD américaine au style criard et déchaîné. De la symbiose des deux arts découle un ensemble épileptique, presque agressif. Le saxophone de l’argentin Ignacio Salvadores se fait entendre en fond, comme un râle précipité. Les dessins de Wolf s’enchaînent, deux clowns effrayants se balancent sur des lignes téléphoniques. Puis l’explosion.

 

C’est donc en grande pompe que le musicien de Londres prépare la sortie de son album Man Alive !, qui sortira le 21 février. Directe réaction à la frénésie des concerts qu’il a enchaîné après The Ooz, cet opus pose la voix de l’artiste dans un tableau vivifiant. Une fois de plus, l’animal nocturne dont la voix caverneuse fait la fierté de l’Angleterre affirme son immense talent. Macrocosme concis, Cellular est une petite boule de nerf trahissant l’énergie de son auteur. La dernière parole clôt avec brio ce morceau enragé, dynamitant les précédentes, trop obscures pour les comprendre : "I phone my ex" (j’appelle mon ex).

 

Man Alive!, de King Krule, sortie le 21 février.