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Rencontre avec Michael Nau, héros sensible du folk américain

 

Auteur-compositeur prolifique, Michael Nau sort onze titres regroupés sur l’album “Mowing”. Un premier opus en solo dans la plus pure tradition pop folk américaine.

Photo : Whitney McGraw

Après huit ans de bons et loyaux services sous le nom Cotton Jones – groupe fondé aux côtés de sa femme Whitney McGraw, l’Américain Michael Nau a décidé d’ouvrir un nouveau chapitre de son parcours en se lançant dans une carrière solo. Enregistré entre le Maryland, Burlinghton et Nashville, son premier effort Mowing s’impose immédiatement comme un pur produit de l’Americana : pop dépouillée et enveloppante, parfois baroque (Winter Beat), et constamment évocatrice des vestiges d’une grande tradition folk.

 

Les spectres du Harvest Moon de Neil Young, de Nick Drake, mais aussi du regretté Elliott Smith planent sur ces compositions aux mélodies sublimes portées par une instrumentation minimaliste et une voix envoûtante au premier plan. “Je suis aussi très fan de JJ Cale d’ailleurs, je l’écoutais encore hier soir dans l’avion pour Paris. Pour lui, cependant, la comparaison s’arrête là : “Au fur et à mesure que la composition avançait, j’essayais surtout de me concentrer sur les musiciens qui travaillaient avec moi, sur ce qu’ils m’inspiraient. Pour moi, c’est la seule référence qui soit vraiment palpable. 

 

Car si l’album porte son nom, l’auteur-compositeur n’a pas pu se détacher de l’approche collective cultivée avec Page France, sa formation passée. “Il y a cinq ans, je me suis dit qu’il était temps que je planche sur un album solo, nous a-t-il raconté, mais j’étais trop immergé dans le travail et j’ai fini par perdre toute perspective sur mes compositions. C’est le fait de m’entourer et d’enregistrer live qui m’a redonné une capacité de jugement. 

Les spectres du Harvest Moon de Neil Young, de Nick Drake, mais aussi du regretté Elliott Smith planent sur ces compositions aux mélodies sublimes.

Le clip de Love Survive réalisé par Parallel Teeth.

Cela s’ajoute à un grand besoin de travailler de manière plus posée, pour minimiser l’angoisse qui peut parfois venir du fait de se lancer sans groupe pour amortir les chocs. Les sessions d’enregistrement se font donc de manière disparate au fil des années et des voyages, sans que l’artiste ne sache si cette matière sera utilisable ou pas au final. “Pendant toute cette période, je suis allé de ville en ville sans même être en tournée, explique-t-il. Je me suis arrangé pour gagner de l’argent en vendant du matériel, ce qui a rendu chaque configuration pour enregistrer différente. Les outils et les instruments variaient, et ça m’a réellement poussé hors de ma zone de confort pour tenter, à chaque fois, de réinventer le son. À la fin du processus uniquement, l’unité entre ces titres apparaît au musicien “comme un heureux accident”.

Je me considère davantage comme un musicien de scène que de studio.

Photo : Whitney McGraw

C’est cette approche funambule du songwriting qui a inspiré le nom de l’escapade instrumentale Mow, pour finalement donner le titre Mowing à l’album, “fauchage” en français. “Ce choix est un peu arbitraire au final, avoue-t-il, mais j’aimais le côté hésitant et instable de ce mot. Il est aussi lié au recoupement de ces morceaux épars, chacun avec son histoire et son caractère.” De ce vagabondage solitaire naît un travail parfois fourmillant aux côtés d’amis musiciens de confiance, comme Benny Yurco, qui a notamment tourné avec Bryan Adams. Enrichi par ce type d’interventions bienveillantes, l’album est presque intégralement enregistré en live. L’Américain se considère davantage comme un musicien de scène que de studio”, chose qui se vérifie en live car il préfère enregistrer tous les instruments simultanément.“Sur scène, tout est plus spontané, collaboratif. Mon esprit n’entrave pas mon plaisir avec des doutes et des remises en question perpétuelles.” Une harmonie salutaire qu’on retrouvera avec plaisir le 8 décembre sur la scène du Point Éphémère.

 

Michael Nau, Mowing (Full Time Hobby/[PIAS]), disponible.

 

 

Propos recueillis par : Marion Ottaviani

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