Pionnière de l’électroclash à la française, choc iconoclaste entre new wave et techno des années 1990, Miss Kittin – Caroline Hervé de son vrai nom – revient avec Cosmos. Lancé le 2 novembre, ce nouvel opus de 12 titres, est signé simplement Kittin, pseudo qu’elle utilisait au début de sa carrière, avant que son promoteur ne lui impose le préfixe, par souci de conformité avec les artistes françaises de l’époque. En récupérant son nom choisi il y a plus de 20 ans, Kittin renoue avec ses premiers émois musicaux, guidée par son désir de se concentrer sur “l’essence des accords et des textures”. Ici, pas de refrain, pas de rimes, pas de mesure à quatre temps. Kittin s’écarte de l’écriture traditionnelle, se libère des diktats de la pop et du dancefloor.

 

Inspiré de son séjour à la campagne française après une tournée harassante, ce projet au nom métaphysique est à ses yeux le plus spirituel de sa carrière. En orbite dans son Cosmos, Kittin diffuse une voix féminine semblable à celle d’un alien, qu’elle utilise en instrument central, résonnant sur une bande-son continue futuriste sans pause ni silence, comme une odyssée. Une ode à l’ambient et à l’électronica qui nous promène calmement dans l’inconnu. “Avec Cosmos, tout est énergie. Nous retournons à l’essentiel avec curiosité et liberté”, explique Kittin. Cosmos, c’est aussi le titre du livre de l'astronome américain Carl Sagan qui l’obsédait enfant.

 

C'est lorsqu'elle découvre la techno de Detroit lors de sa première rave que Caroline Hervé a une révélation : ce pont entre la new wave et l’électro provoque en elle le frisson ressenti à l'instant où l’air change avant un tremblement de terre. Un coup de foudre qu'elle décide, sans la moindre hésitation, d'écouter pour ne pas rentrer dans le moule de la société. Vingt ans plus tard, si elle reconnaît que l’électro règne en maître sur le monde entier, conjuguée à l’arrivée massive des DJ, la multiplication des clubs et le marketing de masse, Kittin n'a rien perdu de sa passion pour la musique électronique, comme en attestent les 12 titres de son album.

 

En attendant la sortie de Cosmos, Numéro dévoile en exclusivité un premier extrait intitulé “Question Everything”, un éloge de la curiosité dans les limbes des synthés.