Le collectif Acid Arab incarne un genre musical à lui seul. Avec un tel nom, difficile de se tromper : le groupe parisien mélange habilement musique électronique et mélodies du Moyen-Orient. Hervé Caravalho, Guido Minisky, Pierrot Casanova, Nicolas Borne et Kenzi Bourras ont déjà conquis le public français depuis Musique de France, premier album de 2016. Du sable au béton, des warehouses parisiennes aux sous-sols enfumés d’Istanbul, Acid Arab a su conjuguer le raï algérien, les chants du Sahel ou les poèmes des Bédouins à la rugosité de la techno. Cette année, en inaugurant le label Acid Arab Records, les six compères ouvrent la voie aux artistes orientaux tels que l’Égyptien Rozzma et le Palestinien Zenobia.

 

Pour le le projet Jdid, prévu le 18 novembre, Acid Arab convie le chanteur jordanien Hasan Minawi, la starlette algerienne Amel Whaby, le chanteur de raï Sofiane Saidi ou encore Les Filles de Illighadad, groupe féminin de musique touarègue très en vogue. L’album s’ouvre avec Staifia, morceau qui accorde à la voix de la chanteuse algérienne Radia Menel un aspect incantatoire, aspect renforcé par une rythmique cardiaque et des notes de gasba (flûte de roseau traditionnelle). Le morceau Electrique Yarghol allie quant à lui un beat techno à des boucles entêtantes de yarghol, double hautbois de Palestine. Résolument envoutant, Soulan qui signifie “doucement” au Niger, fait vibrer la voix des Filles de Illighadad, puis s’en suit Was Was sombre morceaux d’acid house. L’album se finit avec Malek Ya Zahri dont le raï des années 80 met en valeur le timbre singulier de la chanteuse Cheikha Hadjla. En concert à Rennes le 7 décembre aux Transmusicales, le groupe Acid Arab passera également à Paris le 31 janvier à l’Élysée Montmartre.

 

Jdid d’Acid Arab, disponible le 18 novembre.