Le 24 novembre dernier, sur l'iconique scène de l'Hollywood Bowl de Los Angeles, Kanye West a presenté Nebuchadnezzar, sa nouvelle création spirituelle. Vêtu de blanc, la chorale de son Sunday Service entonnait de douces vocalises gospel... soudainement tranchées par le cri rauque de Sheck Wes, rappeur et mannequin américain connu pour Mo Bamba, hymne du rap US moderne. Wes y arbore une cape en plastique bleu électrique — couleur du dernier opus Jesus is King de Kanye West — et incarne Nabuchodonosor, le roi de Babylone vénéré de l'ancienne Mésopotamie (en 605 av. J.-C.).

 

Nouvel hobby du mari de Kim Kardashian, le christianisme est au centre de cet opéra au nom imprononçable. De sa parole quasi divine, West y conte, en coulisse, l’histoire de la rédemption par la foi du destructeur du premier temple de Salomon à Jérusalem. S’appuyant sur le Livre de Daniel, le rappeur mégalomane devient narrateur et retrace l’évolution de Nabuchodonosor, roi impérieux et autoritaire devenu fervent croyant. Conçu selon lui comme l’expression de sa foi religieuse et de son amour pour l’art, Kanye West a souhaité intégrer à son opéra des éléments des beaux-arts, de la danse moderne, et du gospel.

 

Autoproclamé meilleur artiste de l’histoire, le rappeur d’Atlanta n’a cependant pas reçu les meilleurs critiques, sa dernière extravagance.ayant été taxée d’“échec retentissant” par The New York Post, tandis que  le quotidien britannique The Guardian qualifie quant à lui le show d’étrange et d’égocentrique. Commençant avec plus de deux heures de retard, et contenant des contretemps ridicules, Nebuchadnezzar est un caprice de plus.