“À la fin des années 90, certains jeunes des quartiers sensibles ont plongé dans le grand banditisme. À l’époque, j’étais encore “dans la rue”, je m’étais fait connaître avec un concept de rap mafieux et tout ce que je voyais influait sur mon écriture. 1998, je venais de sortir L’Enfant seul. 

 

Je suis à Sevran, en Seine-Saint-Denis, et j’attends des potes devant un parking, un lieu de rendez-vous privilégié. Un gosse débarque, s’arrête devant moi et me regarde. Enfin, il me dévisage plus qu’il ne me regarde… Je lui fais :

 

— Ça va ?

– Ouais… C’est toi Oxmo ?

– Ouais.

– C’est ta voiture là ?

Je me retourne. Une Mercedes dernier cri.

– Bah non c’est pas ma voiture. Pourquoi ?

– Non, non, comme ça…

 

Quand j’ai sorti Mama Lova avec Kheops, le simple fait de rouler dans sa voiture faisait jaser. Un bruit de fou. Les gens pensaient que c’était la mienne. Ce petit qui s’est pointé dans le parking s’est fait une image de moi, une image que je n’avais pas du tout envie de donner. Je voulais qu’on me prenne pour Don Corleone, pour John Gotti. Pas pour le roi du rap de gangster avec un blouson en cuir et des chaînes en or…

 

Le type qui roule dans une grosse voiture avec une jolie fille – qui n’est même pas sa meuf – se contente de stocker du rêve. Il veut juste être quelqu’un. Qu’on l’aime, qu’on le respecte, qu’on parle de lui… Les gens oublient qu’à l’origine, le rap est une musique de looser.”

 

 

 

Découvrez l’interview intégrale d’Oxmo Puccino