11 Octobre

Rencontre avec Parcels, le groupe australien propulsé par les Daft Punk

 

Avec leurs moustaches et leurs mèches rebelles, les cinq Australiens au look seventies feraient figure d'ovnis, si ce n'était ce funk rafraîchissant qui fait danser les foules du monde entier. Après avoir sorti l’EP Hideout en 2017 et s’être fait remarquer par les Daft Punk qui ont produit le tube Overnight, le groupe Parcels sort enfin son premier album.

Par Marthe Rousseau, Portraits Mehdi Mendas

Patrick Hetherington, claviériste du groupe Parcels porte une chemise Neith Nyer.

Avec leurs moustaches et leurs longues chevelures façon hippie, on les croirait tout droit sortis des années 70. Leurs voix rappellent d’ailleurs les groupes mythiques de ces années-là, à l’image des incontournables Beach Boys ou de Crosby, Stills, Nash & Young, formation folk des années 1960. Pourtant, la touche groovy de ces cinq Australiens (âgés de 21 à 24 ans) est bien le résultat de multiples influences contemporaines. Un mix entre les synthés pop de Metronomy et la French touch des Daft Punk. Le duo français les a d’ailleurs pris sous son aile pour produire le tube Overnight diffusé sur toutes les ondes pendant tout l’été en 2017. Anatole Serret (percussions), le chanteur Jules Crommelin (guitare), Louie Swain (claviers), Noah Hill (basse) et Patrick Hetherington (claviers) sortent aujourd’hui leur premier album, sobrement intitulé Parcels

 

Jules Crommelin, chanteur et guitariste du groupe Parcels porte une chemise Neith Nyer.

Louie Swain, claviériste du groupe Parcels porte une chemise Neith Nyer.

Formé en 2014, les amis d’enfance de Byron Bay [ville côtière du sud de l’Australie) ont été bercés par une ville propice à la création : “On a grandi ensemble, dans la même ville, la plupart d’entre nous dans la même école. Nos parents sont musiciens et nous ont encouragés à faire de la musique à notre tour. Ça a été assez naturel finalement.” déclare Noah. Le chanteur, Jules, se remémore quant à lui l’un des événements les plus marquants de l’année à Byron Bay : “Quand j’étais enfant j’allais dans un festival de blues à Byron Bay et j’étais fasciné par ces groupes incroyables venus de Chicago. Je voulais alors devenir un guitariste de blues moi aussi.”. Les autres approuvent, fascinés par ce festival créé en 1990 où se produisent aussi des groupes de funk. Résultat, de multiples influences que les cinq chérubins traduisent en musique, avec toujours le même mot d’ordre “It’s gonna be groovy”.

 

 

Dans Parcels, on retrouve les mélodies folk des années 70 portées par les cinq voix du groupe à l’harmonie quasi liturgique, mais les synthés et les guitares rythmiques apportent une énergie nouvelle.

Noah Hill, bassiste du groupe Parcels porte une chemise Neith Nyer.

Anatole Serret, percussionniste du groupe Parcels porte une chemise Neith Nyer.

En 2015, Parcels quitte son fief et prend ses quartiers dans l’épicentre de la techno : Berlin. De quoi consolider encore davantage les liens de ces gueules d’ange : “On a réalisé en quittant l’Australie et en venant habiter à Berlin, que le groupe était tout ce qui nous restait. Sans job, sans argent, sans aucun plan, nous étions livrés à nous-mêmes.” explique Patrick. À Berlin, ils enrichissent leurs inspirations déjà foisonnantes, et découvrent une scène électronique fertile jusqu’ici méconnue. Et si le groupe a commencé par produire de la musique électronique sur ordinateur il compte bien réveler sa véritable identité avec ce premier album : “Avec notre dernier EP [Hideout, 2017], on nous a qualifié de groupe électro ou disco. Nous ne ressentons plus ça aujourd’hui, nous avons envie au contraire de présenter une autre facette de notre musique à travers nos influences blues, folk et rock. Cet album est très honnête, les gens peuvent comprendre qui nous sommes après l’avoir écouté.” Déclarent-ils à tour de rôle. 

 

En effet, ce premier album est un savant mélange. On y retrouve les mélodies folk des années 70 portées par les cinq voix du groupe à l’harmonie quasi liturgique, mais les synthés et les guitares rythmiques apportent une énergie nouvelle. Funky, oui, à l’image du titre Tieduprightnow sorti fin avril. Certains seront aussi surpris d’entendre des balades comme le titre Yourfault, ou le très épuré Bemyself. En bonus, le groupe qui ne manque pas d’autodérision remercie, en featuring avec le rappeur berlinois Dean Dawson, tous ceux qui ont aidé de près ou de loin à réaliser cet album, des Blues Brothers, (film phare pour Jules), aux frères et sœurs des membres… Un premier album qui ralentit parfois la cadence mais n’en reste pas moins groovy

 

 

L’album Parcels [Kitsuné/Because Music], de Parcels, disponible le 12 octobre .

Parcels — “Withorwithout” (Official Trailer)

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