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07 Février

Raveena, la hippie tout droit sortie de Bollywood

 

À 26 ans, Raveena ne cesse d’enchanter son public avec ses hymnes fleuris et ses performances psychédéliques. Son nouvel EP, “Moonstone”, sortira le 7 février. Portrait d'une chanteuse qui mêle les héritages musicaux indiens et américains.

Par Emma Naroumbo Armaing

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Tenues multicolores extravagantes et motifs psychédéliques… Raveena enchante par son style tout droit sorti de l’ère du Summer of Love. Entourée de fleurs géantes et de champignons vert et bleu lorsqu’elle se produit sur scène, cette Dame Nature moderne réinvestit l’esprit Flower Power des années 60 et 70. Bindi au milieu du front, elle revendique pleinement ses origines indiennes et affiche un sourire rayonnant lorsqu’elle se produit sur la scène des Tiny Desk Concert, en décembre 2019. Emporté par son esthétique surréaliste, le spectateur passe des plages aux forêts de Californie, de simples appartements new-yorkais aux riches intérieurs or, rouge et rose dignes de films bollywoodiens.

“Petal” extrait de l'album “Lucid” (2019) de Raveena.

Originaire du Massachussetts, la chanteuse et compositrice de 26 ans fait sensation aux États-Unis avec son premier album, Lucid, sorti en 2019. Douze titres qui s’écoutent comme un seul et unique morceau de quarante-cinq minutes. Raveena nous prend par la main et nous entraîne dans un cocon de douceur. Un savant mélange entre R&B épuré –dénué de ses aspects bling-bling et de ses élans vocaux performatifs – et soul rêveuse et planante. Sa voix chaude et envoûtante rappelle celle de Sade.

“Stronger” extrait de l'album “Lucid” (2019) de Raveena.

Sous ses airs frivoles, Raveena s’attaque pourtant à des sujets durs : elle évoque les relations abusives et toxiques que des hommes violents lui ont fait subir. Ainsi, la contruction du titre Stronger se calque sur le déroulement de sa propre vie: les traumatismes physiques et psychologiques qu'elle a traversé puis sa reconstruction progressive. Dans le clip, Raveena se retrouve ligotée à une poutre par trois hommes, à l'intérieur d'une grange, et finit seule, assise en majestée sur une balançoire, l'horizon comme toile de fond.

 

En affirmant ouvertement sa bisexualité dans ses textes et les vidéos qu’elle réalise elle-même, Raveena prône la libération sexuelle, soulevant le lourd tabou qu'elle pu a ressentir au sein de sa communauté indienne, plutôt conservatrice à ce propos. Après des années de silence, elle assume aujourd'hui ouvertement son attirance aussi bien pour les femmes que pour les hommes. C’est peut-être pourquoi l’exploration du plaisir et l’expérimentation sont au centre de son œuvre. Et cet hédonisme assuré, targué de tons roses glossy qui illuminent son clip Headaches (2020), insuffle une joie de vivre rafraîchissante. 

“Headaches” (2020) de Raveena.

Américaine d’origine indienne, elle narre justement l’expérience de la diaspora indienne aux États-Unis. Le terme “espace” est ce qui caractérise peut-être la musique de Raveena. Toute l’instrumentalisation est mise au service de la création d’un espace dans lequel son public pénètre. Elle érige alors un sanctuaire capable de guérir ses maux… par les mots. Ce havre de paix inscrit sa musique dans “une réflexion spirituelle”, selon ses propres termes, et son aura angélique appelle à la contemplation. 

 

Nouvel EP Moonstone disponible le 7 février prochain.

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