19 Novembre

Qui sont les nouvelles muses du R’n’B britannique ?

 

Dans la lignée de Jorja Smith, elles s’appellent Mahalia, Ama Lou et Ray BLK, et leur musique, magnétique et novatrice, séduit aujourd’hui des artistes comme Drake ou Gorillaz.

Par Naomi Clément

Mahalia :

 

Du haut de ses 20 ans, Mahalia est considérée comme la relève de la soul et R’n’B britannique. Et pour cause : cette native de Leicester est à l’origine d’une musique envoûtante et introspective, qui s’inscrit dans l’héritage de grandes voix comme Amy Winehouse, Lauryn Hill, India.Arie ou encore Adele, qu’elle cite d’ailleurs parmi ses plus grandes influences.

 

Si elle décroche un contrat avec une maison de disque à 13 ans et dévoile son premier album à l’âge de 16, ce n’est qu’à la fin de l’année 2017 que sa carrière décolle véritablement, propulsée par son passage dans le studio monochrome de COLORS, où elle interpète son morceau “Sober” (la vidéo cumule à ce jour plus de 20 millions de vues).

 

Depuis, Mahalia n’a pas chômé : en plus d’avoir assuré des dizaines de dates à travers l’Europe, dont déjà deux à Paris, la prolifique chanteuse et guitariste a également offert une série de singles forts, dont Hold On, I Wish I Missed My Ex ou encore Proud of Me, en collaboration avec sa comparse Little Simz. Le 21 septembre dernier, elle offrait Seasons, un nouvel EP de six titres qui ne fait que confirmer l’étendu de son talent.

“One Night Only” de Mahalia

Ama Lou :

 

Originaire du Nord de Londres, Ama Lou est une chanteuse de 19 ans dont le R’n’B alternatif a déjà attiré l’oreille de nombreux artistes. Parmi eux, la captivante Jorja Smith, avec laquelle elle s’est envolée en tournée un peu plus tôt cette année, mais aussi le tout-puissant Drake, qui a récemment confié avoir écouté Ama Lou durant la création de son dernier album Scorpion

 

C’est que la musique de cette jeune femme n’est pas seulement envoûtante : elle est aussi politique. En 2016, son premier single TBC dénonçait les tueries policières perpétrées à l’égard de la communauté afro-américaine aux États-Unis, faisant directement référence à la mort d’Eric Garner (“I can’t, I can’t, I can’t breathe”, y chante-t-elle). Et son second titre, baptisé Not Always, s’attaquait quant à lui à la notion de genre.

 

Pour autant, cette fan d’Ella Fitzgerald, de Dolly Parton et de Gil Scott-Heron refuse que l’on cantonne sa musique à une arme politique. “Après la sortie de mes deux premiers singles on m’a souvent décrite comme une artiste politique, et j’ai pensé bon de changer cette vision”, confiait-elle à Pigeons and Planes. “L’engagement reste une partie intégrante de ma musique, mais je ne veux pas qu’elle se limite à cela. Je ne veux placer aucune restriction à ma musique.” 

 

La preuve avec le poétique DDD, paru en mars dernier. Un sublime EP de trois titres, illustré par un superbe film sous forme de tryptique, qu’Ama Lou a elle-même écrit et réalisé. Une artiste complète, qui promet de marquer l’année 2019 de son inspirante vision.

“DDD” d’Ama Lou

Ray Blk :

 

On la découvrait en 2016, puissante et enchanteresse, avec My Hood. Un single extrait de l’EP Durt, à travers lequel elle exposait sa voix singulière et son écriture authentique. Deux ans après ces débuts, Rita Ekwere alias Ray Blk est à présent l’une des artistes les plus prisées de la scène britannique. 

 

Récompensée du prestigieux prix “BBC's Sound of 2017”, créditée sur le dernier album de Gorillaz, cette Londonienne native du Nigeria propose une néo-soul teintée de R’n’B, sincère et galvanisante, qui célèbre continuellement les femmes. 

 

Son premier EP Havisham, sorti sur son propre label en 2015, est inspiré par Miss Havisham, personnage central du roman Les Grandes Espérances de Charles Dickens. Quant à ses clips, ils rendent aussi bien hommage à sa mère (Mama) qu’aux individus transgenres (Chill Out).

 

Ce message féministe, on le retrouvait récemment au cœur de son premier album Empress. Un disque sur la pochette duquel Ray Blk s’affichait entourée d’un groupe de jeunes filles métissées qu’elle décrivait d’ailleurs sur Instagram comme une invitation “à s’aimer, et à ne pas avoir peur de viser haut”

 

 

“My Hood” de Ray Blk et Stormzy

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