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Les nouveaux rois de la pop: Benjamin Clementine

 

Britannique de naissance mais parisien d’adoption, ce doux géant préfère Brel et Piaf aux sautillements primesautiers de Blur et de Lily Allen. Ses envolées mélodramatiques au piano font chavirer les cœurs partout où il passe.

Loin du profil rugueux de leurs aînés des années 60-70, Hozier, Tom Odell, James Bay, George Ezra, Benjamin Clementine et Jake Bugg incarnent un nouveau visage de la pop britannique, plus édulcoré et consensuel, qui rassemble les générations autour de sa musique aux influences folks, gospel ou country savamment diluées. Cette redoutabledream team de minets pose ici devant l’objectif du légendaire David Bailey, qui a immortalisé l’allure de Mick Jagger et consorts à la grande époque du Swinging London.

Photo David Bailey.

 

Manteau en drap de laine à col en velours milleraies, LANVIN.

À Londres, ville qu’il a quittée depuis quatre ans, Benjamin Clementine est aujourd’hui un parfait anonyme. Si les gens se retournent sur son passage, c’est seulement pour admirer sa longue silhouette et son port de tête de statue d’ébène. En France, sa patrie d’adoption, il est en revanche l’une des plus belles révélations musicales des derniers mois. Depuis la parution de son premier album, At Least for Now, début 2015, ses chansons à l’intensité mélodramatique et sa voix capiteuse ont percé le cœur d’un large public. Mais avant ça, ceux qui prenaient le métro parisien ont peut-être aperçu ce géant aux pieds nus lorsque, pour survivre, il chantait dans les rames, mais jamais dans l’indifférence. C’est ainsi – selon une légende mille fois racontée – qu’il fut repéré par un directeur artistique, passant directement du passe Navigo à une major company qui n’aura pas eu à regretter son ticket. Certes, l’histoire est belle, mais elle n’est que l’aboutissement heureux d’un parcours plus chaotique qui a vu ce dernier enfant d’une fratrie de quatre s’imposer grâce à une force de conviction inébranlable. “J’ai écrit les chansons de cet album dans un état d’urgence absolu”, dit-il d’une voix posée mais emplie de la même fièvre que lorsqu’il chante. “Je n’ai pas pensé aux gens qui les écouteraient, je n’avais pas ce genre d’idées en tête, il fallait juste qu’elles sortent.Pianiste intuitif ayant découvert l’instrument à l’âge de 11 ans à travers Erik Satie, Clementine n’a jamais été dans son élément avec la musique anglaise et ses modes furtives.

 

Son vrai socle d’inspiration se situe plutôt en France, parmi les fantômes des chers disparus que sont Léo Ferré, Édith Piaf ou Henri Salvador. Il a découvert Brel à travers son interprétation par Nina Simone, la plus précieuse de ces idoles, celle dont il retrouve en scène la force tellurique et l’apesanteur spirituelle. Ses chansons, souvent libres et mouvantes comme un torrent discontinu, il les compose au fil de la plume, commençant par des poèmes qu’il habille ensuite de piano en improvisant. “J’aime garder cette liberté de modeler mes chansons autour des mots, sans obéir à des règles musicales orthodoxes. Pendant longtemps, je n’ai pas dit un mot. Je ne parlais pas, j’étais fermé à double tour et rien d’autre ne sortait que les mots basiques qui permettent de survivre. C’est la musique qui a libéré ma parole, c’est pour ça qu’il y a tant de mots dans mes chansons. Ce sont les mots que je n’ai pas prononcés durant la première partie de ma vie. Ils étaient là, en réserve, et ils attendaient le bon canal pour sortir.” De ses origines ghanéennes, il a conservé une sagesse qui n’est que le paravent trompeur d’un intense bouillonnement intérieur. De son Angleterre natale, il possède une distinction de dandy sans jamais la cultiver. De la France, il estime avoir tout le reste : J’aime dire aux gens que je suis français. J’ai l’impression d’être né une seconde fois quand je suis arrivé en France. D’ailleurs je mériterais un passeport français.” À 26 ans, ce Benjamin a déjà la prestance d’un aîné.

 

Retrouvez cet article dans son intégralité dans le Numéro Homme Force automne-hiver 2015, disponible actuellement en kiosque et sur iPad.

 

 

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Par Christophe Conte

Channel Tres danse en salopette de pêcheur
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