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27 Février

Tame Impala revient en force avec “The Slow Rush”

 

Après cinq ans d’absence, les Australiens de Tame Impala sont de retour avec The Slow Rush (2020). Un quatrième album introspectif signé Kevin Parker, qui asseoit la place de Tame Impala au panthéon musical de cette dernière décennie.

Par Emma Naroumbo Armaing

Pochette de l'album "The Slow Rush" (2020) de Tame Impala.

The Slow Rush, le très attendu quatrième album de Tame Impala, vient d'être dévoilé après cinq ans d’absence du groupe australien de la scène musicale. Dès octobre 2019, Kevin Parker, chanteur et leader du groupe se met en scène dans une vidéo inédite pour annoncer la sortie prochaine de l’album, et nous initie à son “slow rush”. Une hâte douce et lente à valeur programmatique : tout l’album danse autour de l’éphémère, de l’écoulement du temps et de la perception de celui-ci. En soliste à l’écriture, à la composition et à la production des douze titres de l’album, l’Australien de 34 ans sera rejoint par ses musiciens au complet pour une tournée mondiale à partir de mars 2020.

 

La perméabilité des genres restant la marque de fabrique de Tame Impala, The Slow Rush fait se côtoyer des sonorités proches de celles de Supertramp, de Daft Punk ou des Chemical Brothers, distillées dans des touches funk, disco, break beat et rock psyché. Un album condensé mais égal dans l’intensité de ses morceaux. A la manière d’un chopped and screwed (caractéristique du hip-hop des années 90 cette technique consiste à hacher et ralentir le tempo d’un sample), Kevin Parker nous invite à ralentir le rythme paranoïaque et apocalyptique propre à son précédent album. Cinq ans après Let It Happen, titre phare de Currents (2015), troisième album studio sacré Grammy du Meilleur Album en 2016, Tame Impala opère une rupture esthétique vers un album aux textes et mélodies plus apaisés et tournés vers la reconciliation. The Slow Rush, comme un calme après la tempête de Currents.

"Let It Happen" extrait de l'album "Currents" (2015) de Tame Impala.

Le paysage de la pochette d’album – tel un lendemain d'apocalypse – dessine visuellement ce retour au calme, avec une photo prise dans une maison abandonnée du village fantôme de Kolmanskop en Namibie. Les murs revêtus d'un rouge saillant contrastent avec le bleu vif du ciel et la soyeuse vague de sable qui envahit cet espace, abandonné. Rappelant l'inexorable sablier qui compte les minutes, du néant, symbole du passage du temps et de la ruine, l’écoulement du sable est la ligne directrice de The Slow Rush. Un memento mori persistant et silencieux face à l’éphémère de chaque note.

 

Construit comme un cycle allant d’une année à une heure, l’album explore – sur le temps long d'une vie – les grands événements qui la scandent : la ballade nostalgique du titre Posthumous Forgiveness ressasse le passé compliqué de Kevin Parker avec son père aujourd’hui décédé, tandis que qu’Instant Destiny s’attarde sur le mariage du chanteur et contemple la permanence des relations amoureuses. “Do you remember we were standing here a year ago?” questionne Kevin Parker dans son titre d'ouverture One More Year. Une interrogation qui sera renouvellée jusqu'à la clôture de l'album avec One More Hour, comme pour marquer le chemin parcouru dans sa vie personnelle et sa maturité artistique acquise à la tête d’un groupe actif depuis 2007.

"One more Year" extrait de l'album "The Slow Rush" (2020) de Tame Impala.

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