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17

Damien Hirst : la cover star du Numéro art 8 investit la Fondation Cartier

Numéro art

L’artiste star britannique, photographié par Lea Colombo, est en couverture du Numéro art 8, actuellement en kiosque. Damien Hirst n’a pas fini de surprendre. Sa nouvelle obsession? Les cerisiers en fleurs, qu’il métamorphose en explosions de couleurs viscérales au sein de toiles monumentales. Une nouvelle série, présentée à partir du 6 juillet à la Fondation Cartier à Paris, qui marque un tournant décisif pour la star britannique habituée des polémiques. Explications.

 

 

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Damien Hirst photographié par Lea Colombo, en couverture du Numéro art #8.

Damien Hirst, en bad boy rusé de l’art contemporain, apparaît toujours où on ne l’attend pas. Son exposition monumentale à la Collection Pinault à Venise en 2017 avait laissé le monde de l’art K.-O. Des dizaines de sculptures (faux artefacts issus de toutes les civilisations mais présentés par l’artiste comme des vrais) s’accumulaient de manière démesurée avec un sens du kitsch assumé. En créant ce récit d’une vérité alternative (les artefacts viendraient d’un galion ayant fait naufrage), Damien Hirst faisait entrer la post-vérité dans le domaine artistique. Depuis, la star britannique s’est concentrée sur la peinture. En trois ans, il aura produit 107 toiles gigantesques de sa série Cerisiers en fleurs. Une explosion de couleurs viscérales. Autre genre, autre style ? Pas si sûr. En réalité, comme le souligne dans son texte Tim Marlow, grand connaisseur de l’artiste et directeur du Design Museum de Londres, Damien Hirst a toujours eu pour sujet l’histoire de l’art elle-même, assumant ses emprunts et références avec effronterie. Des artefacts des civilisations inca ou antiques à Venise aux peintures de Van Gogh, Bonnard ou De Kooning pour ses plus récentes créations, l’artiste apparaît comme un ogre se nourrissant avec envie et délectation de toute l’histoire de l’art. Qui pouvait photographier un tel monstre dans son repaire ?

 

 

 

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À moins de 30 ans, la photographe Lea Colombo pourrait apparaître comme son antithèse. Née en Afrique du Sud, au Cap, elle se passionne très jeune pour l’art et la photo mais assume n’avoir jamais beaucoup aimé l’école et ne pas avoir vraiment étudié les grands classiques. Intuitivement, elle devient faiseuse d’images plus que simple photographe : le médium photographique est retravaillé en chambre noire. Elle y joue – le mot est essentiel pour elle – avec la couleur, ajoutant des couches, des dessins, des inscriptions sur sa production initiale avec une liberté folle, et une naïveté rafraîchissante et jubilatoire. De ses premiers clichés dans les backstages des défilés parisiens (elle s’est installée à Paris au début des années 2010 avant de rejoindre Londres) à ses recherches plastiques plus récentes (une exposition lui sera consacrée en juillet au Cap, mêlant ses images à ses sculptures et dessins), l’œuvre de Lea Colombo s’est complexifiée et densifiée mais a toujours préservé son cœur : la couleur, omniprésente, frontale et explosive, comme un boxeur qui viendrait taper dans l’œil du regardeur pour atteindre tout son corps.

 

 

Sa série réalisée pour ce Numéro art dans le studio de Damien Hirst évoque immanquablement l’histoire de la photographie d’atelier : les clichés de pots de peinture, l’artiste dans son fauteuil, en pleine réflexion... Une histoire que Lea Colombo revisite dans un geste formel chaotique, transgressif et radical, aidée en cela par Damien Hirst lui-même, toujours prêt à jouer (le terme, finalement, convient aux deux artistes) son personnage de trublion devant l’objectif. La couverture réalisée pour l’occasion, classique d’appa- rence, rappelle quant à elle les portraits des grands maîtres flamands... mais l’hommage est aussi détourné, la pose rendue comique, l’artiste burlesque. Certes, c’est en auto- didacte que Lea Colombo a construit son univers. Et l’absence initiale de références a été libératoire chez elle. Mais l’histoire de l’art a fini par la rattraper elle aussi. Parce que l’histoire de l’art est un répertoire de formes, de concepts et de couleurs dont aucun faiseur d’images ne voudrait se priver.

 

 

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“The Valley of the Shadow of Death Blossom”, 2019, Damien Hirst.

Peter Doig, star de la peinture, le souligne lui aussi dans ces pages : “Ce qui a changé entre Matisse et moi, c’est qu’il y a eu l’expressionnisme abstrait, le minimalisme et tant d’autres mouvements qui ont apporté de nouvelles références, de nouvelles techniques, et ont donc permis de nouvelles possibilités en peinture.” L’artiste se plaît souvent à citer une exposition historique du Louvre, fondatrice pour lui. Elle eut lieu en 1993. “Elle était tout entière articulée autour de l’idée que le musée avait été utilisé par les artistes pour copier des œuvres. Matisse copiait Géricault, et ainsi de suite.” Son nom ? Copier Créer. Le programme est toujours d’actualité.

 

 

 

Retrouvez, dans le Numéro art 8, l’ensemble des photos de Lea Colombo ainsi que le texte inédit de Tim Marlow, ancien directeur artistique de la Royal Academy of Arts de Londres et Directeur du Design Museum, sur la série Cherry Blossoms présentée à la Fondation Cartier.

 

 

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