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Numéro
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FIAC digitale : 6 artistes qui électrisent la scène française

Numéro art

Numéro art a sélectionné 6 œuvres réalisées par des artistes de la scène française parmi la riche programmation de la première FIAC intégralement digitale, présentée du 4 au 7 mars 2021 (2 et 3 mars pour les VIP). 

  • Tursic & Mille, “Bettie et les hiboux“ (2020). 25,000 - 50,000 €. Courtesy of Almine Rech Gallery

1. Ida Tursic & Wilfried Mille à la galerie Almine Rech : Bettie et les hiboux (2020)

 

 

En 1974, Ida Tursic naît à Belgrade pendant que Wilfried Mille voit le jour à Boulogne-sur-Mer. C’est à l’école des beaux-arts de Dijon que le tandem se rencontre, se forme, avant de se marier plus tard et décider de travailler à quatre mains. Volontiers provocatrice, sexuelle mais non sans humour, leur peinture mélange leurs références et les images dans de véritables collages de matière et de formes où les personnages exultent et les couleurs coulent, et vaudra au duo d’être finaliste du prix Marcel Duchamp en 2019. Sur cette toile mesurant deux mètres de haut, deux harfangs géants rencontrent la silhouette d’une pin-up dénudée, pertinente illustration de leur goût pour l’absurde et la transgression.

Mohamed Bourouissa, “Valentina“ (2020). 50,000 €. Courtesy of kamel mennour gallery

2. Mohamed Bourouissa à la galerie Kamel Mennour : Valentina (2020)

 

 

Mohamed Bourouissa appartient à cette génération d’artistes qui font le bonheur et la fierté d’une scène française revivifiée depuis quinze ans. Des artistes, nés entre la fin des années 70 et les années 80, qui ont décidé d’être en prise sur leur temps en intégrant aussi bien à leur pratique les enjeux du marché et de la globalisation, les nouvelles technologies que les mutations de la société. De ses photographies de jeunes de banlieue à ses installations sonores mettant les plantes à l’honneur, en passant par ses films suivant les parades de cavaliers afro-américains, les sujets de ce Franco-Algérien sont aussi divers que ses techniques. Parmi ses œuvres caractéristiques et les plus commerciales, on retiendra sans doute ses sculptures à partir de carrosseries de voitures où l’artiste imprime des fragments d’images, comme ce modèle vendu à la FIAC à 50 000 euros.

Matthew Lutz-Kinoy, “Then Back to Paris” (2021). 25,000 €. Courtesy of Fitzpatrick Gallery

3. Matthew Lutz-Kinoy à la Fitzpatrick Gallery : Then Back to Paris (2021)

 

 

À travers ses peintures monumentales, ses performances, ses impressions, sculptures mais aussi céramiques, Matthew Lutz-Kinoy écrit depuis une quinzaine d’années déjà ses propres mythologies. Et celles-ci puisent aussi bien dans la mode, dans la peinture du XVIIIe siècle que dans l’iconographie et la culture queer et la musique pop, dont les personnages, visages, corps fragmentés et animaux imaginés par ce New-Yorkais de naissance matérialisent la rencontre. Réalisée à base d’acrylique et de pochoirs, sa toile grand format proposée par la galerie Fitzpatrick dessine un paysage impossible en couleurs pastel, devant lequel le spectateur n’a de choix que de délaisser la rationalité pour mieux se plonger dans l’onirisme.

Marguerite Humeau, “Waste I – 1 (A respiratory tract mutating into industrial waste)” (2019). 22,000 €. Courtesy of C L E A R I N G Gallery

4. Marguerite Humeau à la galerie CLEARING : Waste I – 1 (A respiratory tract mutating into industrial waste) (2019)

 

 

Entre archaïsme et futurisme, la pratique de Marguerite Humeau se saisit des formes du vivant pour inventer les créatures d’une réalité fantasmée. La plasticienne française, qui ne cesse de voir son travail consacré par le monde de l’art, compose ainsi son propre bestiaire où les arts premiers, l’archéologie, la science-fiction et la biologie cohabitent avec l’harmonie permise par ses expérimentations. La plupart du temps dessinées puis modélises numériquement, voire imprimées en 3D, ses sculptures aux lignes pures et aux couleurs très claires d’apparence artificielles sont souvent réalisées dans la résine et le silicone. En atteste cet exosquelette blanc pourvu de nageoires, qui dessine l’enveloppe invisible d’un poisson imaginaire.

David Douard, “Feel It“ (2020). 16,000 €. Courtesy of Chantal Crousel Gallery

5. David Douard à la galerie Chantal Crousel : Feel It (2020)

 

 

Créatures fusionnant l’humain, l’objet et l’animal, grilles de fer en paravent, lustres-paniers et collages de textes… Entre sculptures et installations, les œuvres de David Douard mettent à l’honneur l’hybridation d’éléments hétéroclites dans des environnements post-modernes et post-humains mêlant l’organique au technologique. Fin septembre dernier, le plasticien français investissait la totalité de l’espace du Frac Île-de-France, au-dessus du parc des Buttes-Chaumont, avec un projet d’exposition inédit malheureusement fermé eau public prématurément. Reprenant l’un de ses motifs phares, cette sculpture bâtie à l’intérieur d’un cadre métallique donne corps à l’image et au texte en les superposant à l'aide de la sérigraphie sur des tissus translucides, entre lesquels s’interposent quelques fragments d’objets.

Gaspar Willmannn, “JUMAP (Edelweiss)” (2021). 4,500 €. Courtesy of Exo exo Gallery

6. Gaspar Willmann à la galerie Exo exo : JUMAP (Edelweiss) (2021)

 

 

Diplômé des Beaux-Arts en 2019, Gaspar Willmann envisage ses peintures tels des photomontages. D’abord retouchées sur Photoshop, puis à la peinture à l’huile sur la toile imprimée, ses créations entremêlent ses propres photos et d’autres, trouvées au hasard sur Internet : ici, les multiprises s’agrègent aux cadavres de bouteilles en verre vidées et autres déchets pour composer une nouvelle forme de nature morte, transfigurant la banalité de nos sociétés contemporaines. Poursuivant la réflexion sur la production et la circulation des images, le Français se pose déjà, à 25 ans à peine, en digne héritier de Seth Price.

 

 

Découvrez la première édition digitale de la FIAC du 4 au 7 mars 2021 ici.