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Numéro
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FIAC digitale : 7 œuvres à plus de 200 000 euros qu'on aimerait avoir chez soi

Numéro art

208 galeries françaises et étrangères issues de 28 pays : la programmation de la première FIAC intégralement digitale, présentée du 4 au 7 mars 2021 (2 et 3 mars pour les VIP), frappe fort. Prenant sa revanche sur l'annulation de sa dernière édition physique, en 2020, la foire internationale d'art contemporain dévoile pour l'occasion une plateforme inédite où fourmillent les œuvres, facilitées par la circulations dans les stands virtuels et les sélections proposées par 5 curateurs – Bernard Blistène, Emma Lavigne, X Zhu-Nowell, Saim Demircan et Jean de Loisy. Numéro art a pioché parmi cette offre immense 7 chefs-d'œuvres d'exception, dont les prix s'étendent de 200 000 à 1,4 million d'euros.

  • Sarah Lucas , “China NUD 4“ (2019). € 200 000. Courtesy of Sadie Coles HQ Gallery

1. Sarah Lucas à la galerie Sadie Coles : China NUD 4 (2019)

 

 

Depuis ses débuts dans les années 80 parmi les Young British Artists, Sarah Lucas s’intéresse à la représentation du corps féminin et s’empare de ses attributs sexuels par la sculpture. En 1997, elle réalise ses premiers “Bunnies”, corps sans visages aux poses irrévérencieuses et transgressives déclinés ensuite dans les “NUDS”, où elle entremêle des collants rembourrés couleur chair et structurés par des fils de métal. Ce sont plusieurs modèles de cette série entamée en 2009 que réunit la galerie Sadie Coles. Anthropomorphe et érotique, cette œuvre évoque aussi bien des boyaux que des seins, autour desquels des membres flexibles et organiques sembleraient s’enserrer.

Philip Guston, “Untitled” (1971). € 1 434 426 €. Courtesy of Hauser & Wirth Gallery

2. Philip Guston à la galerie Hauser & Wirth : Untitled (1971)

 

 

Lorsqu’un artiste crée la polémique, son œuvre suscite parfois un regain d’intérêt certain. C’est sans doute ce phénomène qui arrive au peintre américain Philip Guston, plus de quarante ans après sa mort. Celui qui peignait dès les années 30 les suprémacistes blancs, racistes, antisémites du Ku Klux Klan afin de dénoncer leurs violences envers les communautés afro-américaines s’est vu récemment privé de sa grande rétrospective co-organisée par quatre musées anglo-saxons, par peur de déclencher la polémique. En attendant, la galerie Hauser & Wirth propose ici l’une de ses toiles datées du début des années 70 où se retrouvent deux de ses motifs phares : les chaussures et les briques, dans les nuances pourpres et rosées qui caractérise sa peinture.

Georg Baselitz, “X-ray lila” (2020). 1 200 000 €. Courtesy Thaddaeus Ropac Gallery

3. Georg Baselitz à la galerie Thaddaeus Ropac : X-ray lila (2020)

 

 

On ne présente plus le peintre Georg Baselitz, dont les corps renversés à la tête en bas et représentés à taille humaine sont depuis la fin des années 60 la signature artistique incontestable. Si la première édition digitale de la FIAC propose non moins de quatre œuvres de l’artiste de 83 ans, la plus exceptionnelle restera sans doute cette huile sur toile de près de 3 mètres de haut et 2 mètres de large, mise en vente par la galerie Thaddaeus Ropac à plus d’un million d’euros. En référence à un célèbre portrait d’Otto Dix, l’Allemand s’y représente une nouvelle fois aux côtés de sa femme Elke : en posant l’œuvre contre une autre toile à peinture fraîche pendant sa réalisation, il pare leurs deux silhouettes d’une aura évanescente.

Elmgreen & Dragset, “When the city sleeps“ (2021). 210 000 €. Courtesy of Massimo de Carlo Gallery

4. Elmgreen & Dragset à la galerie Massimo di Carlo : When the city sleeps (2021)

 

 

Mettre le monde sens-dessus dessous, matérialiser la fiction dans le réel et dans l’espace, le duo Elmgreen & Dragset en a fait sa spécialité. Que ce soit en érigeant des sculptures en forme de piscine en plein milieu de la rue, en installant une fausse boutique Prada au beau milieu d’une route texane ou en organisant une foire d’art fictive à Pékin, les artistes irrévérencieux Michael Elmgreen et Ingar Dragset prouvent combien nos repères sociaux et spatiaux sont ancrés dans notre inconscient collectif et comment un subtil décalage peut les bouleverser. Chez Massimo de Carlo, le tandem scandinave propose une sculpture inédite qui saura sans doute faire écho au contexte actuel : taillée dans le bronze, la silhouette d’un jeune garçon y fixe à travers une fenêtre une pleine lune à la lumière éclatante.

Giuseppe Penone, “Indistinti confine – Sapina (Indistinct Boundaries – Sapina)“ (2012). 620 000 €. Courtesy of Marian Goodman Gallery

5. Giuseppe Penone à la galerie Marian Goodman : Indistinti confine – Sapina (2012)

 

 

L’histoire entre la nature et Giuseppe Penone est celle d’une relation fusionnelle, au sens propre comme au figuré. Celui qui voit dans l’arbre “une sculpture parfaite” a fait de ce dernier le motif principal de son œuvre, de ses sculptures monumentales à ses installations olfactives en passant par ses dessins, mais aussi de sa philosophie. Figure de l’arte povera dès la fin des années 60, l’artiste italien a construit depuis son propre langage esthétique, mêlant par exemple dans cette sculpture le blanc du marbre et le brun du bronze pour composer une pièce hybride portant sur elle l’écriture d’un retour aux origines.

Theaster Gates, “White Roof on Black Axis” (2020). 250 000 € - €500 000 €. Courtesy of White Cube Gallery

6. Theaster Gates à la galerie White Cube : White Roof on Black Axis (2020)

 

 

“Il n’y a pas d’absolu, pas de pureté. Il n’y en a jamais eu”, prononçait l’Américain Theaster Gates lors de sa première exposition en France, au Palais de Tokyo. Ostensiblement pluridisciplinaire, souvent engagée, la pratique de ce quadragénaire bouscule les frontières des arts mais aussi leurs hiérarchies, sans avoir peur d’aborder de front les problématiques raciales, sociétales et coloniales liées à la diaspora africaine. Appartenant à sa série de peintures intitulée “roofing works”, cette œuvre récente a des airs de monochrome et rappelle les grands principes de l’art minimal, présupposés desquels la texture de sa peinture émail, son asymétrie, ses clous et sa structure apparente s’amusent délibérément.

Luc Tuymans, “Fancy” (2015). 500 000 € - 1 000 000 €. Courtesy of David Zwirner Gallery

7. Luc Tuymans à la galerie David Zwirner : Fancy (2015)

 

 

Depuis le milieu des années 80, Luc Tuymans peint inlassablement à partir d’images existantes, trouvées sur le Web, dans des ouvrages, prises au Polaroïd ou à l’iPhone, des sujets qu’il installe dans des toiles aux tonalités douces et sourdes dont la mise en scène appuie la bidimensionnalité. Un comble que ses dernières toiles réalisées pendant le confinement se dévoilent lors de la première FIAC digitale, où la méga-galerie David Zwirner consacre un stand virtuel entier à cet artiste flamand aujourd’hui âgé de 62 ans. Parmi sa sélection récente, on découvre le portrait d’un canari jaune peint à l’huile en 2015 et dont le prix de vente pourrait bien atteindre le million d’euros.

 

 

Découvrez la première édition digitale de la FIAC du 4 au 7 mars 2021 ici.