Dans l’entrée de la galerie, trois néons de tailles différentes sont accolés et accrochés au mur : chacun émet l’une des trois couleurs primaires, accueillant le visiteur par une synthèse chromatique. Mais son regard est attiré par la salle suivante, d’où émane une lumière rouge et bleue. En y pénétrant, il découvre une frise de cadres lumineux réguliers qui s’étendent sur toute la profondeur de la pièce, chapeautés par la verrière. Les tubes qui les composent créent des jeux de perspective pour le visiteur qui se laisse envelopper par leur lumière onirique, porté vers l’infini. Au sein d’une autre salle, trois néons blancs se font face : si leur lumière semble identique à première vue, on remarque progressivement les légères variations dans leur qualité – l’une est plus chaude, l’autre plus froide ou plus douce. Car c’est bien en jouant sur les intensités et les teintes que Dan Flavin parvient à provoquer l’émotion, et même en appeler au spirituel.

 

En atteste cette exposition, les œuvres de Dan Flavin sont bien davantage que de vulgaires néons, plaçant toute leur force dans leur capacité à redéfinir l’espace. Au fil des quatre salles de la galerie David Zwirner, l’artiste donne corps à l’immatériel : les lumières s’infiltrent d’une pièce à l’autre, se croisent, se contrastent ou s’entremêlent, montrant à quel point l’œuvre peut dépasser de loin son objet concret. Une belle entrée en matière dans le travail de l’artiste dont l’esprit ingénieux brille encore, malgré sa disparition en 1996, derrière ses néons.

 

Dan Flavin, jusqu’au 1er février 2020 à la galerie David Zwirner, Paris 3e.