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07 Avril

Qui est Gabriel Rico, l'archéologue du futur bientôt exposé chez Perrotin?

 

Alors que la galerie Perrotin lançait il y a quelques jours son programme #Unlocked, donnant accès aux coulisses de ses expositions par des visites virtuelles, des stories Instagram exclusives et autres entretiens vidéo avec ses artistes, l’exposition de Gabriel Rico dans son espace parisien a été repoussée suite à sa fermeture au public. En attendant la réouverture de la galerie, prévue à ce jour pour mai prochain, Numéro s’est entretenu avec cet artiste mexicain, qui dévoile ici en avant-première son exposition.

Par Matthieu Jacquet

Gabriel Rico, “To be Preserved without scandal and corruption“ (2020). Volcanic stone, rope, taxidermy axis deer, fiberglass column. 175 x 310 x 350 cm © Diego G. Argüelles / Courtesy of the artist and Perrotin
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Gabriel Rico, “Who reckons the close of his life among the boons of the nature? (The Jealous God)” (2018). Coyote, petrified wood, level, wire, plastic hand, glass bottle, ceramic, volcanic stone, sponge, neon, mirror, brass. 65 x 170 x 260 cm © Diego G. Argüelles / Courtesy of the artist and Perrotin
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Gabriel Rico, “II - Mural”, from the series “Reducción objetiva orquestada” (2020). Mixed media, brass, neon © Diego G. Argüelles / Courtesy of the artist and Perrotin
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Gabriel Rico, “The taste of superlative and the admirable holiness (Brick I)” (2020). Branch, gold leaf, brick, neon 160 x 160 x 10.5 cm © Diego G. Argüelles / Courtesy of the artist and Perrotin
4/9
Gabriel Rico, “III”, from the series “Excessive butter” (2019). Taxidermy, balls. 95 x 60 x 65 cm © Diego G. Argüelles / Courtesy of the artist and Perrotin
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Gabriel Rico, “IV”, from the series “Let not the judge meet the cause halfway” (2018). Branch, metal, brass, neon. Approx: 70 x 70 cm © Diego G. Argüelles / Courtesy of the artist and Perrotin
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Gabriel Rico, “III”, from the series “Unity & Uniformity (La Mitla de hérétiques)” (2020). Feathers, brass. Approx. : 310 x 310 cm © Diego G. Argüelles / Courtesy of the artist and Perrotin
7/9
Gabriel Rico, “XI”, from the series “Hipótesis del equilibrio local” (2019). Marble, brass, can, gold leaf, knife, neon 185 x 100 x 95 cm © Diego G. Argüelles / Courtesy of the artist and Perrotin
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Gabriel Rico, “Crudelitatem (I will say the romans that spread upon the world but it was the world that spread upon the romans)” (2017). Ceramic, gold, fiberglass, sand © Diego G. Argüelles / Courtesy of the artist and Perrotin
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Gabriel Rico, “To be Preserved without scandal and corruption“ (2020). Volcanic stone, rope, taxidermy axis deer, fiberglass column. 175 x 310 x 350 cm © Diego G. Argüelles / Courtesy of the artist and Perrotin
Gabriel Rico, “Who reckons the close of his life among the boons of the nature? (The Jealous God)” (2018). Coyote, petrified wood, level, wire, plastic hand, glass bottle, ceramic, volcanic stone, sponge, neon, mirror, brass. 65 x 170 x 260 cm © Diego G. Argüelles / Courtesy of the artist and Perrotin
Gabriel Rico, “II - Mural”, from the series “Reducción objetiva orquestada” (2020). Mixed media, brass, neon © Diego G. Argüelles / Courtesy of the artist and Perrotin
Gabriel Rico, “The taste of superlative and the admirable holiness (Brick I)” (2020). Branch, gold leaf, brick, neon 160 x 160 x 10.5 cm © Diego G. Argüelles / Courtesy of the artist and Perrotin
Gabriel Rico, “III”, from the series “Excessive butter” (2019). Taxidermy, balls. 95 x 60 x 65 cm © Diego G. Argüelles / Courtesy of the artist and Perrotin
Gabriel Rico, “IV”, from the series “Let not the judge meet the cause halfway” (2018). Branch, metal, brass, neon. Approx: 70 x 70 cm © Diego G. Argüelles / Courtesy of the artist and Perrotin
Gabriel Rico, “III”, from the series “Unity & Uniformity (La Mitla de hérétiques)” (2020). Feathers, brass. Approx. : 310 x 310 cm © Diego G. Argüelles / Courtesy of the artist and Perrotin
Gabriel Rico, “XI”, from the series “Hipótesis del equilibrio local” (2019). Marble, brass, can, gold leaf, knife, neon 185 x 100 x 95 cm © Diego G. Argüelles / Courtesy of the artist and Perrotin
Gabriel Rico, “Crudelitatem (I will say the romans that spread upon the world but it was the world that spread upon the romans)” (2017). Ceramic, gold, fiberglass, sand © Diego G. Argüelles / Courtesy of the artist and Perrotin
  • Une tête de cerf empaillé dont les bois maintiennent en équilibre des balles de diverses tailles, un fragment de colonne ionique en fibre de verre suspendu en l’air grâce au poids d’une pierre volcanique nouée à une corde, un tronc d’arbre beige duquel pend une ruche couverte d’or, s’écoulant sur un crâne humain en céramique enfoui dans le sable… Tel un archéologue du futur, l’artiste mexicain Gabriel Rico donne à voir un monde hybride d’illusions où la nature se confond dans l’artifice, où le sacré se mêle au profane, où le vrai ne peut guère se distinguer du faux. Conçues comme des “expériences de pensée”, ses installations composites associent à la manière d’équations mathématiques des éléments d'apparence sans rapport les uns avec les autres, tels que néons, boîtes de conserve et taxidermies. Ensemble, ceux-ci parviennent à générer des relations visuelles, matérielles et conceptuelles inédites dont la force philosophique échappe au mariage de la carpe et du lapin. Si l’exposition personnelle de l’artiste à la galerie Perrotin fut repoussée suite à la fermeture de tous les lieux d’exposition en France, nous avons eu l’occasion d’échanger avec lui quelques mots en attendant son inauguration hypothétique, prévue à ce jour pour le mois de mai prochain.

     

    Numéro : Pour commencer, comment vivez-vous la situation actuelle au Mexique? Quel impact a-t-elle sur votre pratique artistique?
    Gabriel Rico : C’est une situation compliquée, comme pour le reste du continent. Et comme tous les secteurs, l’art va être affecté, mais c’est aussi une bonne occasion de remettre en question les fondations sur lesquels l’art repose aujourd’hui. Non seulement au Mexique, mais dans le monde entier. En ce qui me concerne, je suis en train de revisiter mes méthodes et techniques de production en évaluant leur nouvelle résonance culturelle avec la situation actuelle, afin de réutiliser ces idées dans la production de nouvelles œuvres.

     

    Vous avez étudié l’architecture avant d’en venir à l’art. On voit à quel point l’espace joue un rôle important dans vos sculptures et installations. Comment votre intérêt et votre connaissance de l’architecture nourrissent-ils votre pratique artistique?
    En étudiant l’architecture, j’ai réalisé que la construction d’un bâtiment nécessite la rencontre de nombreux matériaux pour amener une cohérence structurelle et suggérer une forme. Ce même principe guide la sélection des matériaux que j’utilise pour développer mes œuvres.

     

    Les matériaux et les techniques que vous utilisez, ainsi que la dimension philosophique apparente de votre travail l’approchent parfois d’une version contemporaine de l’arte povera. Vous reconnaissez-vous dans ce mouvement?
    Oui, car je prends avant tout en compte la précarité et la simplicité des matériaux, et c’est à mon sens très typique de l’arte povera.

  • Une tête de cerf empaillé dont les bois maintiennent en équilibre des balles de diverses tailles, un fragment de colonne ionique en fibre de verre suspendu en l’air grâce au poids d’une pierre volcanique nouée à une corde, un tronc d’arbre beige duquel pend une ruche couverte d’or, s’écoulant sur un crâne humain en céramique enfoui dans le sable… Tel un archéologue du futur, l’artiste mexicain Gabriel Rico donne à voir un monde hybride d’illusions où la nature se confond dans l’artifice, où le sacré se mêle au profane, où le vrai ne peut guère se distinguer du faux. Conçues comme des “expériences de pensée”, ses installations composites associent à la manière d’équations mathématiques des éléments d'apparence sans rapport les uns avec les autres, tels que néons, boîtes de conserve et taxidermies. Ensemble, ceux-ci parviennent à générer des relations visuelles, matérielles et conceptuelles inédites dont la force philosophique échappe au mariage de la carpe et du lapin. Si l’exposition personnelle de l’artiste à la galerie Perrotin fut repoussée suite à la fermeture de tous les lieux d’exposition en France, nous avons eu l’occasion d’échanger avec lui quelques mots en attendant son inauguration hypothétique, prévue à ce jour pour le mois de mai prochain.

     

    Numéro : Pour commencer, comment vivez-vous la situation actuelle au Mexique? Quel impact a-t-elle sur votre pratique artistique?
    Gabriel Rico : C’est une situation compliquée, comme pour le reste du continent. Et comme tous les secteurs, l’art va être affecté, mais c’est aussi une bonne occasion de remettre en question les fondations sur lesquels l’art repose aujourd’hui. Non seulement au Mexique, mais dans le monde entier. En ce qui me concerne, je suis en train de revisiter mes méthodes et techniques de production en évaluant leur nouvelle résonance culturelle avec la situation actuelle, afin de réutiliser ces idées dans la production de nouvelles œuvres.

     

    Vous avez étudié l’architecture avant d’en venir à l’art. On voit à quel point l’espace joue un rôle important dans vos sculptures et installations. Comment votre intérêt et votre connaissance de l’architecture nourrissent-ils votre pratique artistique?
    En étudiant l’architecture, j’ai réalisé que la construction d’un bâtiment nécessite la rencontre de nombreux matériaux pour amener une cohérence structurelle et suggérer une forme. Ce même principe guide la sélection des matériaux que j’utilise pour développer mes œuvres.

     

    Les matériaux et les techniques que vous utilisez, ainsi que la dimension philosophique apparente de votre travail l’approchent parfois d’une version contemporaine de l’arte povera. Vous reconnaissez-vous dans ce mouvement?
    Oui, car je prends avant tout en compte la précarité et la simplicité des matériaux, et c’est à mon sens très typique de l’arte povera.

  • Une tête de cerf empaillé dont les bois maintiennent en équilibre des balles de diverses tailles, un fragment de colonne ionique en fibre de verre suspendu en l’air grâce au poids d’une pierre volcanique nouée à une corde, un tronc d’arbre beige duquel pend une ruche couverte d’or, s’écoulant sur un crâne humain en céramique enfoui dans le sable… Tel un archéologue du futur, l’artiste mexicain Gabriel Rico donne à voir un monde hybride d’illusions où la nature se confond dans l’artifice, où le sacré se mêle au profane, où le vrai ne peut guère se distinguer du faux. Conçues comme des “expériences de pensée”, ses installations composites associent à la manière d’équations mathématiques des éléments d'apparence sans rapport les uns avec les autres, tels que néons, boîtes de conserve et taxidermies. Ensemble, ceux-ci parviennent à générer des relations visuelles, matérielles et conceptuelles inédites dont la force philosophique échappe au mariage de la carpe et du lapin. Si l’exposition personnelle de l’artiste à la galerie Perrotin fut repoussée suite à la fermeture de tous les lieux d’exposition en France, nous avons eu l’occasion d’échanger avec lui quelques mots en attendant son inauguration hypothétique, prévue à ce jour pour le mois de mai prochain.

     

    Numéro : Pour commencer, comment vivez-vous la situation actuelle au Mexique? Quel impact a-t-elle sur votre pratique artistique?
    Gabriel Rico : C’est une situation compliquée, comme pour le reste du continent. Et comme tous les secteurs, l’art va être affecté, mais c’est aussi une bonne occasion de remettre en question les fondations sur lesquels l’art repose aujourd’hui. Non seulement au Mexique, mais dans le monde entier. En ce qui me concerne, je suis en train de revisiter mes méthodes et techniques de production en évaluant leur nouvelle résonance culturelle avec la situation actuelle, afin de réutiliser ces idées dans la production de nouvelles œuvres.

     

    Vous avez étudié l’architecture avant d’en venir à l’art. On voit à quel point l’espace joue un rôle important dans vos sculptures et installations. Comment votre intérêt et votre connaissance de l’architecture nourrissent-ils votre pratique artistique?
    En étudiant l’architecture, j’ai réalisé que la construction d’un bâtiment nécessite la rencontre de nombreux matériaux pour amener une cohérence structurelle et suggérer une forme. Ce même principe guide la sélection des matériaux que j’utilise pour développer mes œuvres.

     

    Les matériaux et les techniques que vous utilisez, ainsi que la dimension philosophique apparente de votre travail l’approchent parfois d’une version contemporaine de l’arte povera. Vous reconnaissez-vous dans ce mouvement?
    Oui, car je prends avant tout en compte la précarité et la simplicité des matériaux, et c’est à mon sens très typique de l’arte povera.

  • Une tête de cerf empaillé dont les bois maintiennent en équilibre des balles de diverses tailles, un fragment de colonne ionique en fibre de verre suspendu en l’air grâce au poids d’une pierre volcanique nouée à une corde, un tronc d’arbre beige duquel pend une ruche couverte d’or, s’écoulant sur un crâne humain en céramique enfoui dans le sable… Tel un archéologue du futur, l’artiste mexicain Gabriel Rico donne à voir un monde hybride d’illusions où la nature se confond dans l’artifice, où le sacré se mêle au profane, où le vrai ne peut guère se distinguer du faux. Conçues comme des “expériences de pensée”, ses installations composites associent à la manière d’équations mathématiques des éléments d'apparence sans rapport les uns avec les autres, tels que néons, boîtes de conserve et taxidermies. Ensemble, ceux-ci parviennent à générer des relations visuelles, matérielles et conceptuelles inédites dont la force philosophique échappe au mariage de la carpe et du lapin. Si l’exposition personnelle de l’artiste à la galerie Perrotin fut repoussée suite à la fermeture de tous les lieux d’exposition en France, nous avons eu l’occasion d’échanger avec lui quelques mots en attendant son inauguration hypothétique, prévue à ce jour pour le mois de mai prochain.

     

    Numéro : Pour commencer, comment vivez-vous la situation actuelle au Mexique? Quel impact a-t-elle sur votre pratique artistique?
    Gabriel Rico : C’est une situation compliquée, comme pour le reste du continent. Et comme tous les secteurs, l’art va être affecté, mais c’est aussi une bonne occasion de remettre en question les fondations sur lesquels l’art repose aujourd’hui. Non seulement au Mexique, mais dans le monde entier. En ce qui me concerne, je suis en train de revisiter mes méthodes et techniques de production en évaluant leur nouvelle résonance culturelle avec la situation actuelle, afin de réutiliser ces idées dans la production de nouvelles œuvres.

     

    Vous avez étudié l’architecture avant d’en venir à l’art. On voit à quel point l’espace joue un rôle important dans vos sculptures et installations. Comment votre intérêt et votre connaissance de l’architecture nourrissent-ils votre pratique artistique?
    En étudiant l’architecture, j’ai réalisé que la construction d’un bâtiment nécessite la rencontre de nombreux matériaux pour amener une cohérence structurelle et suggérer une forme. Ce même principe guide la sélection des matériaux que j’utilise pour développer mes œuvres.

     

    Les matériaux et les techniques que vous utilisez, ainsi que la dimension philosophique apparente de votre travail l’approchent parfois d’une version contemporaine de l’arte povera. Vous reconnaissez-vous dans ce mouvement?
    Oui, car je prends avant tout en compte la précarité et la simplicité des matériaux, et c’est à mon sens très typique de l’arte povera.

  • Une tête de cerf empaillé dont les bois maintiennent en équilibre des balles de diverses tailles, un fragment de colonne ionique en fibre de verre suspendu en l’air grâce au poids d’une pierre volcanique nouée à une corde, un tronc d’arbre beige duquel pend une ruche couverte d’or, s’écoulant sur un crâne humain en céramique enfoui dans le sable… Tel un archéologue du futur, l’artiste mexicain Gabriel Rico donne à voir un monde hybride d’illusions où la nature se confond dans l’artifice, où le sacré se mêle au profane, où le vrai ne peut guère se distinguer du faux. Conçues comme des “expériences de pensée”, ses installations composites associent à la manière d’équations mathématiques des éléments d'apparence sans rapport les uns avec les autres, tels que néons, boîtes de conserve et taxidermies. Ensemble, ceux-ci parviennent à générer des relations visuelles, matérielles et conceptuelles inédites dont la force philosophique échappe au mariage de la carpe et du lapin. Si l’exposition personnelle de l’artiste à la galerie Perrotin fut repoussée suite à la fermeture de tous les lieux d’exposition en France, nous avons eu l’occasion d’échanger avec lui quelques mots en attendant son inauguration hypothétique, prévue à ce jour pour le mois de mai prochain.

     

    Numéro : Pour commencer, comment vivez-vous la situation actuelle au Mexique? Quel impact a-t-elle sur votre pratique artistique?
    Gabriel Rico : C’est une situation compliquée, comme pour le reste du continent. Et comme tous les secteurs, l’art va être affecté, mais c’est aussi une bonne occasion de remettre en question les fondations sur lesquels l’art repose aujourd’hui. Non seulement au Mexique, mais dans le monde entier. En ce qui me concerne, je suis en train de revisiter mes méthodes et techniques de production en évaluant leur nouvelle résonance culturelle avec la situation actuelle, afin de réutiliser ces idées dans la production de nouvelles œuvres.

     

    Vous avez étudié l’architecture avant d’en venir à l’art. On voit à quel point l’espace joue un rôle important dans vos sculptures et installations. Comment votre intérêt et votre connaissance de l’architecture nourrissent-ils votre pratique artistique?
    En étudiant l’architecture, j’ai réalisé que la construction d’un bâtiment nécessite la rencontre de nombreux matériaux pour amener une cohérence structurelle et suggérer une forme. Ce même principe guide la sélection des matériaux que j’utilise pour développer mes œuvres.

     

    Les matériaux et les techniques que vous utilisez, ainsi que la dimension philosophique apparente de votre travail l’approchent parfois d’une version contemporaine de l’arte povera. Vous reconnaissez-vous dans ce mouvement?
    Oui, car je prends avant tout en compte la précarité et la simplicité des matériaux, et c’est à mon sens très typique de l’arte povera.

  • Une tête de cerf empaillé dont les bois maintiennent en équilibre des balles de diverses tailles, un fragment de colonne ionique en fibre de verre suspendu en l’air grâce au poids d’une pierre volcanique nouée à une corde, un tronc d’arbre beige duquel pend une ruche couverte d’or, s’écoulant sur un crâne humain en céramique enfoui dans le sable… Tel un archéologue du futur, l’artiste mexicain Gabriel Rico donne à voir un monde hybride d’illusions où la nature se confond dans l’artifice, où le sacré se mêle au profane, où le vrai ne peut guère se distinguer du faux. Conçues comme des “expériences de pensée”, ses installations composites associent à la manière d’équations mathématiques des éléments d'apparence sans rapport les uns avec les autres, tels que néons, boîtes de conserve et taxidermies. Ensemble, ceux-ci parviennent à générer des relations visuelles, matérielles et conceptuelles inédites dont la force philosophique échappe au mariage de la carpe et du lapin. Si l’exposition personnelle de l’artiste à la galerie Perrotin fut repoussée suite à la fermeture de tous les lieux d’exposition en France, nous avons eu l’occasion d’échanger avec lui quelques mots en attendant son inauguration hypothétique, prévue à ce jour pour le mois de mai prochain.

     

    Numéro : Pour commencer, comment vivez-vous la situation actuelle au Mexique? Quel impact a-t-elle sur votre pratique artistique?
    Gabriel Rico : C’est une situation compliquée, comme pour le reste du continent. Et comme tous les secteurs, l’art va être affecté, mais c’est aussi une bonne occasion de remettre en question les fondations sur lesquels l’art repose aujourd’hui. Non seulement au Mexique, mais dans le monde entier. En ce qui me concerne, je suis en train de revisiter mes méthodes et techniques de production en évaluant leur nouvelle résonance culturelle avec la situation actuelle, afin de réutiliser ces idées dans la production de nouvelles œuvres.

     

    Vous avez étudié l’architecture avant d’en venir à l’art. On voit à quel point l’espace joue un rôle important dans vos sculptures et installations. Comment votre intérêt et votre connaissance de l’architecture nourrissent-ils votre pratique artistique?
    En étudiant l’architecture, j’ai réalisé que la construction d’un bâtiment nécessite la rencontre de nombreux matériaux pour amener une cohérence structurelle et suggérer une forme. Ce même principe guide la sélection des matériaux que j’utilise pour développer mes œuvres.

     

    Les matériaux et les techniques que vous utilisez, ainsi que la dimension philosophique apparente de votre travail l’approchent parfois d’une version contemporaine de l’arte povera. Vous reconnaissez-vous dans ce mouvement?
    Oui, car je prends avant tout en compte la précarité et la simplicité des matériaux, et c’est à mon sens très typique de l’arte povera.

  • Une tête de cerf empaillé dont les bois maintiennent en équilibre des balles de diverses tailles, un fragment de colonne ionique en fibre de verre suspendu en l’air grâce au poids d’une pierre volcanique nouée à une corde, un tronc d’arbre beige duquel pend une ruche couverte d’or, s’écoulant sur un crâne humain en céramique enfoui dans le sable… Tel un archéologue du futur, l’artiste mexicain Gabriel Rico donne à voir un monde hybride d’illusions où la nature se confond dans l’artifice, où le sacré se mêle au profane, où le vrai ne peut guère se distinguer du faux. Conçues comme des “expériences de pensée”, ses installations composites associent à la manière d’équations mathématiques des éléments d'apparence sans rapport les uns avec les autres, tels que néons, boîtes de conserve et taxidermies. Ensemble, ceux-ci parviennent à générer des relations visuelles, matérielles et conceptuelles inédites dont la force philosophique échappe au mariage de la carpe et du lapin. Si l’exposition personnelle de l’artiste à la galerie Perrotin fut repoussée suite à la fermeture de tous les lieux d’exposition en France, nous avons eu l’occasion d’échanger avec lui quelques mots en attendant son inauguration hypothétique, prévue à ce jour pour le mois de mai prochain.

     

    Numéro : Pour commencer, comment vivez-vous la situation actuelle au Mexique? Quel impact a-t-elle sur votre pratique artistique?
    Gabriel Rico : C’est une situation compliquée, comme pour le reste du continent. Et comme tous les secteurs, l’art va être affecté, mais c’est aussi une bonne occasion de remettre en question les fondations sur lesquels l’art repose aujourd’hui. Non seulement au Mexique, mais dans le monde entier. En ce qui me concerne, je suis en train de revisiter mes méthodes et techniques de production en évaluant leur nouvelle résonance culturelle avec la situation actuelle, afin de réutiliser ces idées dans la production de nouvelles œuvres.

     

    Vous avez étudié l’architecture avant d’en venir à l’art. On voit à quel point l’espace joue un rôle important dans vos sculptures et installations. Comment votre intérêt et votre connaissance de l’architecture nourrissent-ils votre pratique artistique?
    En étudiant l’architecture, j’ai réalisé que la construction d’un bâtiment nécessite la rencontre de nombreux matériaux pour amener une cohérence structurelle et suggérer une forme. Ce même principe guide la sélection des matériaux que j’utilise pour développer mes œuvres.

     

    Les matériaux et les techniques que vous utilisez, ainsi que la dimension philosophique apparente de votre travail l’approchent parfois d’une version contemporaine de l’arte povera. Vous reconnaissez-vous dans ce mouvement?
    Oui, car je prends avant tout en compte la précarité et la simplicité des matériaux, et c’est à mon sens très typique de l’arte povera.

  • Une tête de cerf empaillé dont les bois maintiennent en équilibre des balles de diverses tailles, un fragment de colonne ionique en fibre de verre suspendu en l’air grâce au poids d’une pierre volcanique nouée à une corde, un tronc d’arbre beige duquel pend une ruche couverte d’or, s’écoulant sur un crâne humain en céramique enfoui dans le sable… Tel un archéologue du futur, l’artiste mexicain Gabriel Rico donne à voir un monde hybride d’illusions où la nature se confond dans l’artifice, où le sacré se mêle au profane, où le vrai ne peut guère se distinguer du faux. Conçues comme des “expériences de pensée”, ses installations composites associent à la manière d’équations mathématiques des éléments d'apparence sans rapport les uns avec les autres, tels que néons, boîtes de conserve et taxidermies. Ensemble, ceux-ci parviennent à générer des relations visuelles, matérielles et conceptuelles inédites dont la force philosophique échappe au mariage de la carpe et du lapin. Si l’exposition personnelle de l’artiste à la galerie Perrotin fut repoussée suite à la fermeture de tous les lieux d’exposition en France, nous avons eu l’occasion d’échanger avec lui quelques mots en attendant son inauguration hypothétique, prévue à ce jour pour le mois de mai prochain.

     

    Numéro : Pour commencer, comment vivez-vous la situation actuelle au Mexique? Quel impact a-t-elle sur votre pratique artistique?
    Gabriel Rico : C’est une situation compliquée, comme pour le reste du continent. Et comme tous les secteurs, l’art va être affecté, mais c’est aussi une bonne occasion de remettre en question les fondations sur lesquels l’art repose aujourd’hui. Non seulement au Mexique, mais dans le monde entier. En ce qui me concerne, je suis en train de revisiter mes méthodes et techniques de production en évaluant leur nouvelle résonance culturelle avec la situation actuelle, afin de réutiliser ces idées dans la production de nouvelles œuvres.

     

    Vous avez étudié l’architecture avant d’en venir à l’art. On voit à quel point l’espace joue un rôle important dans vos sculptures et installations. Comment votre intérêt et votre connaissance de l’architecture nourrissent-ils votre pratique artistique?
    En étudiant l’architecture, j’ai réalisé que la construction d’un bâtiment nécessite la rencontre de nombreux matériaux pour amener une cohérence structurelle et suggérer une forme. Ce même principe guide la sélection des matériaux que j’utilise pour développer mes œuvres.

     

    Les matériaux et les techniques que vous utilisez, ainsi que la dimension philosophique apparente de votre travail l’approchent parfois d’une version contemporaine de l’arte povera. Vous reconnaissez-vous dans ce mouvement?
    Oui, car je prends avant tout en compte la précarité et la simplicité des matériaux, et c’est à mon sens très typique de l’arte povera.

  • Une tête de cerf empaillé dont les bois maintiennent en équilibre des balles de diverses tailles, un fragment de colonne ionique en fibre de verre suspendu en l’air grâce au poids d’une pierre volcanique nouée à une corde, un tronc d’arbre beige duquel pend une ruche couverte d’or, s’écoulant sur un crâne humain en céramique enfoui dans le sable… Tel un archéologue du futur, l’artiste mexicain Gabriel Rico donne à voir un monde hybride d’illusions où la nature se confond dans l’artifice, où le sacré se mêle au profane, où le vrai ne peut guère se distinguer du faux. Conçues comme des “expériences de pensée”, ses installations composites associent à la manière d’équations mathématiques des éléments d'apparence sans rapport les uns avec les autres, tels que néons, boîtes de conserve et taxidermies. Ensemble, ceux-ci parviennent à générer des relations visuelles, matérielles et conceptuelles inédites dont la force philosophique échappe au mariage de la carpe et du lapin. Si l’exposition personnelle de l’artiste à la galerie Perrotin fut repoussée suite à la fermeture de tous les lieux d’exposition en France, nous avons eu l’occasion d’échanger avec lui quelques mots en attendant son inauguration hypothétique, prévue à ce jour pour le mois de mai prochain.

     

    Numéro : Pour commencer, comment vivez-vous la situation actuelle au Mexique? Quel impact a-t-elle sur votre pratique artistique?
    Gabriel Rico : C’est une situation compliquée, comme pour le reste du continent. Et comme tous les secteurs, l’art va être affecté, mais c’est aussi une bonne occasion de remettre en question les fondations sur lesquels l’art repose aujourd’hui. Non seulement au Mexique, mais dans le monde entier. En ce qui me concerne, je suis en train de revisiter mes méthodes et techniques de production en évaluant leur nouvelle résonance culturelle avec la situation actuelle, afin de réutiliser ces idées dans la production de nouvelles œuvres.

     

    Vous avez étudié l’architecture avant d’en venir à l’art. On voit à quel point l’espace joue un rôle important dans vos sculptures et installations. Comment votre intérêt et votre connaissance de l’architecture nourrissent-ils votre pratique artistique?
    En étudiant l’architecture, j’ai réalisé que la construction d’un bâtiment nécessite la rencontre de nombreux matériaux pour amener une cohérence structurelle et suggérer une forme. Ce même principe guide la sélection des matériaux que j’utilise pour développer mes œuvres.

     

    Les matériaux et les techniques que vous utilisez, ainsi que la dimension philosophique apparente de votre travail l’approchent parfois d’une version contemporaine de l’arte povera. Vous reconnaissez-vous dans ce mouvement?
    Oui, car je prends avant tout en compte la précarité et la simplicité des matériaux, et c’est à mon sens très typique de l’arte povera.

Gabriel Rico, “III”, from the series “Excessive butter” (2019). Taxidermy, balls. 95 x 60 x 65 cm © Diego G. Argüelles / Courtesy of the artist and
Perrotin

Gabriel Rico, “Crudelitatem (I will say the romans that spread upon the world but it was the world that spread upon the romans)” (2017). Ceramic, gold, fiberglass, sand © Diego G. Argüelles / Courtesy of the artist and Perrotin

Les animaux empaillés sont récurrents dans vos installations. D’où vous vient cette obsession pour la taxidermie? La pratiquez-vous vous-mêmes?
Je connais quelques astuces mais je suis loin d’être professionnel. Les animaux empaillés sont des objets qui, si le taxidermiste a fait du bon travail, peuvent tromper le cerveau pendant un moment. C’est comme si l’animal avait été réanimé et c’est pour provoquer cela que je les intègre à ma pratique, comme une manière de compléter l’illusion. La plupart des animaux empaillés que j’utilise sont vintage et viennent de brocantes ou de marchés de seconde-main. D’autres peuvent provenir de peaux oubliées dans des ateliers de taxidermie, ou des restes laissés par des chasseurs, c’est donc d’une certaine manière ma façon de redonner à l’animal sa dignité et d’éviter qu’il tombe dans l’oubli.

 

Vous vous décrivez comme un “ontologiste à la méthode heuristique”. Concrètement, comment cette quête de sens et de découverte se traduit-elle dans vos œuvres?
Je m’intéresse à la trace que les humains laissent dans l’histoire du monde et celle-ci se distingue par les matériaux que nous utilisons et développons durant cette période, tels que des polymères synthétiques, silicones, nouveaux cristaux, etc. À l’avenir, on pourra identifier ces matériaux en tant que composantes d’une strate ou d'une couche de la croûte terrestre, ce qui permettra alors de comprendre quel type de civilisation nous formions. L’ontologie m’aide à étudier les objets que je trouve autour de moi et à imaginer de nouvelles relations avec d’autres objets. Hors leur décontextualisation, l’heuristique apparaît dans ma pratique lorsque j’envisage de nouvelles compositions qui utilisent ces objets.

 

 

“Je m’intéresse à la trace que les humains laissent dans l’histoire du monde et celle-ci se distingue par les matériaux que nous utilisons.”

 

 

Votre exposition à la galerie Perrotin à Paris s’appelle “Nature loves to hide”. Quel sens donnez-vous à ce titre?
Il s’agit d’une citation du philosophe grec Héraclite, que j’ai choisie pour sa simplicité et son élégance. Elle fait référence à une idée qui nous étonne en permanence lorsque l’on cherche à trouver une fonction quantitative dans le monde naturel : la nature existe pour elle-même et non pour nos besoins. Mon nouveau corpus d’œuvres présenté évoque un voyage dans une certaine époque. J’ai choisi avec attention les éléments naturels de chaque pièce – en sélectionnant chaque élément, je fais comme si j’avais déchiffré la relation mystérieuse entre les artefacts et les objets naturels. Les œuvres présentées sont parmi les œuvres les plus importantes de ma carrière, à l’instar de l’arbre en céramique présenté dans une installation monumentale. Mon intention est de proposer un to ne ur d’horizon des idées et matériaux avec lesquels j’ai travaillé ces dernières années, une forme de résumé visuel de ma pratique avec des œuvres s’étendant de tailles modestes à des installations d’ampleur. Et toute ces pièces sont, d’une manière ou d’une autre, reliées à la nature.

Gabriel Rico, “II - Mural”, from the series “Reducción objetiva orquestada” (2020). Mixed media, brass, neon © Diego G. Argüelles / Courtesy of the artist and Perrotin

Dans bon nombre de vos compositions, tout ce que vous présentez semble être mis sur un même plan, qu’il s’agisse d’éléments naturels, d’animaux, d’artefacts ou de biens de consommation. Pourquoi pensez-vous que cette hybridation homogène d’éléments disparates est si prégnante dans nos imaginaires contemporains, se retrouvant par exemple dans tant de pratiques artistiques contemporaines?
Même si en tant qu’humains nous sommes conscients que nous ne sommes qu’une page dans l’immense livre de l’histoire de la Terre, cette idée en elle-même est très puissante et nous amène vers des analyses très profondes de nous-mêmes en tant qu’individus et que sociétés. Ce constat guide mes choix d’objets – des matériaux tels que des tissus, plastiques, métaux sont autant de parties représentatives de ce que la race humaine représente. Chacune de mes œuvres prend vie dans ses couleurs, formes et textures, qui sont toutes le reflet de l’ère humaine actuelle, la seule que l’on ne connaisse.

 

 

“L’art incarne l’espoir au sens concret et pratique. (...) Il n’est pas nécessaire mais il est vital.”

 

 

Ces dernières semaines, de nombreux artistes, musées, foires et galeries ont proposé de nouvelles manières d’exposer l’art sans passer par l’expérience in situ. Pensez-vous que cela pourra amener quelque chose de nouveau dans notre manière de concevoir et d’apprécier une œuvre ou une exposition?
Je pense que c’est l’occasion pour toutes les personnes impliquées dans le monde de l’art de développer de nouvelles manières de travailler afin que l’art devienne plus pluriel et accessible à tous. L’opportunité d’avoir un accès direct à l’art et aux artistes via des expositions virtuelles et des réseaux sociaux peut contribuer grandement à ce nouveau sentiment de communauté.

 

Pourquoi pensez-vous que nous avons besoin particulièrement besoin de l’art dans ces périodes difficiles?
L’art incarne l’espoir au sens concret et pratique. C’est une manière pour l’être humain de communiquer ses idées et d’outrepasser la barrière du temps. Il n’est pas nécessaire mais il est vital.

 

 

En attendant l'ouverture de l'exposition de Gabriel Rico : Nature Loves to Hide, découvrez le programme #Unlocked de la galerie Perrotin ici.

Gabriel Rico, “III”, from the series “Unity & Uniformity (La Mitla de hérétiques)” (2020). Feathers, brass. Approx. : 310 x 310 cm © Diego G. Argüelles / Courtesy of the artist and Perrotin

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