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29 Novembre

Gusto Zagg, le sniper de l'art

 

Son art emprunte à son passé de graffeur une culture de la transgression et de l’effraction. Ancien assistant de JR, le jeune Gusto Zagg explore à travers une diversité de media les chaos et la violence de notre monde. 

Par Delphine Roche

Gusto Zagg.
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Gusto Zagg, “Untitled (Europe)”.
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Gusto Zagg, “Untitled (Fireworks.mov)”.
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Gusto Zagg, “Untitled (Gypsy)”.
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Gusto Zagg, “Untitled (Senegal)”.
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Gusto Zagg, “Untitled (Skinhead)”.
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Gusto Zagg, “Untitled (Burning-Car)”.
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Gusto Zagg.
Gusto Zagg, “Untitled (Europe)”.
Gusto Zagg, “Untitled (Fireworks.mov)”.
Gusto Zagg, “Untitled (Gypsy)”.
Gusto Zagg, “Untitled (Senegal)”.
Gusto Zagg, “Untitled (Skinhead)”.
Gusto Zagg, “Untitled (Burning-Car)”.
  • Il se présente sous le nom de Gusto Zagg, et vous ne connaîtrez pas sa véritable identité. Sa pratique du graffiti, à l’adolescence, a éveillé en lui le goût des actions clandestines, du jeu de cache-cache avec les autorités, déjà fortement initié par sa famille imprégnée de culture hippie et punk. S’ensuivra une litanie de pseudonymes signés sur les murs. Et ce jusqu’à aujourd’hui, où Gusto Zagg existe par ses oeuvres tel un avatar de son créateur, cherchant à infiltrer le milieu de l’art comme l’avait fait en son temps Jean-Michel Basquiat à New York sous le nom de SAMO

     

     

    Gusto Zagg envisage avant tout la démarche artistique comme un processus d’information et les artistes comme des informateurs.

     

     

    Pour parfaire son parcours à contre-courant, ce n’est pas dans les ateliers d’une école des Beaux-Arts qu’il étudie, mais dans les cours de sciences politiques à l'université. À la même époque, il commence à assister JR, le célèbre photographe membre du collectif Kourtrajmé. Cette expérience nourrit chez lui une réflexion sur le statut de l’artiste, sur la distance qui sépare la véritable action politique d’une pratique artistique en prise sur les problématiques sociales de son temps. “Bien que l'on critique parfois JR sur certains points, ayant vu ses projets de l’intérieur, je sais qu'il a une forme d’engagement sur le long terme, bien que le terme ‘engagement’ soit un peu bancal. Comme il le dit lui-même, il faut faire la différence entre ce qui est engagé et ce qui est engageant”, précise Gusto, qui dit avoir beaucoup réfléchi à la différence entre l’artiste et le citoyen. Il cite d'ailleurs la phrase du plasticien suisse Thomas Hirschorn : “Je veux travailler à l’intérieur des chaos du monde, et non contre ces chaos.” À l'instar de ce dernier, Gusto Zagg envisage avant tout la démarche artistique comme un processus d’information et les artistes comme des informateurs : “Travailler auprès des migrants sur des bateaux en mer Méditerranée, ou militer dans une sphère artistique, sont deux choses bien distinctes.”

  • Il se présente sous le nom de Gusto Zagg, et vous ne connaîtrez pas sa véritable identité. Sa pratique du graffiti, à l’adolescence, a éveillé en lui le goût des actions clandestines, du jeu de cache-cache avec les autorités, déjà fortement initié par sa famille imprégnée de culture hippie et punk. S’ensuivra une litanie de pseudonymes signés sur les murs. Et ce jusqu’à aujourd’hui, où Gusto Zagg existe par ses oeuvres tel un avatar de son créateur, cherchant à infiltrer le milieu de l’art comme l’avait fait en son temps Jean-Michel Basquiat à New York sous le nom de SAMO

     

     

    Gusto Zagg envisage avant tout la démarche artistique comme un processus d’information et les artistes comme des informateurs.

     

     

    Pour parfaire son parcours à contre-courant, ce n’est pas dans les ateliers d’une école des Beaux-Arts qu’il étudie, mais dans les cours de sciences politiques à l'université. À la même époque, il commence à assister JR, le célèbre photographe membre du collectif Kourtrajmé. Cette expérience nourrit chez lui une réflexion sur le statut de l’artiste, sur la distance qui sépare la véritable action politique d’une pratique artistique en prise sur les problématiques sociales de son temps. “Bien que l'on critique parfois JR sur certains points, ayant vu ses projets de l’intérieur, je sais qu'il a une forme d’engagement sur le long terme, bien que le terme ‘engagement’ soit un peu bancal. Comme il le dit lui-même, il faut faire la différence entre ce qui est engagé et ce qui est engageant”, précise Gusto, qui dit avoir beaucoup réfléchi à la différence entre l’artiste et le citoyen. Il cite d'ailleurs la phrase du plasticien suisse Thomas Hirschorn : “Je veux travailler à l’intérieur des chaos du monde, et non contre ces chaos.” À l'instar de ce dernier, Gusto Zagg envisage avant tout la démarche artistique comme un processus d’information et les artistes comme des informateurs : “Travailler auprès des migrants sur des bateaux en mer Méditerranée, ou militer dans une sphère artistique, sont deux choses bien distinctes.”

  • Il se présente sous le nom de Gusto Zagg, et vous ne connaîtrez pas sa véritable identité. Sa pratique du graffiti, à l’adolescence, a éveillé en lui le goût des actions clandestines, du jeu de cache-cache avec les autorités, déjà fortement initié par sa famille imprégnée de culture hippie et punk. S’ensuivra une litanie de pseudonymes signés sur les murs. Et ce jusqu’à aujourd’hui, où Gusto Zagg existe par ses oeuvres tel un avatar de son créateur, cherchant à infiltrer le milieu de l’art comme l’avait fait en son temps Jean-Michel Basquiat à New York sous le nom de SAMO

     

     

    Gusto Zagg envisage avant tout la démarche artistique comme un processus d’information et les artistes comme des informateurs.

     

     

    Pour parfaire son parcours à contre-courant, ce n’est pas dans les ateliers d’une école des Beaux-Arts qu’il étudie, mais dans les cours de sciences politiques à l'université. À la même époque, il commence à assister JR, le célèbre photographe membre du collectif Kourtrajmé. Cette expérience nourrit chez lui une réflexion sur le statut de l’artiste, sur la distance qui sépare la véritable action politique d’une pratique artistique en prise sur les problématiques sociales de son temps. “Bien que l'on critique parfois JR sur certains points, ayant vu ses projets de l’intérieur, je sais qu'il a une forme d’engagement sur le long terme, bien que le terme ‘engagement’ soit un peu bancal. Comme il le dit lui-même, il faut faire la différence entre ce qui est engagé et ce qui est engageant”, précise Gusto, qui dit avoir beaucoup réfléchi à la différence entre l’artiste et le citoyen. Il cite d'ailleurs la phrase du plasticien suisse Thomas Hirschorn : “Je veux travailler à l’intérieur des chaos du monde, et non contre ces chaos.” À l'instar de ce dernier, Gusto Zagg envisage avant tout la démarche artistique comme un processus d’information et les artistes comme des informateurs : “Travailler auprès des migrants sur des bateaux en mer Méditerranée, ou militer dans une sphère artistique, sont deux choses bien distinctes.”

  • Il se présente sous le nom de Gusto Zagg, et vous ne connaîtrez pas sa véritable identité. Sa pratique du graffiti, à l’adolescence, a éveillé en lui le goût des actions clandestines, du jeu de cache-cache avec les autorités, déjà fortement initié par sa famille imprégnée de culture hippie et punk. S’ensuivra une litanie de pseudonymes signés sur les murs. Et ce jusqu’à aujourd’hui, où Gusto Zagg existe par ses oeuvres tel un avatar de son créateur, cherchant à infiltrer le milieu de l’art comme l’avait fait en son temps Jean-Michel Basquiat à New York sous le nom de SAMO

     

     

    Gusto Zagg envisage avant tout la démarche artistique comme un processus d’information et les artistes comme des informateurs.

     

     

    Pour parfaire son parcours à contre-courant, ce n’est pas dans les ateliers d’une école des Beaux-Arts qu’il étudie, mais dans les cours de sciences politiques à l'université. À la même époque, il commence à assister JR, le célèbre photographe membre du collectif Kourtrajmé. Cette expérience nourrit chez lui une réflexion sur le statut de l’artiste, sur la distance qui sépare la véritable action politique d’une pratique artistique en prise sur les problématiques sociales de son temps. “Bien que l'on critique parfois JR sur certains points, ayant vu ses projets de l’intérieur, je sais qu'il a une forme d’engagement sur le long terme, bien que le terme ‘engagement’ soit un peu bancal. Comme il le dit lui-même, il faut faire la différence entre ce qui est engagé et ce qui est engageant”, précise Gusto, qui dit avoir beaucoup réfléchi à la différence entre l’artiste et le citoyen. Il cite d'ailleurs la phrase du plasticien suisse Thomas Hirschorn : “Je veux travailler à l’intérieur des chaos du monde, et non contre ces chaos.” À l'instar de ce dernier, Gusto Zagg envisage avant tout la démarche artistique comme un processus d’information et les artistes comme des informateurs : “Travailler auprès des migrants sur des bateaux en mer Méditerranée, ou militer dans une sphère artistique, sont deux choses bien distinctes.”

  • Il se présente sous le nom de Gusto Zagg, et vous ne connaîtrez pas sa véritable identité. Sa pratique du graffiti, à l’adolescence, a éveillé en lui le goût des actions clandestines, du jeu de cache-cache avec les autorités, déjà fortement initié par sa famille imprégnée de culture hippie et punk. S’ensuivra une litanie de pseudonymes signés sur les murs. Et ce jusqu’à aujourd’hui, où Gusto Zagg existe par ses oeuvres tel un avatar de son créateur, cherchant à infiltrer le milieu de l’art comme l’avait fait en son temps Jean-Michel Basquiat à New York sous le nom de SAMO

     

     

    Gusto Zagg envisage avant tout la démarche artistique comme un processus d’information et les artistes comme des informateurs.

     

     

    Pour parfaire son parcours à contre-courant, ce n’est pas dans les ateliers d’une école des Beaux-Arts qu’il étudie, mais dans les cours de sciences politiques à l'université. À la même époque, il commence à assister JR, le célèbre photographe membre du collectif Kourtrajmé. Cette expérience nourrit chez lui une réflexion sur le statut de l’artiste, sur la distance qui sépare la véritable action politique d’une pratique artistique en prise sur les problématiques sociales de son temps. “Bien que l'on critique parfois JR sur certains points, ayant vu ses projets de l’intérieur, je sais qu'il a une forme d’engagement sur le long terme, bien que le terme ‘engagement’ soit un peu bancal. Comme il le dit lui-même, il faut faire la différence entre ce qui est engagé et ce qui est engageant”, précise Gusto, qui dit avoir beaucoup réfléchi à la différence entre l’artiste et le citoyen. Il cite d'ailleurs la phrase du plasticien suisse Thomas Hirschorn : “Je veux travailler à l’intérieur des chaos du monde, et non contre ces chaos.” À l'instar de ce dernier, Gusto Zagg envisage avant tout la démarche artistique comme un processus d’information et les artistes comme des informateurs : “Travailler auprès des migrants sur des bateaux en mer Méditerranée, ou militer dans une sphère artistique, sont deux choses bien distinctes.”

  • Il se présente sous le nom de Gusto Zagg, et vous ne connaîtrez pas sa véritable identité. Sa pratique du graffiti, à l’adolescence, a éveillé en lui le goût des actions clandestines, du jeu de cache-cache avec les autorités, déjà fortement initié par sa famille imprégnée de culture hippie et punk. S’ensuivra une litanie de pseudonymes signés sur les murs. Et ce jusqu’à aujourd’hui, où Gusto Zagg existe par ses oeuvres tel un avatar de son créateur, cherchant à infiltrer le milieu de l’art comme l’avait fait en son temps Jean-Michel Basquiat à New York sous le nom de SAMO

     

     

    Gusto Zagg envisage avant tout la démarche artistique comme un processus d’information et les artistes comme des informateurs.

     

     

    Pour parfaire son parcours à contre-courant, ce n’est pas dans les ateliers d’une école des Beaux-Arts qu’il étudie, mais dans les cours de sciences politiques à l'université. À la même époque, il commence à assister JR, le célèbre photographe membre du collectif Kourtrajmé. Cette expérience nourrit chez lui une réflexion sur le statut de l’artiste, sur la distance qui sépare la véritable action politique d’une pratique artistique en prise sur les problématiques sociales de son temps. “Bien que l'on critique parfois JR sur certains points, ayant vu ses projets de l’intérieur, je sais qu'il a une forme d’engagement sur le long terme, bien que le terme ‘engagement’ soit un peu bancal. Comme il le dit lui-même, il faut faire la différence entre ce qui est engagé et ce qui est engageant”, précise Gusto, qui dit avoir beaucoup réfléchi à la différence entre l’artiste et le citoyen. Il cite d'ailleurs la phrase du plasticien suisse Thomas Hirschorn : “Je veux travailler à l’intérieur des chaos du monde, et non contre ces chaos.” À l'instar de ce dernier, Gusto Zagg envisage avant tout la démarche artistique comme un processus d’information et les artistes comme des informateurs : “Travailler auprès des migrants sur des bateaux en mer Méditerranée, ou militer dans une sphère artistique, sont deux choses bien distinctes.”

  • Il se présente sous le nom de Gusto Zagg, et vous ne connaîtrez pas sa véritable identité. Sa pratique du graffiti, à l’adolescence, a éveillé en lui le goût des actions clandestines, du jeu de cache-cache avec les autorités, déjà fortement initié par sa famille imprégnée de culture hippie et punk. S’ensuivra une litanie de pseudonymes signés sur les murs. Et ce jusqu’à aujourd’hui, où Gusto Zagg existe par ses oeuvres tel un avatar de son créateur, cherchant à infiltrer le milieu de l’art comme l’avait fait en son temps Jean-Michel Basquiat à New York sous le nom de SAMO

     

     

    Gusto Zagg envisage avant tout la démarche artistique comme un processus d’information et les artistes comme des informateurs.

     

     

    Pour parfaire son parcours à contre-courant, ce n’est pas dans les ateliers d’une école des Beaux-Arts qu’il étudie, mais dans les cours de sciences politiques à l'université. À la même époque, il commence à assister JR, le célèbre photographe membre du collectif Kourtrajmé. Cette expérience nourrit chez lui une réflexion sur le statut de l’artiste, sur la distance qui sépare la véritable action politique d’une pratique artistique en prise sur les problématiques sociales de son temps. “Bien que l'on critique parfois JR sur certains points, ayant vu ses projets de l’intérieur, je sais qu'il a une forme d’engagement sur le long terme, bien que le terme ‘engagement’ soit un peu bancal. Comme il le dit lui-même, il faut faire la différence entre ce qui est engagé et ce qui est engageant”, précise Gusto, qui dit avoir beaucoup réfléchi à la différence entre l’artiste et le citoyen. Il cite d'ailleurs la phrase du plasticien suisse Thomas Hirschorn : “Je veux travailler à l’intérieur des chaos du monde, et non contre ces chaos.” À l'instar de ce dernier, Gusto Zagg envisage avant tout la démarche artistique comme un processus d’information et les artistes comme des informateurs : “Travailler auprès des migrants sur des bateaux en mer Méditerranée, ou militer dans une sphère artistique, sont deux choses bien distinctes.”

Gusto Zagg, “Untitled (Burning-Car)”.

Gusto Zagg, “Untitled (Europe)”.

Afin de mettre en oeuvre cette distinction, Gusto Zagg détourne les représentations médiatiques et les signes afférents à de nombreux faits sociaux, pour les amener dans le champ de l’art et y ouvrir une interrogation sur notre inteprétation coutumière des formes et des formats. Les vidéos et les photos qu’il présente sont souvent des enregistrements d’actions performées clandestinement auparavant. Avec un iPhone, il filme une voiture en feu pour rappeler que, lors des émeutes urbaines de 1981, des reporters offraient de l’argent à qui voudrait bien brûler un véhicule devant leurs caméras. Évoquant la manipulation médiatique d’alors, et les multiples vidéos amateurs d’aujourd’hui, cette œuvre est, dit-il, “un travail semi-fictionnel qui transgresse les règles légales de tournage, mêlant création filmique et acte de vandalisme réel.”

 

 

“Bien que j’évoque une réalité sociale extrême, je n'exploite aucune des personnes qui la vivent.”

 

 

C’est également à l'iPhone qu’il filme un feu d’artifice qu’il organise lui-même, en pleine mer Méditerranée, dans un lieu qui restera secret. L’opération clandestine joue volontairement, là encore, sur l’ambiguité des signes : les fusées rouges font aussi bien écho aux signaux de détresse des migrants qu'aux feux d’artifice festifs. Le téléphone qui enregistre la performance est aussi l'un des instruments utilisés par les migrants pour se repérer géographiquement, ou pour traduire des phrases dans les pays qu’ils traversent : “On m’a objecté, parfois, que cette performance filmée esthétisait la problématique des migrants, mais en vérité, bien que j’évoque ici une réalité sociale extrême, je n'exploite aucune des personnes qui la vivent. Les gens qui sont partis avec moi sur le bateau pour m’aider à réaliser cette pièce sont des techniciens et des marins.” Sans traiter directement de la question des migrants, Sans Titre (fireworks.mov) prend de la hauteur et exprime, sous une forme personnelle, le sentiment du tragique qui en naît.

Gusto Zagg, “Untitled (Fireworks.mov)”.

Et c’est souvent par le biais d’une litote, d’une opération d’abstraction ou de soustraction, que la violence du monde nous saisit à la gorge dans les œuvres de Gusto Zagg. À Los Angeles, le jeune artiste filme de nuit, depuis le siège passager d’un chauffeur Uber, l’itinéraire macabre de la course-poursuite entre la police et Rodney King. Pour accompagner les images, il enregistre la voix off de son conducteur noir en train de lire un texte du poète et musicien Gil Scott Heron, défenseur de la cause afro-américaine. Minimale et antidramatique, la vidéo de l'artiste franco-sénégalais prend alors des allures sobres d’hommage funèbre. En filigrane s’y inscrit également la problématique de la construction d’une mémoire et d’une identité collectives pour les groupes socialement et économiquement dominés.

 

 

 

Gusto Zagg constitue à partir de la même matière et des mêmes instruments un récit parallèle, abstrait du flux des faits d’actualité.

 

 

Lorsqu'il retourne au Sénégal après vingt années sans s'y rendre, c'est pour y filmer la préparation d’un lutteur. Il en profite pour dresser l’inventaire des signes de la traite des Noirs et de l’ère coloniale, omniprésents dans le pays où est né son père. “J’étais devenu moi-même amnésique de ma culture paternelle, qui est très éloignée de la mienne. Comme si je construisais un document de recherche, j’ai compilé les signes d’une mémoire qui est encore visible dans l’espace public, celle d’une domination politique qui s’est aussi exercée à travers la domination des corps.” Mélangeant le format HD, la VHS, l'iPhone, le Super 8 ou encore la Webcam, cette vidéo hybride mixe ainsi les codes formels du document de recherche et ceux des clips de rap contemporains.

 

Détournant les formats pop et médiatiques, et les différents régimes d’images qui construisent la façon dont notre société se représente à ses propres yeux, Gusto Zagg constitue à partir de la même matière et des mêmes instruments un récit parallèle, abstrait du flux des faits d’actualité. Il se refuse pour la même raison à dater ses oeuvres, et même à proprement les titrer… En espérant pouvoir réussir à infiltrer le milieu de l’art sans devoir y sacrifier sa stratégie d’anonymat et de transgression.

 

www.gustozagg.com

Gusto Zagg, “Untitled (Senegal)”.

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