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21 Novembre

Pierre et Gilles consacrent les stars de la musique

 

Depuis leur association en 1976, les artistes Pierre et Gilles ne cessent de relier leur pratique artistique au monde de la musique. Jusqu’au 23 février, la Philharmonie rassemble dans l'exposition “Pierre et Gilles. La fabrique des idoles“ des dizaines de portraits de musiciens, capturés dans l'univers délicieusement kitsch à la frontière du merveilleux qui a fait la signature du duo. D’Étienne Daho à Stromae, de Sheila à Clara Luciani, en passant par Marilyn Manson, Madonna, Lio ou Michael Jackson, tous s'y voient immortalisés en nouvelles idoles du monde contemporain.

Par Anna Prudhomme

Pierre et Gilles, “Amanda Lear (Amanda Lear)”, (1980)
1/11
Pierre et Gilles, “Comme un garçon (Sylvie Vartan)”, 1996
2/11
Pierre et Gilles, “Extase (Arielle Dombasle)” (2002).
3/11
Pierre et Gilles, “For Ever (Stromae)” (2014).
4/11
Pierre et Gilles, “Madone au cœur blessé (Lio)” (1991).
5/11
Pierre et Gilles, “La Madone aux fleurs (Clara Luciani)”, 2019
6/11
Pierre et Gilles, “Le Grand Amour (Marilyn Manson et Dita Von Teese)”,(2004)
7/11
Pierre et Gilles, “Le mystère de l’amour (Marie France et Marc Almond)”, 1992
8/11
Pierre et Gilles, “Legend (Madonna)” (1995)
9/11
Pierre et Gilles, “Nina Hagen (Nina Hagen)”, (1993)
10/11
Pierre et Gilles, “Sainte Mary MacKillop (Kylie Minogue)” (1995)
11/11
Pierre et Gilles, “Amanda Lear (Amanda Lear)”, (1980)
 Pierre et Gilles, “Comme un garçon (Sylvie Vartan)”, 1996
Pierre et Gilles, “Extase (Arielle Dombasle)” (2002).
Pierre et Gilles, “For Ever (Stromae)” (2014).
Pierre et Gilles, “Madone au cœur blessé (Lio)” (1991).
Pierre et Gilles, “La Madone aux fleurs (Clara Luciani)”, 2019
  Pierre et Gilles, “Le Grand Amour (Marilyn Manson et Dita Von Teese)”,(2004)
  Pierre et Gilles, “Le mystère de l’amour (Marie France et Marc Almond)”, 1992
Pierre et Gilles, “Legend (Madonna)” (1995)
Pierre et Gilles, “Nina Hagen (Nina Hagen)”, (1993)
Pierre et Gilles, “Sainte Mary MacKillop (Kylie Minogue)” (1995)

Des fans de Claude François qui chaque année se rassemblent pour l'anniversaire de sa mort aux groupies déchaînées des boys band de K-pop qui les suivent dans toute leur tournée, les chanteurs font l’objet depuis longtemps d’une adulation hors normes. Toutefois, les relations entre les musiciens et leurs fans se voient de plus en plus parsemées de débordements passionnels : en 1996, un fan éperdu de la chanteuse islandaise Björk lui envoie un colis piégé à l'acide sulfurique avant de se tirer une balle dans la tempe, tandis qu'en 2010, un ancien pompier obsédé par Madonna taggue à la bombe sa voiture et le devant de sa maison new-yorkaise. Indéniablement, le comportement obsessionnel à la limite de la folie de certains fans n’est pas sans rappeler la manière dont les fondamentalistes religieux peuvent s'extasier devant leurs idoles.

 

Ce rapprochement symbolique, cela fait plus de quarante ans que le duo français Pierre et Gilles s'y intéresse. Des premières pochettes d’Indochine à la réalisation de plusieurs clips dans les années 80 en passant par leurs nombreuses rencontres au Palace, incontournable discothèque du Faubourg Montmartre, les deux artistes ont toujours travaillé de près avec des musiciens. Après s'être rencontés dans une soirée en 1976, ils commencent à créer leurs propres représentations des plus célèbres stars de la musique, teintées de l'humour, du kitsch et des paillettes qui leur sont propres : d'abord habillés, mis en scène et photographiés par Pierre, les modèles sont ensuite sublimés voire métamorphosés par la peinture de Gilles, pour être présentés comme de véritables objets de culte. 

Pierre et Gilles, “Sainte Mary MacKillop (Kylie Minogue)” (1995)

Pierre et Gilles, “Legend (Madonna)” (1995)

En effet, derrière ces stars de notre époque, les codes traditionnels des icônes religieuses, des saints et des divinités sont bien présents : à la diva australienne Kylie Minogue, Pierre et Gilles font emprunter la tenue de sainte Mary MacKillop, la première sainte catholique issue de ce même pays. Muriel Moreno, chanteuse du groupe Niagara, s'incarne en sainte Viviane alors que Madonna est représentée comme le prophète Ushiwaka, divinité japonaise. Dans un encadrement couleur or, la chanteuse Lio porte quant à elle son cœur entre les mains, coiffe royale sur la tête et larmes de cristal sur les joues : elle apparaît en Madone au cœur brisé. Dévotion religieuse ou adulation d'une star, le chanteur belge Stromae est auréolé de lumière pour la couverture du Numéro homme automne-hiver 2014. Mains jointes, une larme coule sur sa joue, alors qu'il arbore une chemise à l'efigie de Cesária Évora chanteuse cap-verdienne dont il est fan. Tous ces musiciens stars, de Claude François à Michael Jackson, se voient ainsi revêtir l'accoutrement sacré par le duo d'artistes.

 

Depuis hier, une centaine de ces fascinants portraits sont à voir à la Cité de la musique, l'un des deux bâtiments de la Philharmonie de Paris, présentés dans des cadres dorés, multicolore ou couleur bonbon. Jusqu'au 23 février, l’exposition “La fabrique des idoles” revient sur cette fructueuse relation de Pierre et Gilles à la musique en proposant d’errer en chanson entre les œuvres, chacune jouant dans l’audioguide un morceau du musicien mis en scène : on y retrouve, entre autres, l’incontournable Iggy Pop, la chanteuse Amanda Lear, le sombre Étienne Daho ou encore la sulfureuse Arielle Dombasle. Pour pousser encore plus loin leur regard sur les idoles d'aujourd'hui, le tandem va même jusqu'à imaginer la chambre fictive d’un fan de Sylvie Vartan : posters, souvenirs, coussins, t-shirt et autres objets collectors, tous sont à l’effigie de la chanteuse yéyé… Quand l'image du sacré enchante et fait rêver, jusqu'à l’écœurement.

 

Pierre et Gilles : la fabrique des idoles“ jusqu’au 23 février à la Philharmonie de Paris.

Pierre et Gilles, “Extase (Arielle Dombasle)” (2002). 

Pierre et Gilles, “For Ever (Stromae)” (2014).

 

 

 

 

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