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12 Juin

Roger Ballen ouvre grand les portes de ses cauchemars à la Halle Saint Pierre

 

Depuis le 7 septembre dernier, la Halle Saint Pierre – musée parisien consacré à l'art brut et outsider à quelques pas de la basilique du Sacré-Cœur – consacre une rétrospective d'ampleur au photographe américain Roger Ballen, la plus grande qu'il ait jamais connu. Sa réouverture récente offre l'occasion de plonger dans l'univers hanté de cet artiste fasciné par les mystères de l'humain et de son inconscient, qui s'incarnent dans ses mises en scène inquiétantes en noir et blanc où se croisent hommes et femmes marginaux, animaux, poupées et fantômes. À cette occasion exceptionnelle, le photographe recrée ici ses décors favoris à travers une étonnante installation in situ. 

Par Matthieu Jacquet

Roger Ballen, “Addict” (2014).
1/13
Roger Ballen, “The Back of the Mind” (2012).
2/13
Roger Ballen, “Disconnected” (2018).
3/13
Roger Ballen, “Discussion” (2018)
4/13
Roger Ballen, “Immersed” (2016) © Marguerite Rossouw
5/13
Roger Ballen, “Inevetable” (2013).
6/13
Roger Ballen, “Mimicry“ (2005)
7/13
Roger Ballen, “Roger Drawing 1” (2018) © Marguerite Rossouw
8/13
Roger Ballen, “Roger Drawing 2” (2018) © Marguerite Rossouw
9/13
Roger Ballen, “Roger in the Family Room” (2014) © Marguerite Rossouw
10/13
Roger Ballen, “Roger’s Roger” (2019) © Marguerite Rossouw
11/13
Roger Ballen, “Superman” (2018)
12/13
Roger Ballen, “Waif” (2012).
13/13
Roger Ballen, “Addict” (2014).
Roger Ballen, “The Back of the Mind” (2012).
Roger Ballen, “Disconnected” (2018).
Roger Ballen, “Discussion” (2018)
Roger Ballen, “Immersed” (2016) © Marguerite Rossouw
Roger Ballen, “Inevetable” (2013).
Roger Ballen, “Mimicry“ (2005)
Roger Ballen, “Roger Drawing 1” (2018) © Marguerite Rossouw
Roger Ballen, “Roger Drawing 2” (2018) © Marguerite Rossouw
Roger Ballen, “Roger in the Family Room” (2014) © Marguerite Rossouw
Roger Ballen, “Roger’s Roger” (2019) © Marguerite Rossouw
Roger Ballen, “Superman” (2018)
Roger Ballen, “Waif” (2012).
  • Difficile de qualifier le sentiment qui traverse le spectateur lorsqu’il découvre l’exposition de Roger Ballen à la Halle Saint Pierre. Ressent-il de l’angoisse, du dégoût, du malaise? S’il s’agit bien de cela, comment expliquer alors le puissant magnétisme de ces œuvres, qui provoquent chez lui une indéfectible fascination? Car c’est bien animé par cette attraction presque inconsciente que le regard se pose sur les innombrables clichés en noir et blanc, au même format carré, qui jalonnent les cimaises du premier étage du musée parisien. Des mises en scène où se mêlent tout un ensemble de “gueules” : celles des mannequins en plastique désincarnés, celles des portraits accrochés en arrière plan seemblant provenir tout droit du XIXe siècle, celles des visages grimaçants dessinés sur le mur ou celles des corps, bien réels, qui affrontent l’objectif du photographe avec un air de défi. Car dans cette galerie atypique, toutes les identités – qu’elles soient réelles ou fictives, contemporaines ou ancestrales – sont ramenées au même plan. Unifiés par leurs décors de fortune, par la lumière directe du flash et l’absence quasi totale de profondeur de champ, ces clichés produisent une immersion directe dans l’imaginaire de Roger Ballen. La visite de son monde si singulier peut alors commencer.

     

     

    Un plongeon dans l'altérité et dans les méandres de l'humain

     

     

    Tout au long de cette rétrospective, la plus grande que le photographe de 70 ans ait jamais connu jusque là, le parcours du visiteur est hanté par des regards tantôt menaçants, tantôt apeurés si ce n'est impassibles. Depuis le début de sa carrière photographique il y a bientôt cinq décennies entre l’Afrique du Sud et la Turquie, l’artiste fait dans son travail se côtoyer les contraires : le fantasme et le cauchemar, l’humain et l’animal, la raison et la folie, le corps vivant et l’inanimé jusqu'aux squelettes, cadavres taxidermiés et poupées qui en deviennent des acteurs principaux. Lorsqu’encore apprenti géologue, Roger Ballen quitte les États-Unis pour étudier les “dorps”, ces petits villages ruraux d’Afrique du Sud, c’est davantage pour leur population que pour les propriétés physiques de leurs paysages que le jeune homme développera finalement un vif intérêt. Dès lors commence un véritable sondage de l’humain et des mystères infinis de son inconscient, que ses clichés traduisent de plus en plus au fil des ans tout en respectant presque toujours une même constante visuelle : le noir et blanc. À partir des années 90, désormais installé pour de bon à Johannesburg depuis une dizaine d’années, le photographe assume sa signature et décide d’immortaliser ces individus sur la tangente. À la beauté cosmétique des mannequins et aux visages lisses de la jeunesse, largement répandus dans le portrait photographique, il préfèrera les marginaux, les “parias”, les invisibles – en somme, tous ces corps hors des codes préétablis d'une certaine normalité.

  • Difficile de qualifier le sentiment qui traverse le spectateur lorsqu’il découvre l’exposition de Roger Ballen à la Halle Saint Pierre. Ressent-il de l’angoisse, du dégoût, du malaise? S’il s’agit bien de cela, comment expliquer alors le puissant magnétisme de ces œuvres, qui provoquent chez lui une indéfectible fascination? Car c’est bien animé par cette attraction presque inconsciente que le regard se pose sur les innombrables clichés en noir et blanc, au même format carré, qui jalonnent les cimaises du premier étage du musée parisien. Des mises en scène où se mêlent tout un ensemble de “gueules” : celles des mannequins en plastique désincarnés, celles des portraits accrochés en arrière plan seemblant provenir tout droit du XIXe siècle, celles des visages grimaçants dessinés sur le mur ou celles des corps, bien réels, qui affrontent l’objectif du photographe avec un air de défi. Car dans cette galerie atypique, toutes les identités – qu’elles soient réelles ou fictives, contemporaines ou ancestrales – sont ramenées au même plan. Unifiés par leurs décors de fortune, par la lumière directe du flash et l’absence quasi totale de profondeur de champ, ces clichés produisent une immersion directe dans l’imaginaire de Roger Ballen. La visite de son monde si singulier peut alors commencer.

     

     

    Un plongeon dans l'altérité et dans les méandres de l'humain

     

     

    Tout au long de cette rétrospective, la plus grande que le photographe de 70 ans ait jamais connu jusque là, le parcours du visiteur est hanté par des regards tantôt menaçants, tantôt apeurés si ce n'est impassibles. Depuis le début de sa carrière photographique il y a bientôt cinq décennies entre l’Afrique du Sud et la Turquie, l’artiste fait dans son travail se côtoyer les contraires : le fantasme et le cauchemar, l’humain et l’animal, la raison et la folie, le corps vivant et l’inanimé jusqu'aux squelettes, cadavres taxidermiés et poupées qui en deviennent des acteurs principaux. Lorsqu’encore apprenti géologue, Roger Ballen quitte les États-Unis pour étudier les “dorps”, ces petits villages ruraux d’Afrique du Sud, c’est davantage pour leur population que pour les propriétés physiques de leurs paysages que le jeune homme développera finalement un vif intérêt. Dès lors commence un véritable sondage de l’humain et des mystères infinis de son inconscient, que ses clichés traduisent de plus en plus au fil des ans tout en respectant presque toujours une même constante visuelle : le noir et blanc. À partir des années 90, désormais installé pour de bon à Johannesburg depuis une dizaine d’années, le photographe assume sa signature et décide d’immortaliser ces individus sur la tangente. À la beauté cosmétique des mannequins et aux visages lisses de la jeunesse, largement répandus dans le portrait photographique, il préfèrera les marginaux, les “parias”, les invisibles – en somme, tous ces corps hors des codes préétablis d'une certaine normalité.

  • Difficile de qualifier le sentiment qui traverse le spectateur lorsqu’il découvre l’exposition de Roger Ballen à la Halle Saint Pierre. Ressent-il de l’angoisse, du dégoût, du malaise? S’il s’agit bien de cela, comment expliquer alors le puissant magnétisme de ces œuvres, qui provoquent chez lui une indéfectible fascination? Car c’est bien animé par cette attraction presque inconsciente que le regard se pose sur les innombrables clichés en noir et blanc, au même format carré, qui jalonnent les cimaises du premier étage du musée parisien. Des mises en scène où se mêlent tout un ensemble de “gueules” : celles des mannequins en plastique désincarnés, celles des portraits accrochés en arrière plan seemblant provenir tout droit du XIXe siècle, celles des visages grimaçants dessinés sur le mur ou celles des corps, bien réels, qui affrontent l’objectif du photographe avec un air de défi. Car dans cette galerie atypique, toutes les identités – qu’elles soient réelles ou fictives, contemporaines ou ancestrales – sont ramenées au même plan. Unifiés par leurs décors de fortune, par la lumière directe du flash et l’absence quasi totale de profondeur de champ, ces clichés produisent une immersion directe dans l’imaginaire de Roger Ballen. La visite de son monde si singulier peut alors commencer.

     

     

    Un plongeon dans l'altérité et dans les méandres de l'humain

     

     

    Tout au long de cette rétrospective, la plus grande que le photographe de 70 ans ait jamais connu jusque là, le parcours du visiteur est hanté par des regards tantôt menaçants, tantôt apeurés si ce n'est impassibles. Depuis le début de sa carrière photographique il y a bientôt cinq décennies entre l’Afrique du Sud et la Turquie, l’artiste fait dans son travail se côtoyer les contraires : le fantasme et le cauchemar, l’humain et l’animal, la raison et la folie, le corps vivant et l’inanimé jusqu'aux squelettes, cadavres taxidermiés et poupées qui en deviennent des acteurs principaux. Lorsqu’encore apprenti géologue, Roger Ballen quitte les États-Unis pour étudier les “dorps”, ces petits villages ruraux d’Afrique du Sud, c’est davantage pour leur population que pour les propriétés physiques de leurs paysages que le jeune homme développera finalement un vif intérêt. Dès lors commence un véritable sondage de l’humain et des mystères infinis de son inconscient, que ses clichés traduisent de plus en plus au fil des ans tout en respectant presque toujours une même constante visuelle : le noir et blanc. À partir des années 90, désormais installé pour de bon à Johannesburg depuis une dizaine d’années, le photographe assume sa signature et décide d’immortaliser ces individus sur la tangente. À la beauté cosmétique des mannequins et aux visages lisses de la jeunesse, largement répandus dans le portrait photographique, il préfèrera les marginaux, les “parias”, les invisibles – en somme, tous ces corps hors des codes préétablis d'une certaine normalité.

  • Difficile de qualifier le sentiment qui traverse le spectateur lorsqu’il découvre l’exposition de Roger Ballen à la Halle Saint Pierre. Ressent-il de l’angoisse, du dégoût, du malaise? S’il s’agit bien de cela, comment expliquer alors le puissant magnétisme de ces œuvres, qui provoquent chez lui une indéfectible fascination? Car c’est bien animé par cette attraction presque inconsciente que le regard se pose sur les innombrables clichés en noir et blanc, au même format carré, qui jalonnent les cimaises du premier étage du musée parisien. Des mises en scène où se mêlent tout un ensemble de “gueules” : celles des mannequins en plastique désincarnés, celles des portraits accrochés en arrière plan seemblant provenir tout droit du XIXe siècle, celles des visages grimaçants dessinés sur le mur ou celles des corps, bien réels, qui affrontent l’objectif du photographe avec un air de défi. Car dans cette galerie atypique, toutes les identités – qu’elles soient réelles ou fictives, contemporaines ou ancestrales – sont ramenées au même plan. Unifiés par leurs décors de fortune, par la lumière directe du flash et l’absence quasi totale de profondeur de champ, ces clichés produisent une immersion directe dans l’imaginaire de Roger Ballen. La visite de son monde si singulier peut alors commencer.

     

     

    Un plongeon dans l'altérité et dans les méandres de l'humain

     

     

    Tout au long de cette rétrospective, la plus grande que le photographe de 70 ans ait jamais connu jusque là, le parcours du visiteur est hanté par des regards tantôt menaçants, tantôt apeurés si ce n'est impassibles. Depuis le début de sa carrière photographique il y a bientôt cinq décennies entre l’Afrique du Sud et la Turquie, l’artiste fait dans son travail se côtoyer les contraires : le fantasme et le cauchemar, l’humain et l’animal, la raison et la folie, le corps vivant et l’inanimé jusqu'aux squelettes, cadavres taxidermiés et poupées qui en deviennent des acteurs principaux. Lorsqu’encore apprenti géologue, Roger Ballen quitte les États-Unis pour étudier les “dorps”, ces petits villages ruraux d’Afrique du Sud, c’est davantage pour leur population que pour les propriétés physiques de leurs paysages que le jeune homme développera finalement un vif intérêt. Dès lors commence un véritable sondage de l’humain et des mystères infinis de son inconscient, que ses clichés traduisent de plus en plus au fil des ans tout en respectant presque toujours une même constante visuelle : le noir et blanc. À partir des années 90, désormais installé pour de bon à Johannesburg depuis une dizaine d’années, le photographe assume sa signature et décide d’immortaliser ces individus sur la tangente. À la beauté cosmétique des mannequins et aux visages lisses de la jeunesse, largement répandus dans le portrait photographique, il préfèrera les marginaux, les “parias”, les invisibles – en somme, tous ces corps hors des codes préétablis d'une certaine normalité.

  • Difficile de qualifier le sentiment qui traverse le spectateur lorsqu’il découvre l’exposition de Roger Ballen à la Halle Saint Pierre. Ressent-il de l’angoisse, du dégoût, du malaise? S’il s’agit bien de cela, comment expliquer alors le puissant magnétisme de ces œuvres, qui provoquent chez lui une indéfectible fascination? Car c’est bien animé par cette attraction presque inconsciente que le regard se pose sur les innombrables clichés en noir et blanc, au même format carré, qui jalonnent les cimaises du premier étage du musée parisien. Des mises en scène où se mêlent tout un ensemble de “gueules” : celles des mannequins en plastique désincarnés, celles des portraits accrochés en arrière plan seemblant provenir tout droit du XIXe siècle, celles des visages grimaçants dessinés sur le mur ou celles des corps, bien réels, qui affrontent l’objectif du photographe avec un air de défi. Car dans cette galerie atypique, toutes les identités – qu’elles soient réelles ou fictives, contemporaines ou ancestrales – sont ramenées au même plan. Unifiés par leurs décors de fortune, par la lumière directe du flash et l’absence quasi totale de profondeur de champ, ces clichés produisent une immersion directe dans l’imaginaire de Roger Ballen. La visite de son monde si singulier peut alors commencer.

     

     

    Un plongeon dans l'altérité et dans les méandres de l'humain

     

     

    Tout au long de cette rétrospective, la plus grande que le photographe de 70 ans ait jamais connu jusque là, le parcours du visiteur est hanté par des regards tantôt menaçants, tantôt apeurés si ce n'est impassibles. Depuis le début de sa carrière photographique il y a bientôt cinq décennies entre l’Afrique du Sud et la Turquie, l’artiste fait dans son travail se côtoyer les contraires : le fantasme et le cauchemar, l’humain et l’animal, la raison et la folie, le corps vivant et l’inanimé jusqu'aux squelettes, cadavres taxidermiés et poupées qui en deviennent des acteurs principaux. Lorsqu’encore apprenti géologue, Roger Ballen quitte les États-Unis pour étudier les “dorps”, ces petits villages ruraux d’Afrique du Sud, c’est davantage pour leur population que pour les propriétés physiques de leurs paysages que le jeune homme développera finalement un vif intérêt. Dès lors commence un véritable sondage de l’humain et des mystères infinis de son inconscient, que ses clichés traduisent de plus en plus au fil des ans tout en respectant presque toujours une même constante visuelle : le noir et blanc. À partir des années 90, désormais installé pour de bon à Johannesburg depuis une dizaine d’années, le photographe assume sa signature et décide d’immortaliser ces individus sur la tangente. À la beauté cosmétique des mannequins et aux visages lisses de la jeunesse, largement répandus dans le portrait photographique, il préfèrera les marginaux, les “parias”, les invisibles – en somme, tous ces corps hors des codes préétablis d'une certaine normalité.

  • Difficile de qualifier le sentiment qui traverse le spectateur lorsqu’il découvre l’exposition de Roger Ballen à la Halle Saint Pierre. Ressent-il de l’angoisse, du dégoût, du malaise? S’il s’agit bien de cela, comment expliquer alors le puissant magnétisme de ces œuvres, qui provoquent chez lui une indéfectible fascination? Car c’est bien animé par cette attraction presque inconsciente que le regard se pose sur les innombrables clichés en noir et blanc, au même format carré, qui jalonnent les cimaises du premier étage du musée parisien. Des mises en scène où se mêlent tout un ensemble de “gueules” : celles des mannequins en plastique désincarnés, celles des portraits accrochés en arrière plan seemblant provenir tout droit du XIXe siècle, celles des visages grimaçants dessinés sur le mur ou celles des corps, bien réels, qui affrontent l’objectif du photographe avec un air de défi. Car dans cette galerie atypique, toutes les identités – qu’elles soient réelles ou fictives, contemporaines ou ancestrales – sont ramenées au même plan. Unifiés par leurs décors de fortune, par la lumière directe du flash et l’absence quasi totale de profondeur de champ, ces clichés produisent une immersion directe dans l’imaginaire de Roger Ballen. La visite de son monde si singulier peut alors commencer.

     

     

    Un plongeon dans l'altérité et dans les méandres de l'humain

     

     

    Tout au long de cette rétrospective, la plus grande que le photographe de 70 ans ait jamais connu jusque là, le parcours du visiteur est hanté par des regards tantôt menaçants, tantôt apeurés si ce n'est impassibles. Depuis le début de sa carrière photographique il y a bientôt cinq décennies entre l’Afrique du Sud et la Turquie, l’artiste fait dans son travail se côtoyer les contraires : le fantasme et le cauchemar, l’humain et l’animal, la raison et la folie, le corps vivant et l’inanimé jusqu'aux squelettes, cadavres taxidermiés et poupées qui en deviennent des acteurs principaux. Lorsqu’encore apprenti géologue, Roger Ballen quitte les États-Unis pour étudier les “dorps”, ces petits villages ruraux d’Afrique du Sud, c’est davantage pour leur population que pour les propriétés physiques de leurs paysages que le jeune homme développera finalement un vif intérêt. Dès lors commence un véritable sondage de l’humain et des mystères infinis de son inconscient, que ses clichés traduisent de plus en plus au fil des ans tout en respectant presque toujours une même constante visuelle : le noir et blanc. À partir des années 90, désormais installé pour de bon à Johannesburg depuis une dizaine d’années, le photographe assume sa signature et décide d’immortaliser ces individus sur la tangente. À la beauté cosmétique des mannequins et aux visages lisses de la jeunesse, largement répandus dans le portrait photographique, il préfèrera les marginaux, les “parias”, les invisibles – en somme, tous ces corps hors des codes préétablis d'une certaine normalité.

  • Difficile de qualifier le sentiment qui traverse le spectateur lorsqu’il découvre l’exposition de Roger Ballen à la Halle Saint Pierre. Ressent-il de l’angoisse, du dégoût, du malaise? S’il s’agit bien de cela, comment expliquer alors le puissant magnétisme de ces œuvres, qui provoquent chez lui une indéfectible fascination? Car c’est bien animé par cette attraction presque inconsciente que le regard se pose sur les innombrables clichés en noir et blanc, au même format carré, qui jalonnent les cimaises du premier étage du musée parisien. Des mises en scène où se mêlent tout un ensemble de “gueules” : celles des mannequins en plastique désincarnés, celles des portraits accrochés en arrière plan seemblant provenir tout droit du XIXe siècle, celles des visages grimaçants dessinés sur le mur ou celles des corps, bien réels, qui affrontent l’objectif du photographe avec un air de défi. Car dans cette galerie atypique, toutes les identités – qu’elles soient réelles ou fictives, contemporaines ou ancestrales – sont ramenées au même plan. Unifiés par leurs décors de fortune, par la lumière directe du flash et l’absence quasi totale de profondeur de champ, ces clichés produisent une immersion directe dans l’imaginaire de Roger Ballen. La visite de son monde si singulier peut alors commencer.

     

     

    Un plongeon dans l'altérité et dans les méandres de l'humain

     

     

    Tout au long de cette rétrospective, la plus grande que le photographe de 70 ans ait jamais connu jusque là, le parcours du visiteur est hanté par des regards tantôt menaçants, tantôt apeurés si ce n'est impassibles. Depuis le début de sa carrière photographique il y a bientôt cinq décennies entre l’Afrique du Sud et la Turquie, l’artiste fait dans son travail se côtoyer les contraires : le fantasme et le cauchemar, l’humain et l’animal, la raison et la folie, le corps vivant et l’inanimé jusqu'aux squelettes, cadavres taxidermiés et poupées qui en deviennent des acteurs principaux. Lorsqu’encore apprenti géologue, Roger Ballen quitte les États-Unis pour étudier les “dorps”, ces petits villages ruraux d’Afrique du Sud, c’est davantage pour leur population que pour les propriétés physiques de leurs paysages que le jeune homme développera finalement un vif intérêt. Dès lors commence un véritable sondage de l’humain et des mystères infinis de son inconscient, que ses clichés traduisent de plus en plus au fil des ans tout en respectant presque toujours une même constante visuelle : le noir et blanc. À partir des années 90, désormais installé pour de bon à Johannesburg depuis une dizaine d’années, le photographe assume sa signature et décide d’immortaliser ces individus sur la tangente. À la beauté cosmétique des mannequins et aux visages lisses de la jeunesse, largement répandus dans le portrait photographique, il préfèrera les marginaux, les “parias”, les invisibles – en somme, tous ces corps hors des codes préétablis d'une certaine normalité.

  • Difficile de qualifier le sentiment qui traverse le spectateur lorsqu’il découvre l’exposition de Roger Ballen à la Halle Saint Pierre. Ressent-il de l’angoisse, du dégoût, du malaise? S’il s’agit bien de cela, comment expliquer alors le puissant magnétisme de ces œuvres, qui provoquent chez lui une indéfectible fascination? Car c’est bien animé par cette attraction presque inconsciente que le regard se pose sur les innombrables clichés en noir et blanc, au même format carré, qui jalonnent les cimaises du premier étage du musée parisien. Des mises en scène où se mêlent tout un ensemble de “gueules” : celles des mannequins en plastique désincarnés, celles des portraits accrochés en arrière plan seemblant provenir tout droit du XIXe siècle, celles des visages grimaçants dessinés sur le mur ou celles des corps, bien réels, qui affrontent l’objectif du photographe avec un air de défi. Car dans cette galerie atypique, toutes les identités – qu’elles soient réelles ou fictives, contemporaines ou ancestrales – sont ramenées au même plan. Unifiés par leurs décors de fortune, par la lumière directe du flash et l’absence quasi totale de profondeur de champ, ces clichés produisent une immersion directe dans l’imaginaire de Roger Ballen. La visite de son monde si singulier peut alors commencer.

     

     

    Un plongeon dans l'altérité et dans les méandres de l'humain

     

     

    Tout au long de cette rétrospective, la plus grande que le photographe de 70 ans ait jamais connu jusque là, le parcours du visiteur est hanté par des regards tantôt menaçants, tantôt apeurés si ce n'est impassibles. Depuis le début de sa carrière photographique il y a bientôt cinq décennies entre l’Afrique du Sud et la Turquie, l’artiste fait dans son travail se côtoyer les contraires : le fantasme et le cauchemar, l’humain et l’animal, la raison et la folie, le corps vivant et l’inanimé jusqu'aux squelettes, cadavres taxidermiés et poupées qui en deviennent des acteurs principaux. Lorsqu’encore apprenti géologue, Roger Ballen quitte les États-Unis pour étudier les “dorps”, ces petits villages ruraux d’Afrique du Sud, c’est davantage pour leur population que pour les propriétés physiques de leurs paysages que le jeune homme développera finalement un vif intérêt. Dès lors commence un véritable sondage de l’humain et des mystères infinis de son inconscient, que ses clichés traduisent de plus en plus au fil des ans tout en respectant presque toujours une même constante visuelle : le noir et blanc. À partir des années 90, désormais installé pour de bon à Johannesburg depuis une dizaine d’années, le photographe assume sa signature et décide d’immortaliser ces individus sur la tangente. À la beauté cosmétique des mannequins et aux visages lisses de la jeunesse, largement répandus dans le portrait photographique, il préfèrera les marginaux, les “parias”, les invisibles – en somme, tous ces corps hors des codes préétablis d'une certaine normalité.

  • Difficile de qualifier le sentiment qui traverse le spectateur lorsqu’il découvre l’exposition de Roger Ballen à la Halle Saint Pierre. Ressent-il de l’angoisse, du dégoût, du malaise? S’il s’agit bien de cela, comment expliquer alors le puissant magnétisme de ces œuvres, qui provoquent chez lui une indéfectible fascination? Car c’est bien animé par cette attraction presque inconsciente que le regard se pose sur les innombrables clichés en noir et blanc, au même format carré, qui jalonnent les cimaises du premier étage du musée parisien. Des mises en scène où se mêlent tout un ensemble de “gueules” : celles des mannequins en plastique désincarnés, celles des portraits accrochés en arrière plan seemblant provenir tout droit du XIXe siècle, celles des visages grimaçants dessinés sur le mur ou celles des corps, bien réels, qui affrontent l’objectif du photographe avec un air de défi. Car dans cette galerie atypique, toutes les identités – qu’elles soient réelles ou fictives, contemporaines ou ancestrales – sont ramenées au même plan. Unifiés par leurs décors de fortune, par la lumière directe du flash et l’absence quasi totale de profondeur de champ, ces clichés produisent une immersion directe dans l’imaginaire de Roger Ballen. La visite de son monde si singulier peut alors commencer.

     

     

    Un plongeon dans l'altérité et dans les méandres de l'humain

     

     

    Tout au long de cette rétrospective, la plus grande que le photographe de 70 ans ait jamais connu jusque là, le parcours du visiteur est hanté par des regards tantôt menaçants, tantôt apeurés si ce n'est impassibles. Depuis le début de sa carrière photographique il y a bientôt cinq décennies entre l’Afrique du Sud et la Turquie, l’artiste fait dans son travail se côtoyer les contraires : le fantasme et le cauchemar, l’humain et l’animal, la raison et la folie, le corps vivant et l’inanimé jusqu'aux squelettes, cadavres taxidermiés et poupées qui en deviennent des acteurs principaux. Lorsqu’encore apprenti géologue, Roger Ballen quitte les États-Unis pour étudier les “dorps”, ces petits villages ruraux d’Afrique du Sud, c’est davantage pour leur population que pour les propriétés physiques de leurs paysages que le jeune homme développera finalement un vif intérêt. Dès lors commence un véritable sondage de l’humain et des mystères infinis de son inconscient, que ses clichés traduisent de plus en plus au fil des ans tout en respectant presque toujours une même constante visuelle : le noir et blanc. À partir des années 90, désormais installé pour de bon à Johannesburg depuis une dizaine d’années, le photographe assume sa signature et décide d’immortaliser ces individus sur la tangente. À la beauté cosmétique des mannequins et aux visages lisses de la jeunesse, largement répandus dans le portrait photographique, il préfèrera les marginaux, les “parias”, les invisibles – en somme, tous ces corps hors des codes préétablis d'une certaine normalité.

  • Difficile de qualifier le sentiment qui traverse le spectateur lorsqu’il découvre l’exposition de Roger Ballen à la Halle Saint Pierre. Ressent-il de l’angoisse, du dégoût, du malaise? S’il s’agit bien de cela, comment expliquer alors le puissant magnétisme de ces œuvres, qui provoquent chez lui une indéfectible fascination? Car c’est bien animé par cette attraction presque inconsciente que le regard se pose sur les innombrables clichés en noir et blanc, au même format carré, qui jalonnent les cimaises du premier étage du musée parisien. Des mises en scène où se mêlent tout un ensemble de “gueules” : celles des mannequins en plastique désincarnés, celles des portraits accrochés en arrière plan seemblant provenir tout droit du XIXe siècle, celles des visages grimaçants dessinés sur le mur ou celles des corps, bien réels, qui affrontent l’objectif du photographe avec un air de défi. Car dans cette galerie atypique, toutes les identités – qu’elles soient réelles ou fictives, contemporaines ou ancestrales – sont ramenées au même plan. Unifiés par leurs décors de fortune, par la lumière directe du flash et l’absence quasi totale de profondeur de champ, ces clichés produisent une immersion directe dans l’imaginaire de Roger Ballen. La visite de son monde si singulier peut alors commencer.

     

     

    Un plongeon dans l'altérité et dans les méandres de l'humain

     

     

    Tout au long de cette rétrospective, la plus grande que le photographe de 70 ans ait jamais connu jusque là, le parcours du visiteur est hanté par des regards tantôt menaçants, tantôt apeurés si ce n'est impassibles. Depuis le début de sa carrière photographique il y a bientôt cinq décennies entre l’Afrique du Sud et la Turquie, l’artiste fait dans son travail se côtoyer les contraires : le fantasme et le cauchemar, l’humain et l’animal, la raison et la folie, le corps vivant et l’inanimé jusqu'aux squelettes, cadavres taxidermiés et poupées qui en deviennent des acteurs principaux. Lorsqu’encore apprenti géologue, Roger Ballen quitte les États-Unis pour étudier les “dorps”, ces petits villages ruraux d’Afrique du Sud, c’est davantage pour leur population que pour les propriétés physiques de leurs paysages que le jeune homme développera finalement un vif intérêt. Dès lors commence un véritable sondage de l’humain et des mystères infinis de son inconscient, que ses clichés traduisent de plus en plus au fil des ans tout en respectant presque toujours une même constante visuelle : le noir et blanc. À partir des années 90, désormais installé pour de bon à Johannesburg depuis une dizaine d’années, le photographe assume sa signature et décide d’immortaliser ces individus sur la tangente. À la beauté cosmétique des mannequins et aux visages lisses de la jeunesse, largement répandus dans le portrait photographique, il préfèrera les marginaux, les “parias”, les invisibles – en somme, tous ces corps hors des codes préétablis d'une certaine normalité.

  • Difficile de qualifier le sentiment qui traverse le spectateur lorsqu’il découvre l’exposition de Roger Ballen à la Halle Saint Pierre. Ressent-il de l’angoisse, du dégoût, du malaise? S’il s’agit bien de cela, comment expliquer alors le puissant magnétisme de ces œuvres, qui provoquent chez lui une indéfectible fascination? Car c’est bien animé par cette attraction presque inconsciente que le regard se pose sur les innombrables clichés en noir et blanc, au même format carré, qui jalonnent les cimaises du premier étage du musée parisien. Des mises en scène où se mêlent tout un ensemble de “gueules” : celles des mannequins en plastique désincarnés, celles des portraits accrochés en arrière plan seemblant provenir tout droit du XIXe siècle, celles des visages grimaçants dessinés sur le mur ou celles des corps, bien réels, qui affrontent l’objectif du photographe avec un air de défi. Car dans cette galerie atypique, toutes les identités – qu’elles soient réelles ou fictives, contemporaines ou ancestrales – sont ramenées au même plan. Unifiés par leurs décors de fortune, par la lumière directe du flash et l’absence quasi totale de profondeur de champ, ces clichés produisent une immersion directe dans l’imaginaire de Roger Ballen. La visite de son monde si singulier peut alors commencer.

     

     

    Un plongeon dans l'altérité et dans les méandres de l'humain

     

     

    Tout au long de cette rétrospective, la plus grande que le photographe de 70 ans ait jamais connu jusque là, le parcours du visiteur est hanté par des regards tantôt menaçants, tantôt apeurés si ce n'est impassibles. Depuis le début de sa carrière photographique il y a bientôt cinq décennies entre l’Afrique du Sud et la Turquie, l’artiste fait dans son travail se côtoyer les contraires : le fantasme et le cauchemar, l’humain et l’animal, la raison et la folie, le corps vivant et l’inanimé jusqu'aux squelettes, cadavres taxidermiés et poupées qui en deviennent des acteurs principaux. Lorsqu’encore apprenti géologue, Roger Ballen quitte les États-Unis pour étudier les “dorps”, ces petits villages ruraux d’Afrique du Sud, c’est davantage pour leur population que pour les propriétés physiques de leurs paysages que le jeune homme développera finalement un vif intérêt. Dès lors commence un véritable sondage de l’humain et des mystères infinis de son inconscient, que ses clichés traduisent de plus en plus au fil des ans tout en respectant presque toujours une même constante visuelle : le noir et blanc. À partir des années 90, désormais installé pour de bon à Johannesburg depuis une dizaine d’années, le photographe assume sa signature et décide d’immortaliser ces individus sur la tangente. À la beauté cosmétique des mannequins et aux visages lisses de la jeunesse, largement répandus dans le portrait photographique, il préfèrera les marginaux, les “parias”, les invisibles – en somme, tous ces corps hors des codes préétablis d'une certaine normalité.

  • Difficile de qualifier le sentiment qui traverse le spectateur lorsqu’il découvre l’exposition de Roger Ballen à la Halle Saint Pierre. Ressent-il de l’angoisse, du dégoût, du malaise? S’il s’agit bien de cela, comment expliquer alors le puissant magnétisme de ces œuvres, qui provoquent chez lui une indéfectible fascination? Car c’est bien animé par cette attraction presque inconsciente que le regard se pose sur les innombrables clichés en noir et blanc, au même format carré, qui jalonnent les cimaises du premier étage du musée parisien. Des mises en scène où se mêlent tout un ensemble de “gueules” : celles des mannequins en plastique désincarnés, celles des portraits accrochés en arrière plan seemblant provenir tout droit du XIXe siècle, celles des visages grimaçants dessinés sur le mur ou celles des corps, bien réels, qui affrontent l’objectif du photographe avec un air de défi. Car dans cette galerie atypique, toutes les identités – qu’elles soient réelles ou fictives, contemporaines ou ancestrales – sont ramenées au même plan. Unifiés par leurs décors de fortune, par la lumière directe du flash et l’absence quasi totale de profondeur de champ, ces clichés produisent une immersion directe dans l’imaginaire de Roger Ballen. La visite de son monde si singulier peut alors commencer.

     

     

    Un plongeon dans l'altérité et dans les méandres de l'humain

     

     

    Tout au long de cette rétrospective, la plus grande que le photographe de 70 ans ait jamais connu jusque là, le parcours du visiteur est hanté par des regards tantôt menaçants, tantôt apeurés si ce n'est impassibles. Depuis le début de sa carrière photographique il y a bientôt cinq décennies entre l’Afrique du Sud et la Turquie, l’artiste fait dans son travail se côtoyer les contraires : le fantasme et le cauchemar, l’humain et l’animal, la raison et la folie, le corps vivant et l’inanimé jusqu'aux squelettes, cadavres taxidermiés et poupées qui en deviennent des acteurs principaux. Lorsqu’encore apprenti géologue, Roger Ballen quitte les États-Unis pour étudier les “dorps”, ces petits villages ruraux d’Afrique du Sud, c’est davantage pour leur population que pour les propriétés physiques de leurs paysages que le jeune homme développera finalement un vif intérêt. Dès lors commence un véritable sondage de l’humain et des mystères infinis de son inconscient, que ses clichés traduisent de plus en plus au fil des ans tout en respectant presque toujours une même constante visuelle : le noir et blanc. À partir des années 90, désormais installé pour de bon à Johannesburg depuis une dizaine d’années, le photographe assume sa signature et décide d’immortaliser ces individus sur la tangente. À la beauté cosmétique des mannequins et aux visages lisses de la jeunesse, largement répandus dans le portrait photographique, il préfèrera les marginaux, les “parias”, les invisibles – en somme, tous ces corps hors des codes préétablis d'une certaine normalité.

  • Difficile de qualifier le sentiment qui traverse le spectateur lorsqu’il découvre l’exposition de Roger Ballen à la Halle Saint Pierre. Ressent-il de l’angoisse, du dégoût, du malaise? S’il s’agit bien de cela, comment expliquer alors le puissant magnétisme de ces œuvres, qui provoquent chez lui une indéfectible fascination? Car c’est bien animé par cette attraction presque inconsciente que le regard se pose sur les innombrables clichés en noir et blanc, au même format carré, qui jalonnent les cimaises du premier étage du musée parisien. Des mises en scène où se mêlent tout un ensemble de “gueules” : celles des mannequins en plastique désincarnés, celles des portraits accrochés en arrière plan seemblant provenir tout droit du XIXe siècle, celles des visages grimaçants dessinés sur le mur ou celles des corps, bien réels, qui affrontent l’objectif du photographe avec un air de défi. Car dans cette galerie atypique, toutes les identités – qu’elles soient réelles ou fictives, contemporaines ou ancestrales – sont ramenées au même plan. Unifiés par leurs décors de fortune, par la lumière directe du flash et l’absence quasi totale de profondeur de champ, ces clichés produisent une immersion directe dans l’imaginaire de Roger Ballen. La visite de son monde si singulier peut alors commencer.

     

     

    Un plongeon dans l'altérité et dans les méandres de l'humain

     

     

    Tout au long de cette rétrospective, la plus grande que le photographe de 70 ans ait jamais connu jusque là, le parcours du visiteur est hanté par des regards tantôt menaçants, tantôt apeurés si ce n'est impassibles. Depuis le début de sa carrière photographique il y a bientôt cinq décennies entre l’Afrique du Sud et la Turquie, l’artiste fait dans son travail se côtoyer les contraires : le fantasme et le cauchemar, l’humain et l’animal, la raison et la folie, le corps vivant et l’inanimé jusqu'aux squelettes, cadavres taxidermiés et poupées qui en deviennent des acteurs principaux. Lorsqu’encore apprenti géologue, Roger Ballen quitte les États-Unis pour étudier les “dorps”, ces petits villages ruraux d’Afrique du Sud, c’est davantage pour leur population que pour les propriétés physiques de leurs paysages que le jeune homme développera finalement un vif intérêt. Dès lors commence un véritable sondage de l’humain et des mystères infinis de son inconscient, que ses clichés traduisent de plus en plus au fil des ans tout en respectant presque toujours une même constante visuelle : le noir et blanc. À partir des années 90, désormais installé pour de bon à Johannesburg depuis une dizaine d’années, le photographe assume sa signature et décide d’immortaliser ces individus sur la tangente. À la beauté cosmétique des mannequins et aux visages lisses de la jeunesse, largement répandus dans le portrait photographique, il préfèrera les marginaux, les “parias”, les invisibles – en somme, tous ces corps hors des codes préétablis d'une certaine normalité.

Roger Ballen, “Roger Drawing 2” (2018) © Marguerite Rossouw

Roger Ballen, “Inevetable” (2013).

Enfants ou adultes, hommes ou femmes, les modèles choisis par Roger Ballen voient parfois leurs visages peinturlurés ou couverts de masques inquiétants. À l’un d'entre eux est tendue une poule vivante, qu’il doit tenir dans sa main sans se blesser, à l’autre un cochon velu, qui vient se blottir contre son torse. Accompagnés par ses maigres décors, souvent limités à un seul mur frontal, et quelques accessoires, les individus trouvent dans ces mises en scène le salut d’une certaine liberté transitant par un relâchement de leurs pulsions contenues. Ce soulagement de ne plus avoir, pendant quelques minutes, à se soustraire à un monde aliénant. “Mon objectif avec la photographie a été essentiellement, pendant les quarante dernières années, de me définir moi-même. Il s’agissait avant tout d’un voyage psychologique et existentiel.”, écrit l'artiste sur son site internet. Car si derrière chaque nouveau visage capturé, sans filtre, par Roger Ballen se lit une nouvelle subjectivité, ce n’est pas tant l’intériorité du modèle que celle du photographe qui sont ici explicites. Pris dans leur plus grande diversité, les individus deviennent finalement les outils d’expression d’un regard unique : le sien. À ce titre, le départ définitif de Roger Ballen des États-Unis pour l’Afrique du Sud est loin d’être un hasard. Dans sa vie même, le photographe opère ce pas de côté et déplace le regard d’une hégémonie artistique et esthétique occidentale pour encourager la naissance de nouveaux canons.

 

 

De la photographie habitée au théâtre hanté

 

 

Mais alors que le visiteur descend du premier étage de la Halle Saint Pierre pour découvrir son rez-de-chaussée, l’exposition “Le monde selon Roger Ballen” prend un tout autre tournant. Voici que le noir et blanc des photographies et la platitude des images développées laisse place à la couleur et au relief d’un véritable décor, monté dans une salle sombre et circulaire semblable à une arène. Ici, des poupées décapitées s’adossent à un mur et là, des mains et visages émergent des fissures d’une paroi noire. Face à nous, un mannequin à l’apparence d’un vieil homme est affalé sur un sofa, le regard habité par une angoisse saisissante tandis que sa poitrine se gonfle au rythme d’une respiration qui résonne dans la pièce avec une proximité presque intrusive. À sa droite, une femme en robe rose à genoux sur un lit ferme une valise contenant la tête et la jambe d’un homme au corps disparu. Nous voilà plongés dans le théâtre muet de Roger Ballen, celui dont on retrouve régulièrement les fragments dans ses clichés. Un théâtre de marionnettes décloisonné, sans cartel ni parcours déterminé, où le spectateur s’ajoute malgré lui à la liste des protagonistes qu’il découvre au fur et à mesure. Presque absentes, ses photographies ne se retrouvent plus qu’isolées dans un coin de la pièce où elles forment une étroite galerie des ombres peuplée de fantômes. Entre le cabinet de curiosités et la maison des horreurs, cet espace à 360° offre aussi bien une vue d’ensemble galvanisante qu’il nous perd dans ses méandres obscurs.

Roger Ballen, “Waif” (2012).

Roger Ballen, “Roger’s Roger” (2019) © Marguerite Rossouw

Encore davantage gagné par l’inconfort et la confusion, le spectateur ne sais plus où donner de la tête. Guidé par sa pulsion scopique, il cherche à identifier ces multiples visages qui le fixent, ces corps sans têtes et ces têtes sans corps, figés mais non moins habités. Passé un mur de portraits anciens rassemblés comme les vestiges familiaux d’une vieille masure, contournés les poupons et les peluches difformes qui dévoilent de l’enfance un versant dérangeant, voici qu’il découvre un mannequin assis derrière une table, dessinant inlassablement au fusain les mêmes bonshommes qui tapissent les murs. En face de lui, assis au centre de cette oppressante arène, Roger Ballen est là, incarné par une poupée à son effigie. Cran par cran, celle-ci tourne sur elle-même, un appareil photo à la main, dont le bruit de détonation résonne comme la pulsation d’un cœur invisible. Enfin le visiteur se trouve face au chef d'orchestre de cette étrange symphonie matérielle et visuelle. Matérialisé ainsi à taille humaine, le photographe se fait indéniablement le chantre d’un “art outsider” dont l'installation in situ réside bien loin des tendances esthétiques qui dominent l’art contemporain et régissent le marché. Dans un édifiant voyage en arrière, la vaste pièce se clôt par l’un de ses premiers films, réalisé en 1972, véritable envol vers la lumière et la liberté qu'annonçaient déjà les nombreux oiseaux récurrents dans l’ensemble de l’exposition.

 

 

Il est rare que des expositions parviennent a susciter chez le spectateur des sentiments d’une telle intensité.

 

 

“Le terme "réalité" n’a aucun sens pour moi, il est insondable. Je préfèrerais exprimer l’énigme que renferme ce mot plutôt que d’affirmer sa nature fondamentale”, écrivait aussi Roger Ballen. Ni dénonciatrice, ni submergée de références conceptuelles, sa rétrospective à la Halle Saint Pierre se contente d’une humble – bien qu’ambitieuse – tâche : inviter le spectateur dans sa propre réalité et l’y faire se sentir chez lui… ou pas. Il est rare que des expositions parviennent a susciter chez le spectateur des sentiments d’une telle intensité tout en transmettant si justement l'essence d'un œuvre aussi riche. Qu’elle suscite rejet radical ou grand enthousiasme, “Le monde selon Roger Ballen” réussit incontestablement ce tour de force.

 

“Le monde selon Roger Ballen”, jusqu’au 31 juillet à la Halle Saint Pierre, Paris 18e.

Roger Ballen, “Mimicry“ (2005)

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