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10 Janvier

Qui est Tom Rubnitz, le vidéaste queer le plus kitsch des années 80 ?

 

Immergé dans la scène queer et underground new-yorkaise des années 80, l'artiste Tom Rubnitz a capturé la frénésie, l'humour et l'esthétique décalée de l'époque dans ses vidéos aussi drôles que saugrenues. Ce samedi 11 janvier, une sélection de ses films seront projetés dans l'artist run-space Goswell Road, à Paris, durant tout l'après-midi. 

Par Matthieu Jacquet

Tom Rubnitz. Image courtesy Mary Lu Roffe
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Tom Rubnitz, “Pickle Surprise” (1989). Image copyright of the artist, courtesy of Video Data Bank, www.vdb.org, School of the Art Institute of Chicago
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Tom Rubnitz, “Pickle Surprise” (1989). Image copyright of the artist, courtesy of Video Data Bank, www.vdb.org, School of the Art Institute of Chicago
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Tom Rubnitz, “Strawberry Short-Cut” (1989). Image copyright of the artist, courtesy of Video Data Bank, www.vdb.org, School of the Art Institute of Chicago
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Tom Rubnitz, “The Fairies” (1989). Image copyright of the artist, courtesy of Video Data Bank, www.vdb.org, School of the Art Institute of Chicago
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Tom Rubnitz & David Wojnarowicz, “Listen to This” (1992). Image copyright of the artist, courtesy of Video Data Bank, www.vdb.org, School of the Art Institute of Chicago
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Tom Rubnitz, “Wigstock : The Movie” (1987). Image copyright of the artist, courtesy of Video Data Bank, www.vdb.org, School of the Art Institute of Chicago
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Tom Rubnitz. Image courtesy Mary Lu Roffe
Tom Rubnitz, “Pickle Surprise” (1989). Image copyright of the artist, courtesy of Video Data Bank, www.vdb.org, School of the Art Institute of Chicago
Tom Rubnitz, “Pickle Surprise” (1989). Image copyright of the artist, courtesy of Video Data Bank, www.vdb.org, School of the Art Institute of Chicago
Tom Rubnitz, “Strawberry Short-Cut” (1989). Image copyright of the artist, courtesy of Video Data Bank, www.vdb.org, School of the Art Institute of Chicago
Tom Rubnitz, “The Fairies” (1989). Image copyright of the artist, courtesy of Video Data Bank, www.vdb.org, School of the Art Institute of Chicago
Tom Rubnitz & David Wojnarowicz, “Listen to This” (1992). Image copyright of the artist, courtesy of Video Data Bank, www.vdb.org, School of the Art Institute of Chicago
Tom Rubnitz, “Wigstock : The Movie” (1987). Image copyright of the artist, courtesy of Video Data Bank, www.vdb.org, School of the Art Institute of Chicago
  • Maquillage et coiffure outranciers, couleurs acidulées, musique high-energy, lampes à lave et tenues extravagantes : difficile de ne pas reconnaître dans les vidéos de Tom Rubnitz tous les signes caractéristiques de la frénésie des années 80. Encore peu connus aujourd'hui, les petits films de cet artiste américain ont pourtant su capturer l’essence d’un esprit déluré et volontiers transgressif, par leurs mises en scène loufoques interprétées par des figures excentriques de l’époque. 

     

    Un enfant de la télévision

     

    Si Tom Rubnitz est originaire de Chicago, c’est à New York – en plein cœur du quartier multiculturel et bohème de l’East Village – qu’il s’installe et fait la rencontre d'acteurs du milieu queer dans lequel il s’épanouit. Lorsqu’il entame sa pratique filmique au début des années 80, son imaginaire puise dans la pop culture mais aussi dans toute la production visuelle des médias de masse, pour lesquels il se prend d’une passion féconde. En pleine apogée à l’époque, la télévision en couleur constitue l’une de ses sources principales d'inspiration, avec un intérêt tout particulier pour un format précis : les publicités. S’immisçant entre deux programmes, ces produits explicites d’un capitalisme florissant constituent aussi la caricature d’une société en pleine évolution, faisant de ses sujets de nouveaux stéréotypes contemporains. Le vidéaste y discerne alors un grand potentiel dans le détournement des clichés et des codes qui s’implantent progressivement dans l’inconscient collectif : en les tirant vers l’absurde et le bizarre, il permet à son public de mieux les repérer. 

     

    Afin d’imiter le format publicitaire et les émissions télévisuelles, Tom Rubnitz réalise la plupart du temps des vidéos de très courte durée. Tandis que dans Undercover Me ! l’artiste parodie le film d’espion et le personnage de James Bond, il s’attaque aux émissions matinales dans Made for TV – un pastiche de programmes télévisuels tous animés par la même actrice Ann Magnuson – ou plonge dans les excès des nuits de Las Vegas, dans un clip réalisé pour le chanteur et performeur John Sex. En 1986, la vidéo Drag Queen Marathon suit en immersion une tribu de drag queens en plein cœur des rues de New York, allant à la rencontre des passants pendant une journée. L’une d’entre elles conclut la vidéo : “Today, we have loved the world and it has loved us in return” (“Aujourd’hui nous avons aimé le monde, et il nous l’a rendu”). Au détour de ses créations filmiques, on croise la “drag superstar” RuPaul, qui connaît depuis dix ans un succès international avec son émission RuPaul’s Drag Race, son acolyte Lady Bunny ou encore l’artiste David Wojnarowicz, figure engagée de la scène underground new-yorkaise de l’époque. 

  • Maquillage et coiffure outranciers, couleurs acidulées, musique high-energy, lampes à lave et tenues extravagantes : difficile de ne pas reconnaître dans les vidéos de Tom Rubnitz tous les signes caractéristiques de la frénésie des années 80. Encore peu connus aujourd'hui, les petits films de cet artiste américain ont pourtant su capturer l’essence d’un esprit déluré et volontiers transgressif, par leurs mises en scène loufoques interprétées par des figures excentriques de l’époque. 

     

    Un enfant de la télévision

     

    Si Tom Rubnitz est originaire de Chicago, c’est à New York – en plein cœur du quartier multiculturel et bohème de l’East Village – qu’il s’installe et fait la rencontre d'acteurs du milieu queer dans lequel il s’épanouit. Lorsqu’il entame sa pratique filmique au début des années 80, son imaginaire puise dans la pop culture mais aussi dans toute la production visuelle des médias de masse, pour lesquels il se prend d’une passion féconde. En pleine apogée à l’époque, la télévision en couleur constitue l’une de ses sources principales d'inspiration, avec un intérêt tout particulier pour un format précis : les publicités. S’immisçant entre deux programmes, ces produits explicites d’un capitalisme florissant constituent aussi la caricature d’une société en pleine évolution, faisant de ses sujets de nouveaux stéréotypes contemporains. Le vidéaste y discerne alors un grand potentiel dans le détournement des clichés et des codes qui s’implantent progressivement dans l’inconscient collectif : en les tirant vers l’absurde et le bizarre, il permet à son public de mieux les repérer. 

     

    Afin d’imiter le format publicitaire et les émissions télévisuelles, Tom Rubnitz réalise la plupart du temps des vidéos de très courte durée. Tandis que dans Undercover Me ! l’artiste parodie le film d’espion et le personnage de James Bond, il s’attaque aux émissions matinales dans Made for TV – un pastiche de programmes télévisuels tous animés par la même actrice Ann Magnuson – ou plonge dans les excès des nuits de Las Vegas, dans un clip réalisé pour le chanteur et performeur John Sex. En 1986, la vidéo Drag Queen Marathon suit en immersion une tribu de drag queens en plein cœur des rues de New York, allant à la rencontre des passants pendant une journée. L’une d’entre elles conclut la vidéo : “Today, we have loved the world and it has loved us in return” (“Aujourd’hui nous avons aimé le monde, et il nous l’a rendu”). Au détour de ses créations filmiques, on croise la “drag superstar” RuPaul, qui connaît depuis dix ans un succès international avec son émission RuPaul’s Drag Race, son acolyte Lady Bunny ou encore l’artiste David Wojnarowicz, figure engagée de la scène underground new-yorkaise de l’époque. 

  • Maquillage et coiffure outranciers, couleurs acidulées, musique high-energy, lampes à lave et tenues extravagantes : difficile de ne pas reconnaître dans les vidéos de Tom Rubnitz tous les signes caractéristiques de la frénésie des années 80. Encore peu connus aujourd'hui, les petits films de cet artiste américain ont pourtant su capturer l’essence d’un esprit déluré et volontiers transgressif, par leurs mises en scène loufoques interprétées par des figures excentriques de l’époque. 

     

    Un enfant de la télévision

     

    Si Tom Rubnitz est originaire de Chicago, c’est à New York – en plein cœur du quartier multiculturel et bohème de l’East Village – qu’il s’installe et fait la rencontre d'acteurs du milieu queer dans lequel il s’épanouit. Lorsqu’il entame sa pratique filmique au début des années 80, son imaginaire puise dans la pop culture mais aussi dans toute la production visuelle des médias de masse, pour lesquels il se prend d’une passion féconde. En pleine apogée à l’époque, la télévision en couleur constitue l’une de ses sources principales d'inspiration, avec un intérêt tout particulier pour un format précis : les publicités. S’immisçant entre deux programmes, ces produits explicites d’un capitalisme florissant constituent aussi la caricature d’une société en pleine évolution, faisant de ses sujets de nouveaux stéréotypes contemporains. Le vidéaste y discerne alors un grand potentiel dans le détournement des clichés et des codes qui s’implantent progressivement dans l’inconscient collectif : en les tirant vers l’absurde et le bizarre, il permet à son public de mieux les repérer. 

     

    Afin d’imiter le format publicitaire et les émissions télévisuelles, Tom Rubnitz réalise la plupart du temps des vidéos de très courte durée. Tandis que dans Undercover Me ! l’artiste parodie le film d’espion et le personnage de James Bond, il s’attaque aux émissions matinales dans Made for TV – un pastiche de programmes télévisuels tous animés par la même actrice Ann Magnuson – ou plonge dans les excès des nuits de Las Vegas, dans un clip réalisé pour le chanteur et performeur John Sex. En 1986, la vidéo Drag Queen Marathon suit en immersion une tribu de drag queens en plein cœur des rues de New York, allant à la rencontre des passants pendant une journée. L’une d’entre elles conclut la vidéo : “Today, we have loved the world and it has loved us in return” (“Aujourd’hui nous avons aimé le monde, et il nous l’a rendu”). Au détour de ses créations filmiques, on croise la “drag superstar” RuPaul, qui connaît depuis dix ans un succès international avec son émission RuPaul’s Drag Race, son acolyte Lady Bunny ou encore l’artiste David Wojnarowicz, figure engagée de la scène underground new-yorkaise de l’époque. 

  • Maquillage et coiffure outranciers, couleurs acidulées, musique high-energy, lampes à lave et tenues extravagantes : difficile de ne pas reconnaître dans les vidéos de Tom Rubnitz tous les signes caractéristiques de la frénésie des années 80. Encore peu connus aujourd'hui, les petits films de cet artiste américain ont pourtant su capturer l’essence d’un esprit déluré et volontiers transgressif, par leurs mises en scène loufoques interprétées par des figures excentriques de l’époque. 

     

    Un enfant de la télévision

     

    Si Tom Rubnitz est originaire de Chicago, c’est à New York – en plein cœur du quartier multiculturel et bohème de l’East Village – qu’il s’installe et fait la rencontre d'acteurs du milieu queer dans lequel il s’épanouit. Lorsqu’il entame sa pratique filmique au début des années 80, son imaginaire puise dans la pop culture mais aussi dans toute la production visuelle des médias de masse, pour lesquels il se prend d’une passion féconde. En pleine apogée à l’époque, la télévision en couleur constitue l’une de ses sources principales d'inspiration, avec un intérêt tout particulier pour un format précis : les publicités. S’immisçant entre deux programmes, ces produits explicites d’un capitalisme florissant constituent aussi la caricature d’une société en pleine évolution, faisant de ses sujets de nouveaux stéréotypes contemporains. Le vidéaste y discerne alors un grand potentiel dans le détournement des clichés et des codes qui s’implantent progressivement dans l’inconscient collectif : en les tirant vers l’absurde et le bizarre, il permet à son public de mieux les repérer. 

     

    Afin d’imiter le format publicitaire et les émissions télévisuelles, Tom Rubnitz réalise la plupart du temps des vidéos de très courte durée. Tandis que dans Undercover Me ! l’artiste parodie le film d’espion et le personnage de James Bond, il s’attaque aux émissions matinales dans Made for TV – un pastiche de programmes télévisuels tous animés par la même actrice Ann Magnuson – ou plonge dans les excès des nuits de Las Vegas, dans un clip réalisé pour le chanteur et performeur John Sex. En 1986, la vidéo Drag Queen Marathon suit en immersion une tribu de drag queens en plein cœur des rues de New York, allant à la rencontre des passants pendant une journée. L’une d’entre elles conclut la vidéo : “Today, we have loved the world and it has loved us in return” (“Aujourd’hui nous avons aimé le monde, et il nous l’a rendu”). Au détour de ses créations filmiques, on croise la “drag superstar” RuPaul, qui connaît depuis dix ans un succès international avec son émission RuPaul’s Drag Race, son acolyte Lady Bunny ou encore l’artiste David Wojnarowicz, figure engagée de la scène underground new-yorkaise de l’époque. 

  • Maquillage et coiffure outranciers, couleurs acidulées, musique high-energy, lampes à lave et tenues extravagantes : difficile de ne pas reconnaître dans les vidéos de Tom Rubnitz tous les signes caractéristiques de la frénésie des années 80. Encore peu connus aujourd'hui, les petits films de cet artiste américain ont pourtant su capturer l’essence d’un esprit déluré et volontiers transgressif, par leurs mises en scène loufoques interprétées par des figures excentriques de l’époque. 

     

    Un enfant de la télévision

     

    Si Tom Rubnitz est originaire de Chicago, c’est à New York – en plein cœur du quartier multiculturel et bohème de l’East Village – qu’il s’installe et fait la rencontre d'acteurs du milieu queer dans lequel il s’épanouit. Lorsqu’il entame sa pratique filmique au début des années 80, son imaginaire puise dans la pop culture mais aussi dans toute la production visuelle des médias de masse, pour lesquels il se prend d’une passion féconde. En pleine apogée à l’époque, la télévision en couleur constitue l’une de ses sources principales d'inspiration, avec un intérêt tout particulier pour un format précis : les publicités. S’immisçant entre deux programmes, ces produits explicites d’un capitalisme florissant constituent aussi la caricature d’une société en pleine évolution, faisant de ses sujets de nouveaux stéréotypes contemporains. Le vidéaste y discerne alors un grand potentiel dans le détournement des clichés et des codes qui s’implantent progressivement dans l’inconscient collectif : en les tirant vers l’absurde et le bizarre, il permet à son public de mieux les repérer. 

     

    Afin d’imiter le format publicitaire et les émissions télévisuelles, Tom Rubnitz réalise la plupart du temps des vidéos de très courte durée. Tandis que dans Undercover Me ! l’artiste parodie le film d’espion et le personnage de James Bond, il s’attaque aux émissions matinales dans Made for TV – un pastiche de programmes télévisuels tous animés par la même actrice Ann Magnuson – ou plonge dans les excès des nuits de Las Vegas, dans un clip réalisé pour le chanteur et performeur John Sex. En 1986, la vidéo Drag Queen Marathon suit en immersion une tribu de drag queens en plein cœur des rues de New York, allant à la rencontre des passants pendant une journée. L’une d’entre elles conclut la vidéo : “Today, we have loved the world and it has loved us in return” (“Aujourd’hui nous avons aimé le monde, et il nous l’a rendu”). Au détour de ses créations filmiques, on croise la “drag superstar” RuPaul, qui connaît depuis dix ans un succès international avec son émission RuPaul’s Drag Race, son acolyte Lady Bunny ou encore l’artiste David Wojnarowicz, figure engagée de la scène underground new-yorkaise de l’époque. 

  • Maquillage et coiffure outranciers, couleurs acidulées, musique high-energy, lampes à lave et tenues extravagantes : difficile de ne pas reconnaître dans les vidéos de Tom Rubnitz tous les signes caractéristiques de la frénésie des années 80. Encore peu connus aujourd'hui, les petits films de cet artiste américain ont pourtant su capturer l’essence d’un esprit déluré et volontiers transgressif, par leurs mises en scène loufoques interprétées par des figures excentriques de l’époque. 

     

    Un enfant de la télévision

     

    Si Tom Rubnitz est originaire de Chicago, c’est à New York – en plein cœur du quartier multiculturel et bohème de l’East Village – qu’il s’installe et fait la rencontre d'acteurs du milieu queer dans lequel il s’épanouit. Lorsqu’il entame sa pratique filmique au début des années 80, son imaginaire puise dans la pop culture mais aussi dans toute la production visuelle des médias de masse, pour lesquels il se prend d’une passion féconde. En pleine apogée à l’époque, la télévision en couleur constitue l’une de ses sources principales d'inspiration, avec un intérêt tout particulier pour un format précis : les publicités. S’immisçant entre deux programmes, ces produits explicites d’un capitalisme florissant constituent aussi la caricature d’une société en pleine évolution, faisant de ses sujets de nouveaux stéréotypes contemporains. Le vidéaste y discerne alors un grand potentiel dans le détournement des clichés et des codes qui s’implantent progressivement dans l’inconscient collectif : en les tirant vers l’absurde et le bizarre, il permet à son public de mieux les repérer. 

     

    Afin d’imiter le format publicitaire et les émissions télévisuelles, Tom Rubnitz réalise la plupart du temps des vidéos de très courte durée. Tandis que dans Undercover Me ! l’artiste parodie le film d’espion et le personnage de James Bond, il s’attaque aux émissions matinales dans Made for TV – un pastiche de programmes télévisuels tous animés par la même actrice Ann Magnuson – ou plonge dans les excès des nuits de Las Vegas, dans un clip réalisé pour le chanteur et performeur John Sex. En 1986, la vidéo Drag Queen Marathon suit en immersion une tribu de drag queens en plein cœur des rues de New York, allant à la rencontre des passants pendant une journée. L’une d’entre elles conclut la vidéo : “Today, we have loved the world and it has loved us in return” (“Aujourd’hui nous avons aimé le monde, et il nous l’a rendu”). Au détour de ses créations filmiques, on croise la “drag superstar” RuPaul, qui connaît depuis dix ans un succès international avec son émission RuPaul’s Drag Race, son acolyte Lady Bunny ou encore l’artiste David Wojnarowicz, figure engagée de la scène underground new-yorkaise de l’époque. 

  • Maquillage et coiffure outranciers, couleurs acidulées, musique high-energy, lampes à lave et tenues extravagantes : difficile de ne pas reconnaître dans les vidéos de Tom Rubnitz tous les signes caractéristiques de la frénésie des années 80. Encore peu connus aujourd'hui, les petits films de cet artiste américain ont pourtant su capturer l’essence d’un esprit déluré et volontiers transgressif, par leurs mises en scène loufoques interprétées par des figures excentriques de l’époque. 

     

    Un enfant de la télévision

     

    Si Tom Rubnitz est originaire de Chicago, c’est à New York – en plein cœur du quartier multiculturel et bohème de l’East Village – qu’il s’installe et fait la rencontre d'acteurs du milieu queer dans lequel il s’épanouit. Lorsqu’il entame sa pratique filmique au début des années 80, son imaginaire puise dans la pop culture mais aussi dans toute la production visuelle des médias de masse, pour lesquels il se prend d’une passion féconde. En pleine apogée à l’époque, la télévision en couleur constitue l’une de ses sources principales d'inspiration, avec un intérêt tout particulier pour un format précis : les publicités. S’immisçant entre deux programmes, ces produits explicites d’un capitalisme florissant constituent aussi la caricature d’une société en pleine évolution, faisant de ses sujets de nouveaux stéréotypes contemporains. Le vidéaste y discerne alors un grand potentiel dans le détournement des clichés et des codes qui s’implantent progressivement dans l’inconscient collectif : en les tirant vers l’absurde et le bizarre, il permet à son public de mieux les repérer. 

     

    Afin d’imiter le format publicitaire et les émissions télévisuelles, Tom Rubnitz réalise la plupart du temps des vidéos de très courte durée. Tandis que dans Undercover Me ! l’artiste parodie le film d’espion et le personnage de James Bond, il s’attaque aux émissions matinales dans Made for TV – un pastiche de programmes télévisuels tous animés par la même actrice Ann Magnuson – ou plonge dans les excès des nuits de Las Vegas, dans un clip réalisé pour le chanteur et performeur John Sex. En 1986, la vidéo Drag Queen Marathon suit en immersion une tribu de drag queens en plein cœur des rues de New York, allant à la rencontre des passants pendant une journée. L’une d’entre elles conclut la vidéo : “Today, we have loved the world and it has loved us in return” (“Aujourd’hui nous avons aimé le monde, et il nous l’a rendu”). Au détour de ses créations filmiques, on croise la “drag superstar” RuPaul, qui connaît depuis dix ans un succès international avec son émission RuPaul’s Drag Race, son acolyte Lady Bunny ou encore l’artiste David Wojnarowicz, figure engagée de la scène underground new-yorkaise de l’époque. 

Tom Rubnitz, “Pickle Surprise” (1989). Image copyright of the artist, courtesy of Video Data Bank, www.vdb.org, School of the Art Institute of Chicago

Un artiste kitsch, queer et camp

 

Pendant qu’un groupe de femmes – incluant des drag queens telles que RuPaul et Lady Bunny – se délecte d’un sandwich au jambon, un personnage saugrenu tout de vert vêtu surgit devant la caméra en criant“Pickle Suprise !” (“Cornichon surprise !”), une réplique qui donne son nom à cette vidéo de 1989. Affublé d’une barbe paillettée, de faux cils dorés et de longues oreilles pointues, ce cornichon humain devenu viral dans les années 2000 est probablement l’image la plus mémorable de l’œuvre de Tom Rubnitz. Entre grivoiseries, exagération et second degré, le tout teinté de psychédélisme, celle-ci compile tous les ingrédients qui constituent la recette du camp : un tropisme envers tout ce qui sort des normes et des critères du bon goût pour opérer un pas de côté, toujours avec ironie et flamboyance (qu'il pase par le style, l’esthétique, l’écriture ou même l’attitude).

 

Théorisé par les critiques d’art dans les années 60, le camp devient à cette époque une tendance dans laquelle s’inscrit tout particulièrement la culture queer, notamment à travers des longs-métrages tels que ceux de John Waters ou les performances de son actrice fétiche, la drag queen Divine – qui avec Tom Rubnitz partagent un même goût pour l’irrévérencieux, le renversement des valeurs préétablies et l’extravagance à maigre budget. Car si la télévision offre au vidéaste américain de nombreux potentiels de métamorphose, celui-ci n’hésite pas non plus à puiser dans un répertoire plus classique pour le désacraliser. C’est ainsi que dans The Fairies (1989), l’artiste s’inspire des contes de Charles Perrault pour imaginer sa propre fable : une histoire de princes, de sorcières, de fées et de grenouilles où chaque protagoniste est caricaturé à son extrême. Derrière ce film d’à peine cinq minutes réside encore une double lecture, le terme anglais “fairy” pouvant aussi bien qualifier une fée qu’insulter un homosexuel efféminé – un clin d’œil à peine dissimulé à l’homophobie dont Tom Rubnitz est lui-même victime. 

Tom Rubnitz, “Pickle Surprise” (1989). Image copyright of the artist, courtesy of Video Data Bank, www.vdb.org, School of the Art Institute of Chicago

Une après-midi de projection à Goswell Road

 

Durant tout l’après-midi de ce samedi 11 janvier, Goswell Road propose de découvrir un savant florilège de ces œuvres atypiques. Niché à quelques pas de la rue St Denis dans le dixième arrondissement de Paris, cet artist run-space ouvert il y a 4 ans s’attache à mettre en lumière une scène émergente et alternative à travers des expositions et des publications d’artistes encore peu absorbés par le marché. Éclectique et surprenante, sa programmation vient également – dans un cadre qui échappe aux conventions de l’espace muséal mais aussi à la visée lucrative des galeries – relire des carrières détachées des institutions, à l’instar de celle de Tom Rubnitz. En tant que maison d'édition, Goswell Road lui consacrera également un livre qui paraîtra lors de la foire Paris Ass Book Fair au Palais de Tokyo. Une double occasion de revenir sans modération sur l’œuvre de cet artiste résolument marginal, disparu tragiquement à l’âge de 36 ans des suites du sida. 

 

Tom Rubnitz collected video works 1981 - 1992, projection/exposition le samedi 11 janvier, de 13h30 à 21h à Goswell Road, Paris 10e. 

 

L'exposition projettera les films suivants :

The Mother Show,1981, 4m09, en collaboration avec Barbara Lipp & Tom Koken

Chicken Elaine, 1983, 1m00

John Sex: The True Story, 1983, 4m17

Made for TV, 1984, 15m00, en collaboration avec Ann Magnuson

Hustle with My Muscle, 1986, 4m00

Bump and Grind It, 1986, 3m15

The Drag Queen Marathon, 1986, 5m00

Wigstock: The Movie, 1987, 20m00

Undercover Me!, 1988, 2m00

Strawberry Shortcut, 1989, 1m32

The Fairies, 1989, 5m00

Pickle Surprise, 1989, 1m40

Summer of Love PSA, 1990, 0m30, avec les B52s

Listen To This, 1992, 15m30, en collaboration avec David Wojnarowicz

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