Advertising
Advertising
27 Mai

Le Turner Prize se transforme en bourses pour aider les artistes

 

Après avoir exceptionnellement récompensé ses quatre finalistes lors de sa dernière édition en 2019, le plus grand prix de l’art britannique connaît une nouvelle révolution. En réaction à la crise sanitaire actuelle et à la difficulté d’organiser sa traditionnelle exposition, le Turner Prize 2020 laisse place à des bourses qui seront décernées par son jury à dix artistes nés ou vivant au Royaume-Uni.

Par Matthieu Jacquet

Tate Britain, Exterior of Millbank entrance. 1990's © Tate
Tate Britain, Exterior of Millbank entrance. 1990's © Tate
  • Chaque année depuis 36 ans, le début du mois de mai est une période très attendue par le monde de l’art britannique : elle est traditionnellement le moment pour le prestigieux Turner Prize de révéler les quatre finalistes qui concourront à sa nouvelle édition. Quatre artistes contemporains nés et/ou vivant au Royaume-Uni qui présenteront leurs œuvres dans l’enceinte d’un des musées de la Tate dès le mois de septembre, en attendant que le lauréat soit choisi en décembre. Un calendrier bien rodé pour le prix créé en 1984, qui connut toutefois l’année dernière un événement inédit : au lieu de consacrer un seul artiste comme à son habitude, le Turner Prize a exceptionnellement récompensé ses quatre derniers finalistes suite à leur demande officielle qu’il leur soit remis en tant que collectif. Suite à cette décision historique, Lawrence Abu Hamdan, Helen Cammock, Tai Shani et Oscar Murillo se sont donc partagés équitablement la somme de 40 000 livres décernée par le jury.

     

    Mais c’est un nouveau coup de théâtre qui attend cette année le plus grand prix artistique britannique. Alors que, contrairement à ses habitudes, le Turner Prize se faisait discret en ce début du mois de mai, conservant le mystère sur sa nouvelle sélection de finalistes, la Tate Britain a finalement annoncé hier par communiqué sa décision quant à sa 36e édition : en lieu et place du prix, le musée versera des bourses de 10 000 livres à dix artistes britanniques sélectionnés par le jury. Une décision qui répond directement à la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, dont l’impact sur le secteur culturel et artistique se révèle particulièrement critique. “La logistique de préparation d’une exposition pour le Turner Prize est impossible dans les circonstances actuelles, c’est pourquoi nous avons décidé de soutenir encore davantage d’artistes durant cette période particulièrement difficile. Je pense que JMW Turner, qui avait un jour prévu de léguer sa fortune pour aider les artistes en période de besoin, approuverait cette décision”, a déclaré le directeur de la Tate Britain et membre du jury du prix Alex Farquharson.

     

    Les douze mois de prospection du jury de cette 36e édition, parcourant les expositions afin de choisir les nouveaux talents artistiques britanniques, s’avèreront donc fort utiles à cette sélection étendue et exceptionnelle qui se privera, cette fois-ci, de son exposition annuelle. À la fin du mois de juin prochain, la liste des dix bénéficiaires des bourses sera dévoilée lors d’une cérémonie virtuelle. Quant au Turner Prize, celui-ci sera normalement de retour en 2021 sous sa forme classique.

Advertising
Advertising
Advertising

NuméroNews