Le Japonais Daisuke Yokota provoque des “accidents” photographiques. D’abord lorsqu’il appuie sur le déclencheur et isole des individus piégés par le cadre. Ensuite lorsqu’il retravaille ses clichés tel un expert de la police scientifique. Daisuke Yokota photographie ses propres images, en modifie la couleur et la transparence en les exposant à des rayons X et à des solutions chimiques. Il numérise ensuite l’œuvre finale. L’artiste fait ainsi surgir des détails totalement artificiels et interroge la matière. Fils spirituel de Daidō Moriyama, le photographe encastre des hommes nus dans le néant, sorte de personnages en lévitation dans les entrailles d’un trou noir. L’érotisme latent de sa photographie est lié à la transformation des individus en simples silhouettes anonymes aussi abstraites que les paysages dont il pulvérise les formes et les couleurs.

 

Room. Pt. 1. de Daisuke Yokota, jusqu’au 22 juin, Guardian Garden gallery, Tokyo (Japon).