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L'immense photographe Stephen Shore célébré à Arles

 

Alors que Stephen Shore est célébré aux Rencontres d’Arles cet été à travers une rétrospective, Numéro publie une sélection de ses photographies mythiques avant la parution d'un entretien exclusif dans le Numéro d'août, en kiosque le 23 juillet.

La rétrospective consacrée à Stephen Shore par les Rencontres photographiques d’Arles cet été propose une plongée vivace dans une œuvre magnifique, prolifique et intense, menée par un photographe de légende né en 1947 à New York. On ne pourra dire mieux : elle est incontournable. “J’espère surtout que cette rétrospective initiée à Madrid à la Fondation Mapfre ne sera pas un enterrement de première classe, s’amuse l’Américain. Je n’en suis qu’à la moitié de ma carrière.

 

Winslow, Arizona, September 19, 2013 (printed 2014), Chromogenic color print. Courtesy 303 Gallery, New York.

Une carrière qui l’a mené à travers les États-Unis et le monde (l’Ukraine et Israël récemment) autant qu’à travers l’usage de différents formats et techniques dont la maîtrise impressionnante et la multiplicité ont participé à forger sa légende. Technicien hors pair de la photographie, il en est aussi l’un des théoriciens incontournables. Stephen Shore, via ses séries cultes Surfaces américaines et Uncommon Places initiées au début des années 70, a participé à élever la photographie couleur au niveau de respectabilité du noir et blanc des grands maîtres dont il n’ignorait rien, Walker Evans et Robert Frank. Ces deux séries issues de road-trips initiatiques à travers l’Amérique profonde, ses paysages baignés de soleil, ses lieux insolites et ses ambiances bizarres ne forment certes pas toute son œuvre, mais sont une porte d’entrée idéale pour sa compréhension.

L’homme y fait preuve d’un attrait singulier pour la lumière solaire, ce à quoi on le réduit trop souvent. Surtout, chacun de ses clichés est empreint d’une grande spiritualité, au-delà de son caractère documentaire. Ce qu’on oublie souvent. Car c’est bien par sa manière unique de capter l’esprit des lieux que Stephen Shore brille. Chaque photo transmet le frisson du vent, l’émotion de son auteur face à un paysage, son état d’esprit.

On y sent l’odeur des champs, l’étrangeté des intérieurs de ces maisons de l’Amérique perdue. Cette magie de la photo de Shore, on la retrouvera donc sans surprise quand le photographe reviendra au noir et blanc (auquel il s’était essayé lors de ses années passées à la Factory d’Andy Warhol) à travers de grands panoramiques de New York, ou dans une série plus récente, et en couleurs, issue d’un voyage en Ukraine en 2012 et 2013. Toujours, Stephen Shore se fait archéologue du présent. Il traverse le monde à sa recherche, en choisit les traces les plus signifiantes à ses yeux pour leur offrir un peu d’éternité. Sur papier glacé. Ou désormais sur Instagram…

 

Par Thibaut Wychowanok

 

Retrouvez l'interview de Stephen Shore dans le Numéro d'août, en kisoque le 23 juillet.

 

Exposition Stephen Shore, aux Rencontres de la photographie d’Arles (espace Van Gogh), jusqu’au 20 septembre. www.rencontres-arles.com

Merced River,Yosemite National Park, California, August 13, 1979 (printed 2014), Chromogenic color print. Courtesy 303 Gallery, New York.

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