337

“Youth Hotel” de Gosha Rubchinskiy, puissant portrait d’une jeunesse russe

 

Le jeune et pourtant déjà célébré créateur, photographe et vidéaste Gosha Rubchinskiy dévoile “Youth Hotel ”, son deuxième recueil de photos qui dépeint avec force la jeune génération russe actuelle.

337

À moins de 30 ans, c’est d’abord en tant que créateur que Gosha Rubchinskiy a séduit le monde de la mode, Rei Kawakubo en tête, si bien que sa ligne de prêt-à-porter est déjà vendue à travers le monde de Opening Ceremony au Dover Street Market. Mais le créateur intéresse tout autant par sa personnalité affirmée. Alors qu’il vient d’ouvrir le défilé Vetements à Paris en tant que mannequin, le jeune Russe revient aujourd’hui à un autre aspect de son travail, la photographie. Après s’être intéressé aux skaters en Crimée avec son premier recueil “Crimea/kids”, Gosha se focalise une nouvelle fois sur le thème de l’adolescence en Russie. Entre portraits posés et clichés pris sur le vif, le jeune Russe nous plonge dans un Moscou sans filtre et sans artifices. Y trônent les cool kids moscovites aux crânes rasés et silhouettes nineties.

 

Conçu avec les mêmes références que “1984”, sa collection de prêt-à-porter, l’ouvrage représente également un objet de réflexion sur la situation politique du pays. Durant ce défilé, le parallélisme qui était fait entre la société totalitaire du roman et le régime russe aujourd’hui constitue de nouveau un fil conducteur à cet ouvrage, à travers des clichés mettant en scène la brutalité de l’architecture soviétique, le caractère monotone des paysages urbains. Un style quasi documentaire qui confère à ce projet un réalisme saisissant.

 

Cette ode à la jeune génération se dévoile aussi à travers des photographies d’une douceur étonnante, mettant en valeur des scènes de vie plus intimistes et des moments de complicité entre ces jeunes adolescents. Un regard troublant sur une jeunesse underground désabusée mais créative, dont Gosha Rubchinskiy se fait l'influent porte-parole.

 

“Youth Hotel”, édité à 500 exemplaires. Disponible au Trading Museum Comme des Garçons Paris, 54, rue du Faubourg-Saint-Honoré, Paris VIIIe.

 

 

Par Chloë Fage

© Gosha Rubchinskiy, 2015 / IDEA

© Gosha Rubchinskiy, 2015 / IDEA

© Gosha Rubchinskiy, 2015 / IDEA

© Gosha Rubchinskiy, 2015 / IDEA

© Gosha Rubchinskiy, 2015 / IDEA

© Gosha Rubchinskiy, 2015 / IDEA

© Gosha Rubchinskiy, 2015 / IDEA

La photographe Harley Weir repense le nu masculin
954

La photographe Harley Weir repense le nu masculin

Photographie Avec son nouveau livre “FATHER” paru aux éditions IDEA, la photographe anglaise Harley Weir présente sa vision de la masculinité à travers des portraits et des nus d’une grande sensibilité. Avec son nouveau livre “FATHER” paru aux éditions IDEA, la photographe anglaise Harley Weir présente sa vision de la masculinité à travers des portraits et des nus d’une grande sensibilité.

Festival Circulation(s) 2019 : qui sont les photographes de demain?
869

Festival Circulation(s) 2019 : qui sont les photographes de demain?

Photographie Jusqu’au 30 juin prochain, le festival Circulation(s) met en avant la jeune photographie européenne au Centquatre-Paris. Découvrez notre sélection de huit artistes à suivre. Jusqu’au 30 juin prochain, le festival Circulation(s) met en avant la jeune photographie européenne au Centquatre-Paris. Découvrez notre sélection de huit artistes à suivre.

600 photos de sacs à main par Juergen Teller: l'exposition monstre d'un artiste obsessionnel
760

600 photos de sacs à main par Juergen Teller: l'exposition monstre d'un artiste obsessionnel

Photographie Jusqu’au 19 mai, le musée Villa Pignatelli de Naples consacre une exposition conséquente au célèbre travail du photographe allemand Juergen Teller. Son fil rouge : le sac à main, de marque ou de contrefaçon, décortiqué à travers plusieurs centaines d’images de l’artiste. Jusqu’au 19 mai, le musée Villa Pignatelli de Naples consacre une exposition conséquente au célèbre travail du photographe allemand Juergen Teller. Son fil rouge : le sac à main, de marque ou de contrefaçon, décortiqué à travers plusieurs centaines d’images de l’artiste.

Daidō Moriyama : Tokyo sombre et nus sulfureux
998

Daidō Moriyama : Tokyo sombre et nus sulfureux

Photographie Irving Penn, Richard Avedon, Malick Sidibé, Nan Goldin… Depuis 1980 le prix international de la Fondation Hasselblad récompense un photographe ayant accompli un travail remarquable. Cette année : le Japonais Daidō Moriyama. Irving Penn, Richard Avedon, Malick Sidibé, Nan Goldin… Depuis 1980 le prix international de la Fondation Hasselblad récompense un photographe ayant accompli un travail remarquable. Cette année : le Japonais Daidō Moriyama.

Kenta Cobayashi, photographe de l’ère Black Mirror
965

Kenta Cobayashi, photographe de l’ère Black Mirror

Photographie Le Japonais Kenta Cobayashi ne documente pas la réalité mais préfère la manipuler. Entre science-fiction et intelligence artificielle, ses clichés futuristes explorent un monde digital et arborent fièrement les stigmates de la retouche. Le Japonais Kenta Cobayashi ne documente pas la réalité mais préfère la manipuler. Entre science-fiction et intelligence artificielle, ses clichés futuristes explorent un monde digital et arborent fièrement les stigmates de la retouche.

Les stars de la photographie de mode en vente chez Christie’s
889

Les stars de la photographie de mode en vente chez Christie’s

Photographie Le 19 juin, la célèbre maison de vente Christie’s met aux enchères différentes photographies de mode du XXe siècle appartenant au collectionneur new-yorkais Leon Constantiner. On y retrouve des maîtres du genre tels que Richard Avedon, Irving Penn, Herb Ritts, Helmut Newton ou Peter Lindbergh. Le 19 juin, la célèbre maison de vente Christie’s met aux enchères différentes photographies de mode du XXe siècle appartenant au collectionneur new-yorkais Leon Constantiner. On y retrouve des maîtres du genre tels que Richard Avedon, Irving Penn, Herb Ritts, Helmut Newton ou Peter Lindbergh.