Plus loin, c'est la repésentation d'une lampe de bureau qui captive notre regard : la lumière chaude de son ampoule éclaire les couleurs de l’abat-jour, dans lequel le bleu, le jaune et le rouge esquissent un arc-en-ciel. Car si le travail d’Irving Penn est encore souvent célébré pour son traitement du noir et blanc, appuyé par ses habiles jeux de lumières et d’ombres, cette exposition nous rappelle également sa maîtrise de la couleur.

 

C’est en vérité dès les années 40, peu après ses débuts sous l’impulsion du directeur artistique de Vogue, Alexander Liberman, qu’Irving Penn commence à explorer le genre de la nature morte. Dans la vingtaine de tirages très justement choisis pour l’exposition – datés pour certains des premières années de sa carrière – transparaît déjà son attention au détail et à la composition qui, plus tard, feront sa spécificité. Posées sur certains des aliments, des mouches incarnent au sein de ces vanités le passage du temps, dans cet hommage rendu par la galerie au photographe quelques semaines après le dixième anniversaire de sa mort.

 

Irving Penn, Still Life, jusqu’au 18 janvier 2020 à la galerie Thaddaeus Ropac (Marais), Paris 3e.