Peter Beard aurait très bien pu porter le nom de l’homme aux mille et une vies, de photographe aventurier à jet-setteur de l’extrême, en passant par pieux défenseur de la cause animale. Tristement porté disparu depuis le 31 mars dernier, le corps de l'artiste américain a été retrouvé près de son domicile à Montauk, le 19 avril suivant. 

 

Avant de collaborer avec des artistes tels que les peintres Francis Bacon et Salvador Dalí, ou encore l’icône du pop art Andy Warhol, Peter Beard débute sur les bancs de l’Université de Yale, où il suit un cursus d’histoire de l’art. Depuis ses plus jeunes années, l’Américain écrit, découpe et colle textes et photographies dans des carnets, qu’il tiendra jusqu’à la fin de sa vie. Passionné par le continent africain depuis toujours, il achète une ferme au Kenya à l’aube des années 60, ainsi qu’un domaine de 20 hectares. Ses allers-retours entre Montauk et l’Afrique forgent l’ADN de son art. Peter Beard n’hésite pas à faire dialoguer ces deux univers, en emmenant des mannequins au Kenya, les capturant au milieu des girafes, des éléphants ou encore des guépards. 

 

Son goût pour la jet-set n’empêche pas le photographe d’être un fier défenseur de la cause animale. En 1965, Peter Beard publie son premier livre, The End of the Game, sur la disparition des éléphants au Kenya. Depuis sa ferme, il observe, sur quelques dizaines d’années, la modification latente du paysage, l’arrivée massive des touristes et la pernicieuse disparition de la faune sauvage. Il faut attendre 2006 pour que les éditions Taschen publient un livre définissant l’oeuvre de l’artiste, signé par ce dernier. Le premier tirage est rapidement épuisé, transformant l’ouvrage en une pièce de collection très recherchée. Aujourd’hui, afin de rendre hommage à l’oeuvre de Peter Beard, Taschen fait paraître une réédition, avec le concours de Nejma Beard, agent de l’artiste et directrice exécutrice du studio Peter Beard. 

 

Peter Beard [Editions Taschen], à paraître en mai 2020.