À l’ère du #MeToo et de sa version française #BalanceTonPorc, il paraît malvenu aujourd'hui d’exhiber fièrement sa masculinité. C’est ce qu’affirme Jane Alison, la directrice du département des arts visuels de la Barbican Art Gallery de Londres, et curatrice de l’exposition Masculinities: Liberation through Photography (Masculinités : la libération par la photographie). En 300 œuvres signées d’une cinquantaine d’artistes internationaux, l’exposition explore la construction sociale du concept de masculinité des années 1960 à nos jours. Comment a-t-elle été vécue, codée, interprétée, et documentée par la photographie et le cinéma.

 

Sous l’objectif de Richard Avedon, Peter Hujar, Isaac Julien, Rotimi Fani-Kayode, Robert Mapplethorpe, Annette Messager où encore Catherine Opie, l’homme porte mille visages. Qu’il soit père de famille, sex-symbol ou chef d’entreprise, qu'il se revendique queer ou bien sportif, il apparaît ici sous toutes ses formes. La contradiction certaine entre ce large panel d'images révèle à quel point la définition même de masculinité est relative et changeante. Chamboulant les stéréotypes hétéronormatifs auquel est supposer se conformer le mâle humain dans nos sociétés occidentales, l’exposition propose de repenser le concept de masculinité dans ce que sa diversité et sa complexité a de beau.

 

“Masculinities: Liberation through Photography”, du 20 février au 17 mai 2020, à la Barbican Art Gallery de Londres.