Si tu bouffes, c’est à cause de moi, si tu rêves, si tu penses, si tu vis c’est à cause de moi… En 2009, Jacques Audiard braque sa caméra sur Malik (Tahar Rahim), jeune délinquant incarcéré placé sous la protection de César Luciani, un détenu qui contrôle la prison en soudoyant la quasi totalité des matons. Le long-métrage décroche le Prix du jury au Festival de Cannes et lance la carrière de Tahar Rahim.

 

Dix ans plus tard, le musée des Confluences de Lyon nous plonge à nouveau dans l’enfer carcéral avec son exposition Prison, au-delà des murs. Y sont réunis de nombreuses photographies, des témoignages audio et vidéo, des œuvres d’artistes contemporains tels que Mohamed Bourouissa ou Jessy Krimes mais aussi plus de 160 objets, dont certains ont été fabriqués par des détenus, tels que des mini-couteaux dissimulés ou une corde pour préparer l'évasion. Une immersion totale qui interroge le système carcéral dans son ensemble – châtiment approuvé par l’opinion publique – mais aussi les conditions de la réinsertion des ex-détenus dans la société. Transformation de la sexualité en instrument de pouvoir, réévaluation de la virilité, toxicomanie, droit du plus fort, troubles psychiques, mutineries, évasions et autoflagellation sont autant de thèmes qui permettent de comprendre les rouages du désespoir, inhérents aux pénitenciers.

 

Exposition Prison, au-delà des murs, jusqu’au 26 juillet 2020 au musée des Confluences, Lyon 2e.