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Numéro
24

Les Rencontres de la photo d’Arles dévoilent leur programmation 2017 (et c’est passionnant)

Photographie

Le directeur des Rencontres Sam Stourdzé présentait ce vendredi 24 mars la programmation très politique de cette édition 2017. De l’Amérique latine à l’Iran, de la ville à l’écologie, tous les désordres du monde s’invitent à Arles à partir du 3 juillet.

Des rencontres d’Arles 2017 très politiques

 

Fortes d’un record d’affluence en 2016 avec le dépassement de la barre symbolique des 100 000 visiteurs (ils étaient 84 000 lorsque Sam Stourdzé en a pris la direction il y a 2 ans), les Rencontres de la photographie d’Arles se sentent pousser des ailes. Pour leur édition 2017, elles iront même jusqu’en Amérique latine et en Iran, deux régions particulièrement bien représentées dans la programmation avec une séquence “Latina !” qui s’annonce riche et une exposition Iran, année 38 réunissant pas moins de 62 photographes. 

 

32 expositions officielles, des focus passionnants sur l’Amérique latine et l’Iran

 

 

Mais ce qui marque le plus les esprits lors de cette conférence de presse donnée par Sam Stourdzé au ministère de la Culture ce vendredi 24 mars, c’est l’audace politique des Rencontres, qui, cette année, ont décidé d’inviter à Arles tous les désordres du monde. Ainsi, la séquence “L’expérience du territoire” s’intéressera certes à la poésie des territoires et des paysages, mais surtout à ce qu’ils révèlent de notre société. La séquence “Les désordres du monde“ – qui aurait pu donner son nom à cette édition – s’intéressera, elle, autant aux ravages causés par la firme multinationale Monsanto (l’exposition n’a bizarrement pas trouvé de sponsor, comme le souligne le directeur des Rencontres…) qu’à l’Ukraine, qui fait face à son héritage soviétique. Il sera ailleurs question des Roms avec Mathieu Pernot ou de la Libye avec Samuel Gratacap. Le collectif madrilène Blank Paper et sa pratique solidaire de la photographie illustreront une autre facette de l’actualité.

 

Le maître de la photo japonaise Masahisa Fukase et le surréalisme à l’honneur

 

Enfin, dans une deuxième partie – plus succincte, nous a-t-il semblé –, les Rencontres s’intéresseront à des questions plus… photographiques, notamment à la mise en scène, à travers une séquence dédiée. On est impatient d’y découvrir la première rétrospective du maître de la photo Masahisa Fukase, mais aussi de Roger Ballen et du Zurichois Weinberger, qui s’est attaché à capturer la culture underground de sa ville. On ne sait que penser de l’invitation faite à Audrey Tautou de présenter ses autoportraits… si ce n’est espérer qu’il ne s’agit pas d’une tentative maladroite de conquérir un peu plus le grand public. Côté relecture historique, on se régale déjà de celle du surréalisme que nous proposera le Centre Pompidou pour la célébration de ses 40 ans délocalisée en région. Pour finir, une pointe d’humour avec la présentation de la collection de photos de géants et de nains de Claude Ribouillault dans la bien nommée section “Étranges collectionneurs”. Géante ou plus petite, la photo se montrera, cet été, à Arles, dans tous ses états.

 

À LIRE AUSSI : Rencontre avec Stephen Shore, invité des Rencontres d’Arles en 2015.

LA SÉLECTION DE LA RÉDACTION : Rencontre avec le comédien Vincent Dedienne.

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