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Numéro
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La photographe Vivian Maier bientôt célébrée par sa plus grande rétrospective en France

Photographie

Du 15 septembre 2021 au 7 janvier 2022, le musée du Luxembourg accueillera la plus grande rétrospective française consacrée à la photographe Vivian Maier. Longtemps méconnue avant d'être redécouverte en 2009 quelques jours après son décès, l'Américaine aura pourtant marqué l'histoire du médium par ses clichés des rues de New York et Chicago, qui en ont récemment fait une figure majeure de la street photography.

  • Vivian Maier, “Chicago, May 1958”, 1958,Tirage chromogène posthume. © Estate of Vivian Maier, Courtesy Maloof Collection and Howard Greenberg Gallery, New York, Les Douches la Galerie, Paris.

  • Vivian Maier, “Self-Portrait”, c. 1950, Tirage chromogène posthume. © Estate of Vivian Maier, Courtesy Maloof Collection and Howard Greenberg Gallery, New York, Les Douches la Galerie, Paris.

  • Vivian Maier, “Chicago”, 1972, Tirage chromogène posthume. © Estate of Vivian Maier, Courtesy Maloof Collection and Howard Greenberg Gallery, New York, Les Douches la Galerie, Paris.

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Le succès posthume de Vivian Maier est avant tout l'histoire d’une passion sincère. Nous sommes en 2007 et John Maloof, agent immobilier d’une vingtaine d’années, achète lors d’une vente aux enchères un carton de clichés et de négatifs anonymes noir et blanc pour un livre qu’il est en train d’écrire. Ébloui par leur beauté, le jeune Américain se lancera dans une quête acharnée pour retrouver l’identité de leur auteur. Ce n’est qu’en avril 2009 que son nom lui sera révélé : Vivian Maier, écrit au crayon au dos d’une enveloppe laissée dans un laboratoire de photographie. Étrange coïncidence, cette femme vient de décéder dans l’Illinois à l’âge de 83 ans. S’entame alors pour le jeune homme un travail de revalorisation du travail de cette artiste, qui des années 50 à la fin des années 90 posa son objectif sur les rues de Chicago et de New York. Fascinée par le cadre urbain, la photographe arpente ses artères et saisit ses personnages dans leur singularité, semant parmi ses clichés de nombreux autoportraits pris dans des miroirs et vitrines de boutique, et amène sa pierre à l’édifice de la street photography dont des artistes tels que Walker Evans, Robert Frank et Helen Levitt sont déjà d’éminents représentants.

 

Gouvernante pour enfants la majeure partie de sa vie, Vivian Maier n’aura jamais pu vivre de son activité artistique, comme bon nombre de ses consœurs photographes. Ainsi découvert et sorti de l’ombre, son œuvre riche entame une seconde vie grâce à une visibilité croissante qui lui donne, après sa mort, la reconnaissance qu’elle mérite. Suite à une première exposition au Chicago Cultural Center en 2011, c’est sur l’initiative de Marta Gili, alors directrice du Jeu de Paume, que le musée lui consacre deux ans et demi plus tard sa première rétrospective française entre les murs du Château de Tours - événements  qui s’accompagnent également d’un documentaire sur la photographe mais également de nombreuses monographies. Il y a quelques mois, la galerie parisienne de photographie Les Douches exposait d’ailleurs un nouveau volet méconnu de l'œuvre de cette habituée du noir et blanc, ses clichés en couleur. Mais le 15 septembre 2021, ce sera au tour du musée du Luxembourg de consacrer à l’Américaine sa plus grande rétrospective française à ce jour et sa première exposition dans une institution parisienne. L’occasion de revenir sur sa carrière mais également de découvrir des films Super 8 et enregistrements audio jusqu’alors jamais montrés au public.

 

 

Vivian Maier, du 15 septembre 2021 au 7 janvier 2022 au musée du Luxembourg, Paris.

Vivian Maier, “Self-Portrait”, c. 1950, Tirage chromogène posthume. © Estate of Vivian Maier, Courtesy Maloof Collection and Howard Greenberg Gallery, New York, Les Douches la Galerie, Paris.