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“Je ne pourrais jamais me rapprocher d’une célébrité par calcul.” Riccardo Tisci se confie en exclusivité

 

Rihanna, Julia Roberts, Donatella Versace, Kim Kardashian… Riccardo Tisci, directeur artistique de Givenchy, se confie sur ses rapports privilégiés avec les personnalités de la mode, de l'art et de la musique qui l'ont toujours entouré.

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Depuis votre arrivée à la tête de Givenchy, vous avez attiré une clientèle jeune avec vos tee-shirts et sweat-shirts imprimés, devenus de véritables objets de culte. Sont-ils aussi importants à vos yeux que les robes de haute couture ?

Ils le sont, parce que j’ai été comme tous ces jeunes qui rêvent de la mode. J’étais obsédé par Helmut Lang. Je n’avais pas les moyens d’acheter une veste et j’avais économisé pour m’acheter un jean. Lors de mon arrivée chez Givenchy, j’ai donc tout de suite fixé l’orientation : “Bien sûr, il faut proposer des robes haute couture pour la clientèle la plus aisée, il faut nourrir le rêve, car nous sommes dans une maison de luxe. Mais proposons également des pièces pour les jeunes, des jeans, des tee-shirts, des sweat-shirts, des baskets, des sacs à dos.” Pour répandre l’amour, il faut penser au-delà de la frange la plus favorisée de la population mondiale. Tant de personnes travaillent si dur. Elles doivent pouvoir faire partie du “Givenchy gang” si elles le souhaitent, et du “fashion gang” d’une manière plus générale.

 

Marina Abramovic fait partie de votre “gang”, un groupe d’amis auquel vous restez fidèle, qui se compose également de Beyoncé, de Kanye West et de Kim Kardashian… Ces personnes que vous accompagnez depuis des années ont contribué à forger l’image de Givenchy.

Je ne pourrais jamais me rapprocher d’une célébrité par calcul. Les seules personnes qui m’entourent sont celles que je respecte, auxquelles j’ouvre mon cœur. C’est peut-être l’héritage de mon éducation catholique. J’ai soutenu Kim Kardashian à une époque où la plupart des maisons ne voulaient absolument pas entendre parler d’elle. Je l’ai accueillie dès le premier jour dans mon cœur, et dans la maison Givenchy. Et aujourd’hui, elle est devenue l’une des femmes les plus puissantes du monde.

 

Votre compte Instagram, où des photos de vos amis célèbres et des images de votre famille en Italie sont mises sur un pied d’égalité, traduit bien votre sincérité.

C’est Rihanna qui m’a fait découvrir Instagram. J’avais créé les costumes de l’une de ses tournées. Elle m’a montré son compte en me disant : “Regarde, je poste cette photo pour te remercier.” Je ne suis pas très féru de nouvelles technologies, mais je me suis vite rendu compte qu’Instagram pouvait être utilisé à bon escient. Je m’en sers pour envoyer un message positif, pour montrer la beauté du monde. Pour inspirer d’autres personnes, et non pour me vanter de ma vie glamour. C’est grâce à ma mère que je suis devenu celui que je suis. Il est donc normal que je poste une photo de ma mère, aussi bien qu’une photo de Madonna ou de Beyoncé : nous sommes tous touchés par le pouvoir de l’amour. Je ne pourrai pas changer le monde, mais je pense que nous pouvons tous apporter un message positif.

 

Vous dites ne pas changer le monde, mais vous avez été le premier créateur à la tête d’une maison de luxe contemporaine à déroger aux notions d’élitisme et d’exclusivité.

Je n’aime pas être jugé, tout comme je n’aime pas juger autrui. J’aime le courage d’être soi, et je m’y associe dès que j’en ai l’occasion. Karl Lagerfeld m’a dit un jour : “On te croirait tout droit sorti de la Révolution française.” Et c’est vrai, j’adore soutenir les gens, j’essaie constamment de faire tomber de nouvelles barrières. C’était le cas, par exemple, lorsque j’ai fait mes campagnes avec [le mannequin transsexuel] Lea T. J’en profite d’ailleurs pour vous remercier, car nous avions réalisé une belle image avec Jean-Baptiste Mondino pour la centième édition de Numéro. Je voulais montrer la beauté de Lea, et prouver que les transsexuels ne sont pas nécessairement des prostitués. En 2015, malheureusement, ils ne sont toujours pas acceptés dans la société civile, il est difficile pour eux de trouver un emploi. Ces causes me touchent profondément, de même que les violences faites aux femmes. J’ai huit sœurs, j’ai été élevé par des femmes. Si l’une d’elles devait être violentée, je crois que j’en mourrais.

 

Comment choisissez-vous les égéries de vos campagnes, d’Erykah Badu à Julia Roberts, en passant par Donatella Versace ?

Ce sont des femmes incroyables, qui m’inspirent un profond respect. On dit souvent que la mode est superficielle, mais je souhaite autant célébrer la beauté que l’intelligence et la confiance en soi de ces femmes que j’admire. Julia Roberts n’avait jamais été l’égérie d’une campagne de mode. Quant à Donatella, c’est une véritable reine. Elle m’a accueilli dès mon arrivée dans le milieu de la mode, quand j’étais encore un inconnu. J’étais fatigué des éternelles querelles au sujet les copies et des originaux. C’était la première fois qu’un créateur de mode célébrait un autre créateur dans une campagne. C’était un grand moment. Et un puissant message d’amour.

 

 

 

Propos recueillis Par Delphine Roche.

 

 

 

Découvrez la vidéo du défilé homme automne-hiver 2016.

Retrouvez l'interview de Riccardo Tisci après son défilé femme printemps-été 2016.

 

 

Retrouvez cette interview dans son intégralité dans le Numéro Amour de février 2016, disponible en kiosque et sur iPad le 26 janvier

 

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Riccardo Tisci par Danko Steiner

Défilé Givenchy homme automne-hiver 2016

Pourquoi “Magdalene” de FKA twigs est l'album de l'année
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