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28 Janvier

Gwyneth Paltrow crée le malaise avec sa série Netflix

 

Disponible depuis le 24 janvier sur Netflix, “The Goop Lab” met en scène Gwyneth Paltrow et l'équipe de son “empire lifestyle” controversé dans des aventures pseudo-scientifiques. Résultat ? Six mini-documentaires aussi divertissants… que dérangeants.

 

Par Violaine Schütz

1. L’affaire des œufs de yoni :

 

Inoubliable dans La Famille Tennenbaum et Two Lovers, Gwyneth Paltrow fait l'unanimité. Mais en ce qui concerne le lifestyle qu'elle promeut, l’actrice oscarisée divise. Et pour cause, après avoir incité le monde entier à manger du chou kale dans ses livres de cuisine, Gwyneth Paltrow est allée encore plus loin dans le selfcare. Elle s’impose comme un gourou des plus séduisants et vend à peu près tout et n'importe quoi sur son site Web, de la bougie qui sent “comme son vagin” aux conseils bien-être à la limite de la magie.

 

Il y a deux ans, la mise en vente d’œufs de yoni en jade et quartz rose – un objet ovoïde en pierre semi-précieuse qui, une fois placé à l’intérieur du vagin, est censé améliorer la tonicité du périné – attire l’attention des autorités californiennes, suite à la “dénonciation” d'une association, spécialiste des produits pharmaceutiques. La société de Gwyneth Paltrow, qui organise des séminaires à prix d'or en parallèle, doit alors payer une amende de 145 000 dollars pour avoir venté les vertus “médicales” de ces œufs… Mais la polémique ne freine pas la femme d’affaire, ses adeptes sont de plus en plus nombreux.

 

2. Champignons en infusion :

 

Avec The Goop Lab, sa nouvelle série pour Netflix, Gwyneth Paltrow développe encore davantage son petit marché – très lucratif – en proposant des produits inspirés des méthodes de guérison anciennes vendus par sa société: Goop. Son propos se situe ainsi à la frontière du bien-être, du mystique et des pseudo-sciences. Pour éviter d'autres procès – l’actrice met en garde le spectateur au début de chaque épisode : elle a pour but de “divertir et d'informer, pas de prodiguer des conseils médicaux.” Mais chaque documentaire de 35 minutes oscille entre les genres sans véritable précaution déontologique. On y voit notamment l’équipe de Goop mettre en œuvre une expérimentation autour d'un thème spécifique avec quelques “cobayes” consentants.

 

Le premier épisode s’intérèsse à la thérapie psychédélique. Des universitaires évoquent les avancées conséquentes de la recherche, tandis que l’équipe de Goop ingurgite des champignons en infusion, surveillés par des thérapeutes. Selon certains participants en extase, la prise de certaines drogue soignerait n’importe quoi. Et c'est bien là le problème : l'absence d'enquête contradictoire et de nuances dans le propos.

“The Goop Lab” de Gwyneth Paltrow – Bande-annonce [Netflix].

3. Du gonzo journaliste en cachemire

 

Gwyneth Paltrow renoue avec le gonzo journalisme des années 70, genre littéraire dans lequel le reporter s'exprime à la première personne. Elle endosse le rôle d’un gourou médiatique qui n'hésite pas à mouiller la chemise. Mais l'actrice ajoute beaucoup de cachemire et un cachet hollywoodien à la verve hippie (et punk) de Lester Bangs. Gwyneth Paltrow s’exprime calmement, avec douceur et conviction, sur chaque sujet. Une vision glamour de certaines pratiques controversées. Du médium en contact avec l'au-delà au régime drastique en passant par la guérison énergétique, l'actrice semble dire que tout est “cool” avec ses vêtements de créateur oversize, son élégance hitchcockienne et sa chevelure blonde de star de Los Angeles. 

 

Les interviews d'experts succèdent aux avis des participants – les vrais gens – dans l’anarchie la plus totale. Plus souvent dans la pensée miraculeuse que dans l'étude sérieuse, The Goop Lab nous perd en enchaînant les anecdotes croustillantes mais superficielles : Gwyneth a pris de la MDMA au Mexique. Si la série braque ses projecteurs sur des thèmes dans l’air du temps : le plaisir féminin, le vieillissement ou encore le spiritisme, leur traitement reste très caricatural.

 

Les participants deviennent des personnages de téléréalité : un vétéran de la guerre en Irak qui souffre de stress post-traumatique, trouve par exemple du réconfort dans la thérapie pyschédélique. En matière de conseil bien-être, on prescrira plutôt une double dose de The Politician, la série Netflix dans laquelle l'actrice de Seven est bien plus en forme que dans The Goop Lab.

 

The Goop Lab, disponible sur Netflix.

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