223


Commandez-le
Numéro
12

“Halston” sur Netflix : 3 personnages réels qui ont inspiré la série

Série

Après “Hollywood” et “Ratched”, Ryan Murphy signe déjà son retour sur Netflix avec la production d'“Halston”, une mini-série revenant sur la vie de Roy Halston Frowick, designer new-yorkais incontournable des années 70 et 80. En attendant la sortie de la série – créée par Sharr White –, le 14 mai prochain, Numéro s'est penché sur la vie rocambolesque du créateur et de deux de ses muses et amies, Elsa Peretti et Liza Minnelli. 

Crédit photo : Netflix

Roy Halston Frowick. / Ewan McGregor dans "Halston" (2021) de Ryan Murphy. © Netflix

1. Ewan McGregor dans la peau de Roy Halston Frowick

 

Roy Halston Frowick est né dans la petite ville de Des Moines, dans l’Iowa, en 1932. Il fait ses premiers pas de designer à l’Art Institute de Chicago, où il ouvre au début des années 1950 une boutique de chapellerie au sein de l’Ambassador Hôtel. Au début de sa carrière il se spécialise ainsi dans la conception de chapeaux, et après avoir déménagé à New York à 25 ans, il devient modiste chez Bergdorf Goodman. En 1961, le jour de l’investiture du président Kennedy, sa femme Jackie Kennedy porte un chapeau confectionné par le jeune designer. Le chapeau en question, un “pillbox” (ou bibi) bleu pâle assorti à son ensemble, deviendra l’un des symboles du style iconique de la Première dame, qui fera d’Halston l’un de ses designers attitrés. La légende est née : après l’événement, Halston et ses créations sont plébiscités par tout le gratin new-yorkais et le modiste se voit récompensé d’un Coty Award (“Oscar” de la mode américaine, organisé par la compagnie de cosmétique Coty). Il commence alors à confectionner des robes et lance sa propre maison . Avec ses créations minimalistes et sobres, faites de cachemire et d’ultrasuède (simili-cuir semblable au daim), il réinvente la mode américaine et devient un phénomène mondial. Entouré de ses “halstonettes” (ses modèles préférées) et des belles Liza Minnelli, Elizabeth Taylor, Martha Graham, Bianca Jagger et Candice Bergen, il organise des défilés qui font figures d’événements incontournables à New York. Dans les années 1970, il travaille beaucoup pour le théâtre et confectionne notamment les costumes du spectacle de Liza Minnelli The Act, à Broadway. En 1972, par l’intermédiaire d’Andy Warhol, Halston rencontre un jeune scénographe et artiste excentrique originaire du Vénézuela, Victor Hugo, et en tombe fou amoureux. Ils vivent une histoire d’amour tumultueuse teintée de fête, de drogues et de scandales, dans le décor disco et glamour du Studio 54, où ils ont leurs habitudes. Au sommet de sa carrière, Halston installe ses bureaux au 21ème étage de l’Olympic Tower, sur la 5ème Avenue. Malheureusement, la gloire est de courte durée et la carrière du designer commence rapidement à péricliter. Lorsqu’il signe un accord avec JC Penney (chaîne américaine de grands magasins ), en 1983, pour concevoir des vêtements à bas prix, la maison perd de sa splendeur et commence à se désintégrer. La même année, la compagnie est rachetée par Esmark Inc. et le designer perd le contrôle de son nom, au point d’en être définitivement évincé en 1984. Quatre ans plus tard, il contracte le sida, dont il mourra en 1990. 

Elsa Peretti photographiée par Jack Mitchell, 1977. / Ewan Mc Gregor et Rebecca Dayan dans “Halston” (2021) de Ryan Murphy. © Netflix

2. Rebecca Dayan dans la peau d'Elsa Peretti 

 

 

En 1968, Elsa Peretti débarque à New-York. Issue d’une famille influente de Rome, son éducation bourgeoise mêlée à son charisme naturel lui confèrent une élégance rare, si bien que l’Italienne ne tarde pas à faire ses premiers pas remarqués dans la mode en tant que mannequin. Quelques mois après son arrivée, elle rencontre Roy Halston lors d’un défilé, et le créateur est hypnotisé par cette créature fière et énigmatique. “Elsa n’était pas comme les autres mannequins. Les autres étaient comme des cintres : on les parait de beaux vêtements, mais dès la séance terminée, elles remettaient leur jeans. Mais Elsa avait du style. Elle s’appropriait les vêtements, et les portaient comme s’ils étaient les siens”, avait confié le créateur à Vanity Fair. Le coup de foudre est réciproque, et entre deux séances photos – notamment avec Helmut Newton, qui a été son amant –, Elsa Peretti se lie d’amitié avec Halston. Ensemble, ils mènent la vie rocambolesque des artistes mondains, et s’adonnent à la décadence disco du très sélect Studio 54, nightclub de légende où se côtoient au même moment l’écrivain Truman Capote, la journaliste Diana Vreeland, l’artiste Andy Warhol et la danseuse Liza Minnelli. Stimulée par la créativité du designer, Elsa Peretti se met à dessiner quelques pièces pour ses collections, avant de se plonger dans la joaillerie, affectionnant particulièrement l’argent – alors considéré trop commun pour la haute-joaillerie. En 1974, c’est Halston qui assistera l’Italienne lorsqu’elle négocie son contrat avec Tiffany’s...Quarante ans plus tard, ses créations iconiques auront rapporté plusieurs milliards de dollars à la compagnie.

 

 

Liza Minnelli photographiée par Francesco Scavullo, 1967. / Krysta Rodriguez dans “Halston” (2021) de Ryan Murphy. © Netlfix

3. Krysta Rodriguez dans la peau de Liza Minnelli



Fille de Judy Garland (Dorothée dans Le Magicien d’Oz) et du réalisateur Vincente Minnelli (Un Américain à Paris), Liza Minnelli a Hollywood dans le sang. Née en 1946 dans le berceau du cinéma américain, elle fait ses premiers pas sur scène alors qu’elle n’est encore qu’une enfant et devient rapidement une figure incontournable de Broadway. Liza Minnelli joue, chante et danse et démarre même une carrière dans le patinage artistique, avant de s’illustrer dans le music hall et au cinéma. Son palmarès est éloquent : au cours de sa carrière, elle remporte quatre Tonys, deux Grammys, un Emmy et un Oscar. En 1972, elle est célébrée pour sa performance inoubliable dans Cabaret de Bob Fosse. Mais c’est son rôle dans New-York, New-York (1977) de Martin Scorsese, dans lequel elle forme un couple amoureux de jazz avec Robert de Niro, qui fait définitivement d’elle une légende. Quand la marraine de l’actrice, la romancière Kay Thompson, lui présente Roy Halston Frowick à son studio, c’est tout de suite un coup foudre amical. Il devient l’un de ses designers favoris et elle endosse pour lui les rôles de muse et d’ambassadrice, portant régulièrement ses créations. Habituée du Studio 54, elle participe notamment à l’une des plus folles soirées organisées là bas par Halston en l’honneur de Bianca Jagger (épouse de Mick Jagger), qui se terminera par un lâcher de colombes dans la boîte de nuit. 

 

Halston (2021), mini-série en 5 épisodes, disponible le 14 mai sur Netflix.